jeudi 20 février 2014

Israël réagirait en cas de conflit irano-saoudien.......


L’Iran a, récemment, marqué l’anniversaire des 35 ans de sa révolution islamique de 1979, qui a conduit l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny au pouvoir...

La guerre entre l’Iran et l’Arabie Saoudite est-elle imminente ?

Les enseignements radicaux religieux, fondés sur les principes du gouvernement aux mains desMollahs et une politique étrangère visant à exporter la Révolution Islamique, définissent toujoursla politique iranienne, de nos jours.
Khomeiny a donné la tonalité des relations irano-saoudiennes, durant la première décennie de la République Islamique, en défiant la légitimité du régime saoudien, en tant que protecteur des lieux saints musulmans de la Mecque et Médine. En 1987, Khomeiny a déclaré que la Mecque était entre les mains « d’une bande d’hérétiques » et a caractérisé les Saoudiens de « Wahhabites vils et impies ». Pour l’actuel cercle au pouvoir en Iran, les paroles de Khomeiny demeurent des directives à suivre et un cadre à travers lequel l’Iran continue de percevoir l’Arabie Saoudite..

Lors d’une réunion qui s’est tenue, il y a quelques semaines, avec les Commandants de la Force aérienne, le Guide Suprême iranien, Ali Khamenei a réitéré sa fidélité aux idées de Khomeiny et a insisté, de façon répétée, sur les piliers de la Révolution Islamique, c’est-à-dire : l’indépendance du Régime Islamique et le combat permanent contre les forces étrangères qui cherchent à imposer leur hégémonie sur le territoire islamique et à y intervenir. Par référence implicite au Printemps Arabe, Khamenei a déclaré que le Jihad est une composante essentielle de toute révolution contre un régime tyrannique, et que, sans lui, la révolution échouerait.

Les paroles de Khamenei, autant que celles d’autres responsables importants du régime, qui ont fait des remarques identiques récemment, soulignent les limites idéologiques de “l’offensive de charme” qui a accompagné l’élection d’Hassan Rouhani, en tant que Président d’Iran, après la fin du second mandat de Mahmoud Ahmadinedjad. Les remarques de Khamenei indiquent que, quel que puisse être l’accord obtenu entre l’Iran et l’Occident, sur le dossier nucléaire, l’Iran n’a aucune intention de sonner la retraite, ni de ménager ses efforts afin d’instaurer son hégémonie au Moyen-Orient.

Sunnites versus Chi’ites

La conduite de l’Iran, en vue d’établir son hégémonie régionale, n’affecte probablement aucun autre pays autant que l’Arabie Saoudite. Il existe de multiples points de friction, au-delà même de la lutte pour l’avenir de la Syrie, qui font de l’Arabie Saoudite l’une des principales cibles de l’Iran dans la période à venir.

Le premier point, qui est fondamental, dans la haine iranienne de l’Arabie Saoudite, c’est lacroyance propagée parmi les Chi’ites, que les Saoudiens détruisent les sanctuaires de la Première Génération de dirigeants musulmans, enterrés à Médine, dont la Tombe de Fatima, la sœur de Mahomet et la matriarche de tous les Imams de l’Islam chi’ite. Les Iraniens sont convaincus qu’étant donné le sens de l’histoire, les cléricaux saoudiens appellent, désormais, à la destruction des lieux saints de Zeinab, la fille de Mahomet, enterrée à l’extérieur de Damas.

Le second point de friction, c’est que l’escalade des conflits confessionnels ou sectaires entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, a mené à des affrontements ouverts entre leurs forces supplétives. En fait, le long de la frontière Est de l’Iran, il existe des groupes jihadistes anti-chi’ites stationnés au Pakistan qui ont kidnappé des soldats et miliciens iraniens.

Un autre sujet de discorde réside dans le fait que l’Iran se prépare à affirmer sa puissance militaire contre ses voisins, dont l’Arabie Saoudite. L’Iran exhibe, de façon continuelle, les réalisations de son industrie militaire, qui produit des satellites, des avions de combat, des hélicoptères, des drones, des sous-marins, des destroyers, des missiles à courte et longue portée, des systèmes radars et des tanks.

 L’Iran investit énormément d’efforts pour développer des capacités offensives et les déclarations de ses officiers supérieurs montrent que l’armée iranienne construit la capacité d’attaquer des cibles américaines dans le Golfe Persique. Ces capacités peuvent se traduire comme la version moderne de l’attaque de Pearl Harbor , visant à l’escalade du conflit dans la région, lorsque l’Iran se sentira assez fort militairement pour dissuader les Etats-Unisde toutes représailles visant à renverser le régime.
Au début janvier 2014, Frederic Hof, ancien conseiller auprès de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, a dévoilé, au cours d’une audition devant le Congrès, qu’il avait entendu, de la part de dirigeants iraniens, qu’ils percevaient l’Arabie Saoudite comme leur ennemi mortel fondamental, bien plus que les Etats-Unis, ou même Israël. Les paroles d’Hof ont été répercutées par les agences de presse du Moyen-Orient.

