« Hausses d’impôts : tout est fait contre les familles aisées ayant plusieurs enfants. » C’était le titre, vendredi, d’un article du Monde, très respectable journal que nul ne peut soupçonner de collusion particulière avec l’opposition.
Il est en effet difficile de nier l’évidence : baisse du plafond du quotient familial, fiscalisation des majorations de retraite pour parents de familles nombreuses, remise en cause des réductions d’impôts accordées aux parents de collégiens, lycéens ou étudiants…
Tous les jours, ou presque, le gouvernement semble sortir de son chapeau une nouvelle réforme fiscale qui — beaucoup plus sournoisement que ne le ferait une baisse directe des allocations familiales car de façon beaucoup moins immédiatement quantifiable — vient faire les poches déjà largement pelées des familles.
Des familles « aisées » bien entendu. Un adjectif aigre-doux qui a vite fait de vous coller à la peau. Un ménage d’enseignants, par exemple, avec un peu d’ancienneté et quelques primes, peut rapidement être propulsé dans le club des nantis, ceux qui, peu ou prou, gagnent mensuellement 5.500 euros et des poussières.
Quoi de plus normal, un prof, tout le monde sait ça, c’est plein aux as.
Et plus les familles « aisées » ont d’enfants, plus elles sont punies. Ce sont les lois de cette nouvelle arithmétique fiscale.
Comme on ne peut pas faire l’insulte au gouvernement de penser que tout cela est parfaitement insensé, il faut trouver une explication.
Quelque part entre stratégie commerciale et vengeance mesquine. Stratégie commerciale, car les familles nombreuses « modestes », plutôt bien représentées dans les segments de population d’origine allochtone qui constituent les réservoirs électoraux pour les socialistes, sont préservées.
Vengeance mesquine, parce que tout cela permet, après les avoir matraquées physiquement l’an dernier sur le pavé parisien, de matraquer cette fois fiscalement et moralement les familles nombreuses « aisées »surreprésentées dans les milieux cathos de la droite traditionnelle.
Et vlan, prends ça !
Tout cela, évidemment, est loin d’être terminé. Il va y avoir pêle-mêle la hausse de la TVA, mais aussi la majoration des frais de mutation sur les achats de biens immobiliers — pour tous ceux qui, la famille s’agrandissant, devront bien trouver un nouveau toit — et, bien sûr, l’augmentation de la fiscalité sur les carburants, en particulier le diesel.
Il restait un domaine dans lequel la France était meilleure que l’Allemagne : la démographie. Il aurait été dommage d’en rester là. Tandis qu’Angela Merkel, qui n’a jamais eu d’enfants, propose avec pragmatisme d’augmenter les allocations familiales et de revaloriser les retraites des mères de famille.
Hollande qui, avec ses quatre marmots, a usé largement en son temps du système, flingue la politique familiale française. Lewinner Hollande, qui a si finement godillé jusqu’à présent, préfère ne pas prendre les méthodes d’une loseuse aux deux pieds dans la mêmeBirkenstock comme Angela. c’est plus prudent.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire