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dimanche 3 novembre 2013

Affaire Jaziri: La Tunisie suspendue un an de Coupe Davis...


TENNIS - La fédération tunisienne avait interdit à son joueur d'affronter un adversaire israélien...

La Tunisie est suspendue un an de compétition en Coupe Davis pour avoir interdit à Malek Jaziri, l'un de ses joueurs, d'affronter un joueur israélien, a annoncé la Fédération internationale de tennis (ITF) samedi dans un communiqué. Au début octobre, Malek Jaziri avait, selon son entourage, reçu l'ordre de sa fédération de déclarer forfait, avant son quart de finale au tournoi de Tachkent, afin de ne pas affronter son adversaire du jour, l'Israélien Amir Weintraub.
Le Conseil d'administration de l'ITF, réuni à Cagliari (Italie), a considéré que la Fédération tunisienne avait bien adressé cette demande à Jaziri et a voté à l'unanimité - moins le représentant tunisien - la suspension pour un an en 2014 de ce pays, qui figurait cette année dans le groupe II Europe/Afrique de la Coupe Davis.
L'ITF a estimé que la Tunisie n'avait pas respecté le texte constitutif de l'organisation qui stipule que ses membres ne doivent se livrer à «aucune discrimination basée sur la couleur, la race, la nationalité, l'origine ethnique ou nationale, l'âge, le sexe ou la religion.»

lundi 14 octobre 2013

Marini : oui, la Tunisie et la Libye, c’était mieux avant !


