Reconnu pour son talent, le grand architecte fait parfois preuve de légèreté dans sa gestion. Dernier exemple, le chantier de la Philharmonie de Paris, qui tourne au cauchemar pour les finances publiques.
Oui, je sais, un rapport du Sénat annonce que les coûts ont triplé. Mais ce sont d’anciens chiffres qui ne veulent plus rien dire.»
Crâne rasé et silhouette massive, Jean Nouvel, la star de l’architecture française, qui reçoit dans son loft du XIe arrondissement où travaille sa centaine de collaborateurs, élude les questions gênantes.
Le chantier de la Philharmonie de Paris, une salle de concert de 2 400 places couchée sur sa table à dessin, a beau avoir plus de deux ans de retard et un devis hors de contrôle, le maître maintient que «le projet tient la route».
La seule chose qui l’inquiète est la finition de son œuvre, un empilement tarabiscoté de béton et de métal, dans le nord de la capitale, pour lequel ni l’Etat (45% du financement), ni la mairie de Paris (45%), ni la région Ile-de-France (10%) ne veulent allonger un euro de plus.
«A mégoter sur 10 ou 15 millions, on met en danger le bâtiment le plus ambitieux en construction à Paris, insiste-t-il.

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