dimanche 15 septembre 2013

Page Facebook "soutien au bijoutier de Nice": initiative isolée ou campagne millimétrée?


Une page de soutien au bijoutier qui a tué un braqueur venu le cambrioler à Nice réunit plus de 1,4 millions d'abonnés. Qui se cache derrière? Avec quels objectifs? L'Express fait le point. 
Fans truqués ou pas, les motivations et l'identité du ou des administrateurs de la page restent inconnues ce dimanche.

Capture Facebook

"Trucage", "magouille", "bidonnage"... nombre d'internautes expriment depuis samedi leurs doutes face au succès apparent de la page Facebook "Soutien au bijoutier de Nice". Page sur laquelle environ 1,4 millions de membres clament leur soutien à cet homme qui a tué un braqueur venu le cambrioler et a été ensuite mis en examen pour homicide volontaire. 

"ll ne faisait que son travail", précisent les administrateurs de la page dans sa description. Y a-t-il eu achat de fans? Qui se cache derrière la page? L'Express fait le point. 


Au coeur du débat, la proportion d"abonnés de la page qui viennent de l'étranger. Plus 80% de ses mentions "j'aime" ne proviennent pas de France, selon des relevés effectués samedi soir et dimanche matin sur l'outil en ligne Social Bakers. Une proportion relativement élevée -à titre indicatif, la page de L'Express compte environ 69% de fans français.  

Mais il semble ce dimanche après-midi que ce résultat venait de difficultés, du moins à court terme, rencontrées par l'outil Social Bakers. Le taux d'abonnés qui résident en France affiché par la plateforme est en effet remonté à environ 60%. 

Conclusion: des centaines de milliers de personnes ont été classées dans un premier temps dans la catégorie "minor countries"... tout simplement parce que toutes les données à leur sujet n'avaient pas été récupérées. Si achat de fans "bidons" il y a eu, cela ne s'est donc fait qu'à la marge. 

Autre précision utile, les informations publiées par Social Bakers sont "récupérées directement auprès de Facebook, via leur API", précise un de ses responsables à Rue 89 -ce qui explique, donc, une certaine latence quand une page se développe à toute vitesse.  

Qui se cache derrière la page?


Reste à savoir qui est aux manettes. Un internaute isolé? Un parti politique? Une association ou tout autre type de lobby qui souhaite promouvoir ses idées? Impossible d'en savoir plus sans l'accord de l'administrateur de la page -qui n'a pas répondu à notre sollicitation. 

Fin 2011, l'exploitation d'un autre fait divers avait donné lieu à une polémique comparable. L'Institut pour la Justice (une association qui dit défendre la "protection des victimes") s'était appuyé sur la douleur de Joël Censier, père d'un enfant assassiné, pour promouvoir une pétition. 


La page Facebook de soutien au bijoutier est en tout cas tenue par un ou des administrateur(s) méticuleux: les publications s'y résument à des liens vers les dernières informations sur le braquage et ses conséquences ou des annonces du type "nous avons atteint XXX fans". Et des dizaines de pages avec des noms différents ont été crées pour renvoyer sur la page "principale" (exemple ici). 

La politisation de l'affaire, elle est bien réelle


La vague de "soutiens" envoyée au bijoutier est, elle, bien réele: au moins 800 000 fans proviennent bien de France et des centaines de milliers de likes et commentaires affluent sur la page depuis sa création, le 11 septembre. 

Si bien que des personnalités très politiques essayent de surfer sur l'affaire. Au premier rang: Jean-Marie Le Pen, qui a déclaré samedi qu'il aurait agi comme le bijoutier. Sa fille Marine, elle, juge que ce dernier était "peut-être victime du laxisme de l'Etat". Des déclarations sur la même ligne que ce que l'on peut lire un peut partout sur la page Facebook de soutien au bijoutier. 

Récupération ou communication savamment orchestrée? Dans tous les cas, ce fait divers "profite au FN", tranche Le JDD en Une ce dimanche. 


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La grandeur de Binyamin Netanyahou....

Binyamin Netanyahou était en visite aux Etats-Unis pour la conférence annuelle de l’AIPAC. Cette visite devait être triomphale. Elle a ...