Le sénateur UMP Philippe Marini a écrit sur Twitter une phrase qui a fait la une de tous les médias. Il a osé dire qu’il « regrettait la disparition de Kadhafi face à l’afflux de migrants à Lampedusa ». 
Au premier abord, cette phrase pourrait être choquante. La réaction immédiate des parleurs du PS, des médias « bien-pensants », tous dans le même sens et sans aucun recul ni aucune analyse, tendrait à le confirmer. On a même entendu Laurence Rossignol, la porte-parole du PS, demander à Jean-François Copé d’exclure Marini de l’UMP.
Cependant, en y regardant de plus près, sans passion, juste avec un peu de distance, sa phrase n’est plus si honteuse que cela. Elle pourrait même être à l’origine d’un véritable débat de fond sur un sujet que personne ne veut soulever, préférant l’émotionnel à deux balles et les larmes de crocodile.
Kadhafi était effectivement un dictateur selon la définition communément admise, comme l’étaient ses acolytes tunisien, égyptien ou syrien encore en place. 
Ils ont pourtant tous été reçus en France avec les honneurs, et pas seulement par les dirigeants de droite. À cette époque, ils étaient fréquentables. Aujourd’hui, là encore sans aucune analyse, il est impératif de parler d’une seule voix. Et pourtant !
Tous ces dictateurs étaient des remparts contre la montée de l’intégrisme, ils essayaient tant bien que mal de contenir ces illuminés qui mettent aujourd’hui leurs pays à feu et à sang, avec la bénédiction du monde. La démocratie (le mot est lâché) doit s’imposer à tous et par n’importe quel moyen.
Un exemple de cette belle démocratie qui se met en place : la Tunisie, montrée en exemple depuis la chute de son dictateur, pays où plus personne ne veut aller en vacances. 
Cette Tunisie vient d’imposer à son joueur de tennis Malek Jaziri de déclarer forfait (blessure imaginaire) parce qu’il tombait en quart de finale contre un Israélien, Amir Weintraub, au tournoi d’Ouzbékistan. 
Pourtant, les deux joueurs, le Tunisien et l’Israélien, jouent au même club de Sarcelles dans notre belle France diversifiée. Les deux hommes sont très amis, ils ont déjà joué l’un contre l’autre mais… c’était en 2010. Aujourd’hui, la Tunisie (qui, notons le, envoie ses joueurs s’entraîner en France, c’est plus « top ») ne « souhaite pas que ses tennismen rencontrent des sportifs israéliens, par solidarité avec les Palestiniens ».
Mais attention, si un homme politique ou un journaliste sportif ose dire que « la Tunisie, c’était mieux avant », il sera immédiatement cloué au pilori de la bien-pensance ! Vous avez dit démocratie ?
Le sénateur UMP Philippe Marini a écrit sur Twitter une phrase qui a fait la une de tous les médias. Il a osé dire qu’il « regrettait la disparition de Kadhafi face à l’afflux de migrants à Lampedusa ». Au premier abord, cette phrase pourrait être choquante. La réaction immédiate des parleurs du PS, des médias « bien-pensants », tous dans le même sens et sans aucun recul ni aucune analyse, tendrait à le confirmer. On a même entendu Laurence Rossignol, la porte-parole du PS, demander à Jean-François Copé d’exclure Marini de l’UMP.
Cependant, en y regardant de plus près, sans passion, juste avec un peu de distance, sa phrase n’est plus si honteuse que cela. Elle pourrait même être à l’origine d’un véritable débat de fond sur un sujet que personne ne veut soulever, préférant l’émotionnel à deux balles et les larmes de crocodile.
Kadhafi était effectivement un dictateur selon la définition communément admise, comme l’étaient ses acolytes tunisien, égyptien ou syrien encore en place. Ils ont pourtant tous été reçus en France avec les honneurs, et pas seulement par les dirigeants de droite. À cette époque, ils étaient fréquentables. Aujourd’hui, là encore sans aucune analyse, il est impératif de parler d’une seule voix. Et pourtant !
Tous ces dictateurs étaient des remparts contre la montée de l’intégrisme, ils essayaient tant bien que mal de contenir ces illuminés qui mettent aujourd’hui leurs pays à feu et à sang, avec la bénédiction du monde. La démocratie (le mot est lâché) doit s’imposer à tous et par n’importe quel moyen.
Un exemple de cette belle démocratie qui se met en place : la Tunisie, montrée en exemple depuis la chute de son dictateur, pays où plus personne ne veut aller en vacances. Cette Tunisie vient d’imposer à son joueur de tennis Malek Jaziri de déclarer forfait (blessure imaginaire) parce qu’il tombait en quart de finale contre un Israélien, Amir Weintraub, au tournoi d’Ouzbékistan. Pourtant, les deux joueurs, le Tunisien et l’Israélien, jouent au même club de Sarcelles dans notre belle France diversifiée. Les deux hommes sont très amis, ils ont déjà joué l’un contre l’autre mais… c’était en 2010. Aujourd’hui, la Tunisie (qui, notons le, envoie ses joueurs s’entraîner en France, c’est plus « top ») ne « souhaite pas que ses tennismen rencontrent des sportifs israéliens, par solidarité avec les Palestiniens ».

lundi 7 octobre 2013

Tunisie : Le restaurant Chez Nous est à vendre...


Le célèbre restaurant de la rue de Marseille est en vente. Son propriétaire Khaled Arfaoui a décidé de s’en défaire après plus de 70 ans d’existence. La crise post-révolutionnaire et l’insécurité grandissante au centre-ville ont eu raison de ce lieu mythique.

Le restaurant Chez Nous a été fondé en 1935 par Mademoiselle Françoise, comme l’appelle Khaled Arfaoui. Après la guerre de Bizerte, le restaurant a été légué au père de K. Arfaoui. Le cuisinier de l’époque était le Chef Ali qui, à sa retraite, a cédé son savoir-faire à un nouveau cuisinier, membre de la famille Arfaoui. Plus tard, ce sera K. Arfaoui lui-même qui prendra les commandes de la cuisine du restaurant.

La tradition voulant qu’un des enfants de Khaled Arfaoui prenne la relève, il a préparé ces trois garçons à sa succession. Un dans la cuisine, l’autre au service en salle et le troisième derrière la caisse. Malheureusement, le marasme national a entamé la détermination des Arfaoui. Cet été, deux de ses enfants sont partis s’installer en France, où ils ont d’ores et déjà trouvé du travail au sein de restaurants.

