L’évaluation des dommages, qui a été classé par la CIA, n’est publié qu’aujourd’hui, bien qu’elle soit toujours fortement excipée-à la demande du Centre des Archives de Sécurité Nationale de l’Université George Washington.
Elle révèle que les officiers traitants de Pollard n’ont « jamais exprimé leur intérêt pour les activités militaires américaines, qu’il s’agisse des plans, des capacités, ou de l’équipement de l’armée américaine ».
Les détails de l’évaluation des dommages et des centres d’intérêts, concernant les informations spécifiques demandées à J. Pollard, portaient sur : les drones syriens et leurs centres de communications, les programmes de missiles égyptiens et les défenses aériennes soviétiques.
Le document décrit également comment l’officier traitant de Pollard lui a dit d’ignorer la demande de ses patrons, à propos « d’indiscrétions exploitables susceptibles de salir » les hauts responsables israéliens.
Selon l’article paru sur le site de la NSA, les documents que Pollard a transmis concernent des informations révélées à ses supérieurs sur le « QG de l’OLP en Tunisie ; les capacités spécifiques des Tunisiens et des Libyens en matière de systèmes de défense anti-aérienne ;
Les capacités de production d’armes chimiques irakiennes et syriennes (y compris l’imagerie satellite détaillée) ; les livraisons soviétiques d’armes à la Syrie et d’autres pays arabes, les forces navales, les installations portuaires et les lignes de communication des différents pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ; la flotte des chasseurs-bombardiers MiG-29 et le programme nucléaire du Pakistan.
Également incluse dans ces informations, une évaluation des capacités militaires israéliennes ».
L’évaluation des dommages dresse également un tableau plus large de Pollard, en tant qu’homme, qui, au moment de son arrestation, travaillait comme analyste civil du renseignement.
Un rapport détaillé de 21 pages présente la chronologie de la vie personnelle de Pollard et sa carrière professionnelle, y compris son travail pour les Israéliens.
Il met en lumière plusieurs cas de comportement inhabituel manifesté par Pollard, de l’ordre d’une dizaine, qui, selon la CIA, suggèrent qu’avec une prise de recul, ils auraient dû alerter ses supérieurs, du fait que ce sujet pouvait présenter un risque.
Le document donne un exemple de ce type, qui s’est déroulé lorsque, arrivant en retard à un entretien, il a donné pour excuse qu’il avait passé le week-end à sauver sa femme, kidnappée par l’Armée républicaine irlandaise.
Le Rabbin Pessa’h Lerner, ancien vice-président exécutif du Conseil national des jeunes d’Israël, confident et ami de Jonathan Pollard, qui se démène sur son dossier, a déclaré à l’Algemeiner que « D’après mon examen rapide de centaines de pages [...]
Je pense qu’on doit se poser encore plus de questions maintenant, pour savoir pourquoi il est toujours en prison après 27 ans de détention au secret ».
Il a poursuivi en disant que : » On dirait qu’ils l’ont mis en réclusion pour beaucoup de « si » -hypothèses- mais que ces « si » ne se sont jamais réellement produits.
Le tribunal devrait revenir sur sa condamnation et revoir tout cela, et exprimer de façon solennelle et essentielle, si nous l’avons mis en prison pour tout un tas de risques potentiels et que si ces risques potentiels ne correspondent pas du tout à la réalité, nous avons grand besoin d’en parler ».
Mais Jeffrey T. Richelson, membre des Archives de Sécurité Nationale et de leurs relations avec les médias, et auteur de l’article qui a rendu public et décrit les documents récemment rendus publics, a déclaré à l’Algemeiner :
« Les arguments avancés par les partisans d’une condamnation à perpétuité qu’il subit, ne dépendent pas simplement du fait de savoir s’il espionnait les Etats-Unis au point de donner des plans spécifiques ou de transmettre des capacités militaires concernant les Etats-Unis.
