Un peu de réalisme semble poindre enfin chez les dirigeants arabes.
Dix ans après l’adoption du plan de paix arabe, « nous devons objectivement revoir le processus de paix, y compris le plan arabe », a déclaré cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jaber Al-Thani à l’ouverture à Doha d’une réunion du comité ministériel arabe de suivi de ce plan.
Il a ajouté que les pays arabes devraient définir leur « feuille de route pour la prochaine phase » à la lumière des « changements successifs dans la région », en référence au dit « Printemps arabe ».
« L’initiative de paix arabe ne sera pas là éternellement et nous ne voulons pas une paix à n’importe quel prix. Pour nous, la paix ne signifie pas une reddition », a-t-il encore dit.
Lancé en 2002, ce plan de paix, d’inspiration saoudienne, offre à l’État hébreu une normalisation des relations en échange en particulier d’un retrait israélien des territoires arabes occupés en 1967. Israël a jugé certains éléments positifs, mais n’a jamais accepté cette initiative.
Cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jaber Al-Thani, a en outre vivement critiqué le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) qui a, selon lui « prouvé son échec ».
« Il faut revoir aussi la mission du Quartette et étudier l’opportunité de son maintien. Le Quartette a prouvé son échec et son incapacité à réaliser quoi que ce soit », a-t-il lancé aux membres du comité ministériel arabe et à M.Abbas.
Mais le président palestinien a pris la défense du plan de paix arabe. « II n’est pas permis, d’aucune manière, de retirer de la table ce plan », a-t-il dit. « Son retrait signifie aller à la guerre ». « Sommes-nous prêts à la guerre ? Personnellement, je ne suis pas prêt », a-t-il martelé sur un ton sévère.
C’est là un aveu de l’échec du Hamas face à Israël. Alors que les destructions à Gaza ont été importantes, et que l’arsenal militaire fortement réduit, la seule performance des terroristes du Hamas a été d’envoyer des roquettes soit sur des lieux inhabités, soit vouées à l’interception par le système Iron Dome.
De plus il sait qu’Israël n’a pas usé de sa force, mais s’est contenté de montrer l’inefficacité de la stratégie et des armes du Hamas, mais qu’il pourrait en être tout autrement si une guerre réelle était déclenchée.
M.Abbas a aussi souligné que la réconciliation avec le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Ghaza, passait par la tenue des élections présidentielle et législatives dans les Territoires. « Sans ces élections, il n’y aura pas de réconciliation », a-t-il dit, en référence à l’accord conclu en 2011 entre les frères ennemis palestiniens mais resté pour l’essentiel lettre morte.
M.Abbas a en outre pressé les Arabes d’honorer leur engagement à venir en aide aux Palestiniens en établissant « un filet de sécurité », à hauteur de 100 millions de dollars par mois, après le récent blocage par Israël du transfert des taxes collectées au profit de l’Autorité palestinienne après l’octroi du statut d’État observateur à l’ONU à la Palestine.
« C’est vrai que nous avons obtenu un État, mais sur le terrain il y a un effondrement de l’Autorité », incapable de payer les salaires des fonctionnaires, a-t-il dit.
Le Quartet international pour le Proche-Orient, qui a pour émissaire l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, a été lancé, en 2002, mais les discussions de paix israélo-palestiniennes sont aujourd’hui dans l’impasse.
Les dirigeants palestiniens vont proposer à la communauté internationale, avec l’appui de la Ligue arabe, une nouvelle formule de pourparlers de paix avec Israël, sur une période de six mois assortie d’un gel de la colonisation, a indiqué lundi 10 décembre le négociateur Saëb Erakat.
Décidément ces dirigeants rêvent toujours de la machine à remonter le temps. Revenir en arrière pour essayer de corriger leurs erreurs, semble être la seule manière pour eux de résoudre leur problème.
C’est ainsi que 65 ans après ils acceptent le plan de partage à leur manière en faisant voter par l’ONU un statut aussi bizarre que stupide d’un état sans frontières définies, ni dirigeants légitimes, comme état observateur. Observateur de quoi ? on se le demande.
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a proposé, lors d’une réunion arabe à Doha dimanche, "un mécanisme fixant un délai de six mois, pendant lesquels la colonisation serait arrêtée, et Israël entrerait dans des négociations sur ce qui a été convenu", notamment les lignes de 1967 comme base de discussions, selon l’agence officielle WAFA.
Un comité de la Ligue arabe a été formé "pour établir un plan d’action à la fin du mois" de décembre, et se rendra ensuite dans les grandes capitales pour "déterminer s’il y a une chance pour un processus de paix et sur quels principes", a déclaré M. Erakat à la radio officielle Voix de la Palestine.
ISRAËL VEUT DES NÉGOCIATIONS "SANS CONDITION PRÉALABLE"
Parmi ces principes figurent la référence aux lignes de 1967, "la nécessité de relancer les négociations à partir du point où elles se sont arrêtées, et non pas de zéro comme le veut le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou", ainsi qu’un "calendrier de six mois pour parvenir à un accord sur toutes les questions de statut final", a-t-il indiqué.
La tenue de ces pourparlers devrait coïncider avec un gel de la colonisation israélienne et la libération des Palestiniens détenus par Israël, a ajouté M. Erakat. Les pourparlers de paix sont bloqués officiellement depuis septembre 2010.
Mahmoud Abbas réclame pour les reprendre l’arrêt de la colonisation israélienne et la reconnaissance des lignes antérieures à la guerre de juin 1967 comme base des discussions. Autant dire qu’il n’a rien compris.
Le gouvernement israélien rejette ces revendications et dit vouloir des négocia iÉns "sans condition préalable", en leur fixant pour objectif la reconnaissance d’Israël comme "Etat dÉ peuple juif" et le maintien sous son contrôle d’une partie des territoires occupés du futur Etat palestinien.
L’UNION EUROPÉENNE "FERMEMENT OPPOSÉE" AUX NOUVELLES IMPLANTATIONS
L’Union européenne s’est dite lundi "consternée et fermement opposée" aux projets de nouvelles colonies israéliennes, en particulier dans la zone E1, qui compromettent selon elle la viabilité d’un Etat palestinien.
Sauf qu’ils n’ont pas compris que pour les Israéliens, il s’agit d’interdire toute continuité territoriale entre Jérusalem et des territoires arabes, afin de préserver l’unité de Jérusalem, Capitale d’Israël.
Le projet israélien compromettrait la viabilité d’un futur État palestinien, et "minerait gravement les perspectives d’une solution négociée au conflit" israélo-palestinien, jugent les ministres européens.
L’ambassadeur d’Israël auprès de l’UE avait été convoqué la semaine dernière à ce sujet à Bruxelles, une procédure exceptionnelle.
"Ce que les Israéliens ont fait, à propos de la zone E1, a vraiment fait évoluer les opinions au sein de l’Union européenne", a estimé le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, en référence aux clivages traditionnels entre pays pro-israéliens (notamment la République tchèque, les Pays-Bas et l’Allemagne) et les autres plus sensibles à la cause palestinienne.
Etendre la zone E1 "pourrait également comprendre des transferts de population civile", remarque l’UE, qui promet de "suivre de près la situation et ses implications plus larges, et agir en conséquence".
Mais Israël, avec Netanyahu, devra d’abord et avant tout privilégier ses intérêts. Sa possible réélection est donc un cauchemar pour les antisémites.
M. COHEN SABBAN - JForum.Fr

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