Pour Khaled Arfaoui, l’insécurité, la saleté, l’anarchie dans le centre-ville ont fait fuir les habitués. Si à midi il y a encore des clients, le soir, seuls les plus courageux persistent à venir. Depuis la révolution, la clientèle des restaurants du centre-ville préfère se diriger vers la banlieue nord, le laissant à la merci des délinquants.

A l’insécurité s’ajoutent la crise économique, la cherté de la vie, les prix flambants des aliments de base. Khaled Arfaoui avoue payer son couffin quotidien 3 fois ce que cela lui coûtait avant janvier 2011.

Et pourtant, le restaurant est très célèbre. 

D’ailleurs, une de ses particularités est le nombre de portraits signés par les célébrités qui s’y sont attablées. Le restaurant a accueilli de nombreuses personnalités politiques, dont l’ancien président de l’Assemblée Nationale Française Philippe Seguin ou encore l’ancien Premier ministre français Raymond Barre, ami intime du père de Khaled Arfaoui, qui avait même choisi Chez Nous pour célébrer son mariage. Plusieurs personnalités de l’Académie française ont mangé au restaurant Chez nous : Edith Piaf, Tino Rossi pour ne citer qu’eux.

Le restaurant Chez Nous a en outre reçu plusieurs distinctions dont la médaille des Chaines de Rôtisseurs en 1962, mais aussi une distinction espagnole en 2000 et une médaille de la municipalité de Tunis pour récompenser l’hygiène du restaurant.

Aujourd’hui, Khaled Arfaoui a posté une annonce, que l’on retrouve d’ailleurs sur la page Facebook du restaurant, pour vendre le fonds de commerce ou le louer en gérance libre.

mercredi 18 septembre 2013

Tunisie : Mensonge et Mascarade....Yom Kippour, jour du pardon, la grande Synagogue de Tunis, samedi 14 septembre 2013....



il y a ma mère, bravo nous étions à Paris.......c'est une photo qui date de 35 ans à l'époque ou ma mère était rousse.



 Le rabbin portant un document sur le trottoir ne tient pas le document de yom kippour mais d'une autre fête..

 Film organisé Version St Trop....



Ok! On a compris: faire savoir que tout va bien dans le meilleur des mondes! des photos qui date de 30 ans minimum.

Le segment ou on voit les gens habilles en blanc a dû être filme a Roch Hachana.

Interdit de filmer le jour de Kippour.

Interviewer le jour de Kippour ? Interdit de parler le jour de Kippour (pour les rabbins « le jeûne de la parole »).

Il est formellement interdit de mettre les " téfilines " le jour de kippour !

C’est un montage avec plusieurs films « des archives ».

C’est honteux pour une chaîne Tunisienne de faire un montage avec des films d’époques et de faire croire aux monde entier que soit disant c'était le jour de Yom Kippour 14 septembre 2013.
Arrêtant les conneries et de prendre les juifs Tunisiens pour des CONS…..

 Arrêtons cette mascarade.......C'est du n'importe quoi !

lundi 28 mai 2012

Vidéos – Tunisie : des salafistes terrorisent une ville...


Vidéos – Tunisie : des salafistes terrorisent une ville

Vive la Révolution, vive les printemps  arabes, vive leSalafisme !  Pauvre Tunisie,  pauvre peuple tunisien,  mais aussi pauvres de nous qui croyons aveuglément nos médias. Bien entendu,  les lecteurs des blogs  et sites  comme le nôtre qui dénoncent la désinformation médiatique sont un peu épargnés !
Un nouveau monde est possible, la révolution est en marche, allahu akbar !  Les fous d’allah ont incendié un commissariat de la ville de Jendouba au nord-ouest du pays:
Un hotel de Jendouba a été incendié :
Plusieurs centaines de salafistes ont attaqué samedi des bars et des commerces à Jendouba, dans le nord-ouest de la Tunisie, où des affrontements les ont ensuite opposés aux forces de l’ordre, a-t-on appris auprès des autorités et de témoins.

