jeudi 5 décembre 2013

Ligue 1 - P.S.G. :Le déclic que la L1 attendait...


Une première défaite du PSG qui change beaucoup de choses, un record dans l'intimité pour Landreau : ce que nous avons retenu des matches de mercredi.


La question : En quoi la défaite du PSG relance la Ligue 1 ?


L'impression de supériorité que le PSG dégage sur le terrain depuis le début de la saison faisait parfois oublier la réalité du classement. Avant cette 16e journée, Paris n'avait guère que quatre points d'avance sur son dauphin, 

Lille, et cinq sur Monaco, troisième. Un écart trop faible pour que la formation de Laurent Blanc donne le sentiment d'avoir écrasé la concurrence sur le plan comptable. Cette sensation est encore plus nette après la défaite du club de la capitale face à Evian (2-0), la première cette saison toutes compétitions confondues, au lendemain des succès de Lille face à Marseille (1-0) et de Monaco à Nice (0-3). L'avance du PSG est encore plus réduite (1 point sur Lille, 2 sur Monaco), mais elle n'avait jamais été importante de toute façon.

Si le revers parisien doit changer quelque chose à la Ligue 1, c'est davantage psychologique. Après la nouvelle démonstration des Parisiens face à Lyon (4-0), on en était à se demander s'ils allaient perdre un match cette saison. Saint-Etienne était passé tout près de l'exploit qu'Evian-Thonon-Gaillard a réalisé en faisant tomber une équipe redoutée par toute l'Europe, et qui restait sur 36 matches sans défaite toutes compétitions confondues. 

Avec une recette que tout le monde connaît,  de l'engagement, de la solidarité, de la discipline tactique, et deux contres bien placés en fin de match, l'équipe de Pascal Dupraz a montré à la France que c'était possible. Et elle a ainsi rendu un grand service à une Ligue 1 qui avait trop vite abdiqué devant un PSG irrésistible. Jusqu'ici.

La note artistique : Les promesses du duo Romero-Alessandrini (9 sur 10)

Une révélation et une rédemption. Voilà ce à quoi ont assisté les spectateurs de La Route de Lorient ce mercredi. Utilisé avec parcimonie depuis le début de la saison (une apparition en Ligue 1 pour 58 minutes de temps de jeu), Silvio Romero a séduit face à Saint-Etienne. Souvent comparé à Ezequiel Lavezzi, l'attaquant argentin prêté par Lanus, a inscrit ses deux premiers buts en France. Il a surtout brillé par son activité incessante, ses courses dans les petits espaces et sa relation naissante avec Romain Alessandrini.
L'ancien Clermontois lui a délivré une passe décisive et a profité des appels de son compère pour retrouver des couleurs sur son côté gauche, après un début de saison délicat où il a été pris en grippe par ses propres supporters. Sur une action initiée par Romero, 
Alessandrini a trompé Stéphane Ruffier avant de bomber le torse devant le kop rennais, comme pour expier les mauvais souvenirs récents avec le public. Plus à l'aise avec Romero qu'avec Nelson Oliveira, habituel titulaire en pointe mis sur le banc par Philippe Montanier en raison de sa méforme chronique, Alessandrini a peut-être trouvé son parfait complément. Une association serait-elle née ?
Il ne pouvait presque pas y avoir pire moment pour battre un tel record. Avec 603 matches dans l'élite, Mickaël Landreau est devenu mercredi le recordman d'apparitions dans le championnat de France, dépossédant Jean-Luc Ettori de son leadership. 
Le gardien bastiais a dépassé son aîné dans l'anonymat d'un derby corse à huis clos contre Ajaccio sur la pelouse du Stade Parsemain (1-1). Seule marque ostentatoire de ce moment particulier, il portait un maillot unique confectionné spécialement pour l'occasion.
Ce grand bonhomme de la Ligue 1, formé à Nantes avant de passer par le PSG et Lille, aurait mérité une toute autre scène pour inscrire son nom sur les tablettes. Au-delà de ce record au parfum particulier, Landreau regrettera certainement de s'être incliné face à Eduardo, synonyme d'égalisation pour l'ACA. Bref, la soirée aurait pu être beaucoup plus belle pour le capitaine d'un soir. Et la vraie fête sera pour la réception de Lyon dimanche.


On en reparlera (ou pas) cette semaine


- Le retour en grâce des anciens de la Ligue 1. Julien Faubert a marqué pour Bordeaux son premier but dans le championnat de France depuis presque sept ans (11 février 2007 contre Marseille) et Pierre-Alain Frau avec Sochaux a joué son premier match dans l'élite depuis mai 2012. Deux hommes qui ont retrouvé leur club formateur sur le tard, comme une preuve de leur attachement au maillot. Une valeur en perdition dans le football d'aujourd'hui.
- La glorieuse incertitude du football. L'Evian-Thonon-Gaillard était au fond du trou après sa lourde défaite au Parc des Sports d'Annecy contre Lorient (4-0). Il a battu le PSG une dizaine de jours plus tard. "Tout est possible dans le football", disait Lilian Thuram. Encore un exemple qui lui donne raison.
- Une soirée classée rouge dans le sens des retours... aux vestiaires. Cinq expulsions en six matches, les arbitres ont eu la main lourde. D'autant que celles de Lucas Orban et de Joshua Nadeau auraient pu être évitées avec davantage de discernement. Ces cartons rouges traduisent aussi la tension grandissante sur les terrains de Ligue 1 à mesure que les enjeux se font plus grands.
- Le nouveau ballon de la L1. Choisir la couleur orange pour son nouveau ballon, ce n'est pas une réussite de la part de l'équipementier officiel du championnat de France. Le cuir se perd souvent de vue, que ce soit au stade ou devant la télé. Comme quoi, l'originalité n'a pas toujours du bon dans le foot.

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