Ils dépendent de l’impact qu’il a produit dans le monde du renseignement américain, en offrant ses informations aux Israéliens, suivant l’importance des risques qu’il a ainsi créés. «
Richelson dit que ce que les Etats-Unis craignaient le plus, c’était ce que le travail d’espionnage de Pollard était en mesure de révéler :
« selon ce que les Etats-Unis étaient en capacité de recueillir, ce jugement s’est fondé sur le fait que le risque continuait d’exister, et que par l’infiltration des services israéliens au sein de la défense américaine, un jour ou l’autre, ces renseignements pourraient tomber entre les mains de l’Union Soviétique.
Cette nouvelle information ne remet pas en cause un tel argumentaire ».
Pollard a commencé à faire de l’espionnage pour Israël après avoir rencontré Aviem Sella, un vétéran du combat aérien israélien, qui a étudié à l’Université de New York. Pollard, qui travaillait pour le renseignement de la marine américaine, à l’époque, lui a dit que les services de renseignement américains faisaient de la rétention d’informations envers leur allié, Israël.
Dans les jours qui suivirent, Pollard a été recruté comme espion pour Israël.
Pollard a été arrêté en 1985, alors qu’il tentait de trouver refuge dans l’ambassade d’Israël à Washington DC.
Jusqu’à son arrestation, Pollard a livré environ 800 documents, dont la plupart ont été classées top secret ou sous un nom de code.
En outre, il a volé environ 1.500 messages d’actualisation sommaire de renseignements divers.
Il a été condamné à perpétuité.
L’Affaire Pollard est restée sous le feu des projecteurs, en partie grâce aux efforts poursuivis par les hauts fonctionnaires israéliens en vue d’obtenir sa libération.
En 1995, Yitzhak Rabin a demandé la libération de Pollard au Président américain Bill Clinton, et ce n’est que récemment, que Benjamin Netanyahu, a fait de même envers le président américain Barack Obama.
Toutes deux ont été rejetées.
Jeudi, lors de la séance du Congrès à New York, Eliot Engel, a envoyé une lettre au Président Obama, demandant que la peine Jonathan Pollard soit commuée, selon la longueur de la peine purgée.
La lettre a été co-rédigée par le républicain Chris Smith, du New Jersey et signée par 42 membres du Congrès.
La lettre mentionnait expressément que : « M. Pollard a enfreint la loi et méritait d’être puni.
Là-dessus, il n’y a pas de débat.
Toutefois, il a purgé sa peine et, en raison de son mauvais état de santé, il devrait, maintenant, être autorisé à vivre les jours qui lui restent auprès de sa famille.
La condamnation de M. Pollard s’est avérée être d’une gravité disproportionnée.
Il a transmis des informations classifiées à notre allié, Israël, une infraction qui est généralement passible d’une portion seulement de la peine réellement purgée par M. Pollard.
Le temps est venu de clore ce chapitre, de commuer la peine de Jonathan Pollard au temps qu’il a déjà passé en prison, et de « permettre à la famille Pollard de veiller ensemble à sa guérison. »
Il a poursuivi : « Le président Obama devrait tenir compte des nombreux appels en justice de dizaines de députés démocrates et républicains du Congrès, ainsi que des hauts fonctionnaires américains qui sont plus familiarisés avec l’affaire Pollard et qui ont servi au moment de la condamnation de Pollard ».
Des millions de travailleurs humanitaires dans le monde entier – à la fois Juifs et non-Juifs, apprécieront grandement un tel geste honorable de la part président Obama s’il était prêt à accorder la clémence .
Le rabbin Lerner a exprimé l’espoir que, au moins, la révélation de ce nouveau matériau pourrait permettre à l’équipe juridique de Pollard d’entrer, à nouveau, en action.
« J’espère que l’équipe de Pollard se plongera dans ces documents pour les passer au peigne fin et qu’ils font tout leur possible [...] pour mettre en avant ces nouveaux éléments d’information afin d’exiger des explications. »
M. Richelson s’est montré plus réservé, dans sa réponse, quant à l’impact de la nouveauté de ces informations :
« Je ne suis pas habilité à dire comment les gens vont réagir à cette nouvelle information, mais si rien d’autre ne vient la démentir, cela va ajouter à l’historique de l’affaire. »
Zach Pontz/Adaptation sommaire : Marc Brzustowski

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