Ces salafistes, qui prônent une interprétation stricte des préceptes de l’islam, entendaient protester contre l’arrestation de quatre hommes impliqués dans de précédentes attaques contre des débits d’alcool. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule mais les affrontements se poursuivaient dans la matinée.

« Ce matin, quatre hommes ont été arrêtés pour des attaques contre des débits d’alcool ces derniers jours », a dit à Reuters un responsable du ministère de l’Intérieur, Loutfi al Haydari. « Des centaines de salafistes ont donc attaqué une caserne en jetant des pierres et des cocktails Molotov avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes. Ils ont aussi incendié un commissariat et attaqué trois boutiques en ville (…) ils se trouvent désormais dans le centre de la ville. »

Selon un témoin, qui n’a pas voulu décliner son identité de crainte de représailles salafistes, les manifestants étaient au nombre d’un demi-millier et armés d’engins incendiaires, semant la terreur dans cette localité située vers la frontière algérienne.  « Des salafistes au visage masqué et armés de sabres, de cocktails Molotov et de cailloux ont attaqué des boutiques en ville et détruit les biens qui y étaient stockés. Ils ont ensuite incendié le commissariat de police ». Ce témoin -une femme- a ajouté: « Toute la ville vit dans la crainte et la peur à la suite de ces violences. ».

Réprimés sous Zine ben Ali, les islamistes n’ont pourtant pas joué un rôle moteur dans la révolution de janvier 2011 ayant abouti au renversement de l’ancien régime. Les islamistes modérés d’Ennahda sont sortis vainqueurs en octobre des élections constituantes, premier scrutin libre organisé après la chute de Ben Ali. La place de la religion dans la société est l’un des thèmes les plus âprement discutés dans la Tunisie de l’après-Ben Ali.

Il y a une semaine, des salafistes avaient attaqué des propriétaires de débits d’alcool à Sidi Bouzid, ville du Centre qui est le berceau de la « révolution de jasmin » à l’origine de la chute de Zine ben Ali. Le ministre de la Justice avait réagi en promettant de sanctionner avec sévérité les agresseurs.

Sources : Yahoo News, 26 mai 2012 et Poste de veille
© Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec un lien vers la source

jeudi 17 mai 2012

Tunisie plurielle et patrimoine judéo-tunisien....



Tunisie plurielle et patrimoine judéo-tunisien

Samedi dernier, je suis allée voir l'exposition Journées nationales du patrimoine judéo-tunisien au centre culturel Tahar Haddad. Cette expo était organisée par l'association Dar El Dhekra.

Je l'avoue, j'ai passé de très bons moments.
Une amie qui y avait été vendredi m'avait racontée qu'elle avait été déçue, mais pas moi. Il est vrai que cette expo aurait pu être plus riche, mais si elle n'était pas très riche par les objets exposés, elle l'était par la chaleur humaine.

La visite commence par des objets divers exposés. Certains sont sacrés, d'autres pas.
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)

Mezzouzah 00

- des mezouzot:
Mezzouzah 01

- une Yad en argent (main):

Yad
- Une Torah:

Thora

- Un manteau de Torah brodé en argent:
Vous remarquerez que c'est exactement la même broderie utilisée par tous les tunisiens.
Manteau de thorah

- Hanoukia
Hanoukia

- Deux koufias:
La Koufia été portée par les tunisiennes musulmanes et juives. Mais il y avait une différence. Celle des juives était pointue pour les distinguer des musulmanes. Il ne faut pas oublier qu'à une époque, il y avait le système de la dhimmitude.
Koufia

- Un contrat de mariage en judéo-arabe:
Contrat de mariage

Ensuite, on trouve une expo de photos de costumes juifs, d'artisanat, de livres, de tableaux....
- Une fibule de Moshe Nemni. Il fut un temps où on en trouvait partout dans les souks tunisiens. Puis c'est devenu de plus en plus rare....
Fibule Moshe Nemni

- un vase de Chemla:
Poterie Chemla

- Des artistes:

Peintres

- Un portrait de Ammar Farhat par Maurice Bismuth:
Portrait Ammar Farhat

- Habiba Msika

Habiba Msika

- Hana Rached:
Hana Rached

- Des disques anciens et un phonographe. D'ailleurs, nous en écouterons 3 le dimanche lors de la table ronde organisée en marge de cette expo.