L’Arabie ignore superbement “l’offensive de charme” de l’Iran
L’Arabie Saoudite, le rival historique de l’Iran, perçoit les messages récurrents de Téhéran comme des preuves supplémentaires du danger stratégique tangible qu’il représente pour la région toute entière, indépendamment de « l’offensive de charme » lancée par Rouhani. Aux yeux de Riyad, l’Iran représente le défi sécuritaire le plus grave, pour la stabilité et l’intégrité territoriale du royaume saoudien.

Ces deux pays visent à s’ériger à la tête des deux principaux pôles du monde islamique. L’Iran représente l’Islam chi’ite et l’Arabie Saoudite, dans son rôle de gardien des lieux saints de l’Islam, à la Mecque et à Médine, cherche à se présenter comme le guide de l’Islam sunnite.

L’Arabie Saoudite s’est, de plus en plus, inquiétée des ambitions militaires et politiques de l’Iran, après la chute de Saddam Hussein, en 2003 et le retrait américain d’Irak qui a suivi. L’Irak qui était dirigé par un régime tyrannique minoritaire sunnite, jouait un rôle vital pour l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, comme facteur d’équilibre dans la lutte chi’ite/sunnite pour la domination. Le pouvoir militaire de l’Irak empêchait les ambitions de l’Iran de déclencher l’alarme en Arabie Saoudite.

En l’absence de facteur d’équilibre régional, les menaces émanant de Téhéran bénéficient d’un écho bien plus retentissant à Riyad. Dans la vision de l’Arabie Saoudite, la politique iranienne reflète une confiance en soi croissante dans la capacité de Téhéran de réaliser ses objectifs déclarés de devenir une puissance régionale et d’utiliser sa puissance militaire pour accomplir son hégémonie régionale.

Les signaux d’alarme s’accumulent, par des menaces directes, sous la forme de déclarations desouveraineté sur le Bahrein, que Téhéran revendique comme un territoire iranien qui lui aurait été pris illégalement.

L’Iran encourage la population chi’ite, dans les pays du Golfe et l’Est de l’Arabie Saoudite (dans la région la plus riche en pétrole), a subvertir les régimes sunnites gouvernants. La montée en puissance militaire rapide de l’Iran, conjuguée aux manœuvres qu’il tient dans le Golfe Persique, sous-tendent la menace que l’Iran ne bloque le Détroit d’Ormuz à la circulation maritime des pétroliers.
Rivalité nucléaire

Dans ce contexte, le programme nucléaire de l’Iran est perçu comme un changement complet des règles du jeu . Les Saoudiens ne seraient pas opposés au droit de l’Iran de disposer d’une infrastructure nucléaire pour des buts pacifiques, mais il apparaît qu’ils n’ont aucune confiancedans les promesses de l’Iran. 

Par conséquent, l’Arabie Saoudite se prépare à acheter une bombe atomique, immédiatement disponible, sur les étagères et les stocks du Pakistan, de façon à rétablir la dissuasion à l’égard de l’Iran. Le Prince héritier d’Arabie Saoudite, le Prince Salman bin Abdul Aziz al Saoud , s’est rendu en visite le 17 février 2014 [NDLR : soit le jour même de la reprise des "négociations" entre l’Iran et les 6 puissances atomiques], pour des discussions sur les façons de relancer la coopération militaire entre les deux pays. Cela n’a rien d’inconcevable que l’intérêt saoudien pour l’achat d’une bombe atomique fait aussi partie de l’agenda. La détermination iranienne à persister dans son programme nucléaire et la détermination saoudienne à acquérir un bouclier atomique sont parmi les ingrédients qui pourraient bien entraîner le Moyen-Orient dans une course effrénée à l’armement nucléaire.
Israël tient une place centrale dans la rhétorique iranienne.

Cependant, Israël n’est pas, nécessairement la première cible de la liste de l’Iran. Même si l’Iran obtient des armes nucléaires, elles ne seront probablement pas employées pour attaquer, immédiatement, Israël. 

Ce qui semble plus probable c’est que les armes nucléaires de l’Iran lui apporteront un parapluie de protection qui lui permettrait de poursuivre son armement militaire rapide et sa politique étrangère belliqueuse. Une telle « politique étrangère » s’exprimera par ladéstabilisation permanente des pays de la Péninsule Arabique, par des efforts constants pourchanger la carte de la région, au seul prétexte que Téhéran ne peut pas rester insensible aux appels des communautés chi’ites dans ces pays, et par la création d’une alliance régionale menée par l’Iran, dans le Croissant Fertile.

 Ces évolutions, si elles se concrétisent effectivement, particulièrement, grâce aux tendances américaines à l’isolationnisme, créerait alors une menace militaire existentielle pour Israël, sur son front Est.




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