Voilà donc Clamart potentiellement livrée à ce chacal puant de Marionnaud. Malgré l’odeur insoutenable, les habitants semblent apprécier.
Après une carrière bien remplie dans la parfumerie, voilà désormais Bernard Marionnaud passé dans le camp des« nauséabonds ».
Candidat divers droite à Clamart, soutenu par le Rassemblement Bleu Marine, le fondateur de la célèbre chaîne de magasins empeste désormais dans un rayon de vingt mètres à la ronde. Effet mesuré parLibération grâce à son :
infailliblenauséabondomètre.
La société Marionnaud, qu’il ne dirige plus depuis 1996, s’est immédiatement fendue d’un communiqué bien senti : « Les prises de position publiques, comme les engagements politiques de M. Bernard Marionnaud, n’engagent que lui. »
Autrement dit : toutes les odeurs suspectes détectées aux abords de l’odieux personnage ne sont pas vendues en magasin. « Nauséabond N°5 » ne fait pas partie de la collection.
Sans doute lassé par les effluves mêlés des Chanel, Saint Laurent, Guerlain, Givenchy, l’homme d’affaires a donc choisi de bifurquer lamentablement vers les bas-fonds pestilentiels de la pensée et de s’attaquer à cette mairie des Hauts-de-Seine tenue actuellement par un maire PS qui sent bon. Parvenu au sommet de la parfumance, l’élu a décidé de ne pas se représenter.
Sa mise en examen pour corruption passive le dirige tout naturellement sur le secteur viticole où les pots-de-vin qu’il est soupçonné avoir touchés dans l’attribution de logements sociaux lui ouvrent une voie royale dans les vignobles les plus prestigieux. Grands crus, pots-de-vin classés, dessous-de-table en chêne massif… Le tout dans des senteurs irréprochables.
Voilà donc Clamart potentiellement livrée à ce chacal puant de Marionnaud. Malgré l’odeur insoutenable, les habitants semblent apprécier le personnage. Ici on lui serre la main, là-bas c’est une tape sur l’épaule, plus loin un commerçant lui lance un « On compte sur toi ! » incompréhensible…
La promesse d’égouts à ciel ouvert paraît enchanter la population. À Clamart et ailleurs…
Tous ces nostalgiques d’un pays rance, moisi, dégoûtant, ceux qui regrettent un temps où régnait le plein emploi et la sécurité – ces valeurs périmées – souhaitent se rouler à nouveau dans la fange ignominieuse de la raison. « Ah, que c’est bon, le nauséabond ! » semblent-ils tous crier.
Et plus les grands esprits détenteurs de flacons d’eau de rose s’insurgent, moins leurs produits se vendent. Les « nez » de gauche, les assembleurs d’essences subtiles égalitaristes ne parviennent plus à créer ces fragrances qui jadis faisaient recette. Seuls de vieux parfums et des relents soixante-huitards désuets sortent de leur laboratoire. Leur pensée est démodée.
Les vrais adorateurs du passé, les réels nostalgiques sont ces parfumeurs à l’ancienne encore sous le charme du patchouli et des bâtons d’encens. Leur rêve infantile a capoté et les bâtons d’encens brûlés jusqu’à l’os ne sentent plus que le roussi.

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