Disques anciens

- Des pochettes de disques:
Pochettes disques

- Haydée Tamzali: première actrice de cinéma tunisienne, première scénariste et première monteuse aussi:
Haydée Tamzali

- Albert Samama-Chikli, cinéaste, photographe et radiologue!!!
Albert Samama-Chikli

- transcription de l'arabe en caractères hébraïques:
Alphabet

- Des livres anciens
Livres

DSC05510_GF


Il y avait à cet expo deux grandes tentures. Sur l'une, il y avait tous les noms de famille communs aux musulmans et aux juifs. Sur l'autre, il y avait les noms de toutes les célébrités juives tunisiennes. J'ai pris en photo juste celui-là. Savez-vous qui il est?
David Charvet
Pourquoi ai-je dit une expo riche en chaleur humaine?

Tout simplement parce qu’organisée par une équipe de personnes vraiment impliquées et passionnées. Ces personnes étaient là, à expliquer, montrer, raconter, partager leur enthousiame.... Et c'était génial.

Je précise que plus des deux-tiers des membres de cette association sont des tunisiens musulmans, mais ils se sont intéressés à la culture judéo-tunisienne parce qu'ils croient en la richesse multiculturelle de la Tunisie, parce qu'ils croient que justement notre diversité crée cette richesse, parce qu'ils savent que notre patrimoine est commun à tous les tunisiens, parce qu'ils ont la foi en notre peuple, en notre pays, en notre force, en notre solidarité.

Nous tunisiens, avons une culture vielle de 3 000 ans et tellement riche.

J'espère que d'autres associations feront un travail similaire, et essayeront de mettre en valeur d'autres aspects de notre culture et de notre patrimoine.

Je vous raconterais dans une autre note le déroulement de la table ronde organisée dimanche autour du thème: ART ET CULTURE EN TUNISIE, HISTOIRE D’UN PLURIEL INTERNE.

Je n'ai publié dans cette note que quelques photos, vous trouverez les autres surma page facebook.
[moostik]

jeudi 16 février 2012

Famille CATTAN....l'evocation de certains de mes souvenirs.




- Ce récit n’est nullement une étude sociologique ( Je n'ai pas cette compétence ) mais simplement l’évocation de certains de mes souvenirs.





- Bien que la majorité des juifs de l’Ariana travaillait à Tunis, il existait certains commerçants et artisans qui exerçaient leur boulot à L’Ariana .






Les commerces, les plus pratiqués, étaient ceux concernant "la bouffe" comme : les épiceries, les boucheries et les « fast food » comme les sandwichs, briks, beignets et grillades (méchoui).






Quant à l’artisanat, il était pratiqué, soit à la maison, soit dans de petites échoppes.


Commençons par les boucheries : Je me souviens encore de ces morceaux de viande accrochés par une esse sur un râtelier pourvu de piquants. Leur nom me revient à l’esprit, comme : « la meftoula, le baba, gerguijâa, le mâalak et bien d’autres », noms qui sont, de nos jours encore utilisés à Paris par certaines personnes.






Et les chapelets de merguez : grosses au bœuf et fines à l’agneau, accroches sur ces mêmes râteliers, comme les guirlandes de la « Chaouda de rabbi Shimon ». Les abats : Foie, cœur, rate, « rognon blanc »et moelle épinière, se vendaient pour le méchoui. Les tripes pour « l’akoud et la asbana », étaient entreposées dans des bassins en plastique, ou directement sur l’étal en marbre blanc.




