Une nouvelle adaptation du conte sort sur les écrans le 12 février. Son réalisateur et son couple d'acteurs reviennent sur cette version grand public.
Bien ou moins bien que l’œuvre personnelle de Jean Cocteau, réalisée en 1946? Ce n'est en rien le but de l'adaptation de Christophe Gans. Les moyens spectaculaires, le tournage dans les studios allemands de Metropolis et les têtes d'affiche valent surtout pour le nouveau regard porté sur l'histoire de la jeune Belle et du prince maudit d'un château enchanteur. Et pour cause, le scénario est basé sur la toute première - et moins connue - version du conte, écrite par Mme de Villeneuve en 1740, alors que la plupart des adaptations s'inspirent du résumé qu'en a fait Mme Leprince de Beaumont près de vingt ans après.
Un choix naturel pour le réalisateur du Pacte des Loups, qui souhaitait mettre Belle au centre de l'histoire et raconter l'origine mythologique de la malédiction de la Bête. Le meilleur atout de ce divertissement, c'est que malgré sa cible grand public, il n'a rien perdu de ses enjeux littéraires. Ce qui inclut un respect des codes du conte, dans la plus pure tradition du genre : transgression d'un interdit, magie, vilain (un «Gaston» avide de trésors, qui se fiche pas mal de l'héroïne), punition, transformation du héros, ainsi que la grande place accordée aux rêves.
La frontière floue entre les songes et la réalité, de même que la dimension fictive du cadre narratif initial (une mère qui raconte l'histoire à ses enfants) nous plongent de plain-pied dans le registre séduisant du merveilleux et de ses métamorphoses à la fois physiques et morales.
On se plaît à trouver aussi, dans un double discours plus symbolique, la tension sexuelle propre à tous les contes, à travers une représentation métaphorique du désir (les motifs érotiques de l'eau, de la forêt ou des roses). De là surgissent plusieurs clés de lecture, dans une romance qui n'a rien d'un sirupeux conte de fées.
Quelques détails secondaires sont moins convaincants, comme le trait comique trop forcé des sœurs vénales et superficielles ou la présence des petits chiens qui verse dans le puéril. Mais ils n'entachent pas ce récit bien mené et soigné, qu'on suit avec intérêt, si tant est qu'on aime les contes. Et celui ci en est un beau.
Léa Seydoux et Vincent Cassel racontent La Belle et la Bête :
La Belle et la Bête, de Christophe Gans, en salles le 12 février. Avec Léa Seydoux, Vincent Cassel et André Dussollier.

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