A l’exception de Kippour, le poulet, lui, était vendu chez le marchand de volaille. Il s’achetait vivant, et était égorgé et plumé sur place. Parfois, le « Chokhet » était aussi vendeur de poulet.




Ensuite viennent les épiceries : On sait très bien qu’en Tunisie, celles-ci étaient tenues principalement par les « Djerbiens ». Corporation d’épiciers musulmans venus de Djerba et vivants dans leur magasin 365 jours par an, sans femme ni enfants. Il existait aussi quelques épiciers juifs à l’Ariana . Ces épiciers étaient au nombre de trois seulement, si ma mémoire est bonne, et c’était : Bajou (Claude Journo) Marzouk et Slama (grand-mère des mes cousines paternelles).






A la différence de celles des Djerbiens, dans les épiceries juives, on vendait de l’alcool : c'est-à-dire du vin et la boukha Bokobsa et quelques spiritueux. Elles étaient moins achalandées et plus petites que celles des Djerbiens. La plus fréquentée était celle de Bajou (Journo Claude). Claude aimait plaisanter avec tout le monde, et les gens le lui rendaient bien.


La clientèle de ces épiceries était en grande majorité juive, à l’exception de quelques musulmans qui voulaient s’acheter du vin. La vente d’alcool étant interdite aux musulmans, ceux-ci chargeaient parfois des juifs, de le faire pour eux.


Ces épiceries marchaient bien aux périodes de fêtes, car elles étaient les seules à fournir des produits « cacher le Pessah ».






La restauration : Il n’existait pas de restaurants à l’Ariana. Ce qu’on pouvait manger hors de chez soi, c’étaient des briks à l’œuf ou aux pommes de terre, des sandwiches tunisiens, et des grillades (méchoui).


- « Daïda el breïkâgie »David Assous, dit le vendeur de briks, avait une gargote qui était située à côté du magasin des Memmi. Il faisait les Briks à la main, à partir d’un morceau de pâte étalé avec un rouleau à pâtisserie.


Il cassait l’œuf dans la pâte, ajoutait une pincée d’oignon cuit avec des câpres, la pliait, et la soulevait avec dextérité, pour la laisser tomber dans un grand poêlon rempli d’huile d’olive brûlante.


Le matin, il vendait aussi, des beignets au miel (les beignets à l’huile n’étaient vendus que par les Knadlia), du « chahleub », sorte de porridge au sorgo, saupoudré de graines d’anis (Besbêche), et en hiver le bol de pois chiche, (Lablâbi).


Kortza, le marchand de sandwichs. Sur le panneau du magasin, une enseigne :


« Vins et spiritueux, - sandwichs garnis, chez Ktorza ». Ce commerce était situé, juste au dernier arrêt du tramway, à côté des Memmi. Ses sandwiches étaient les plus propres et aussi les moins garnis. Il avait une façon de les faire, très particulière. Tout était dosé et minutieusement étalé sur le pain, avec une méthode, qui n’a jamais variée. Il pouvait faire plusieurs dans la journée. Tous étaient pareils, pas un n’était différent de l’autre. Il n’était pas question de demander du rab ou remplacer un ingrédient par un autre.


Il vendait aussi les Salaisons, (le thon, les anchois, la « seura », la boutargue etc.…) pour le Shabat. Il était de coutume à l’Ariana comme ailleurs en Tunisie, de servir un plat de salaisons avant la Tèfina, que l’on accompagnait avec de la Boukha ou du vin.


Un autre marchand de sandwiches existait, mais celui-ci, était ambulant. Ses sandwiches étaient vendus sur une planche posée sur tréteaux, sur le trottoir. Ils étaient préparés à l’avance et emballés. Le vendeur, s’appelait Flifeul. Ce personnage mérite, à lui tout seul, une histoire.


Le Méchoui : Deux petites gargotes existaient, l’une presque en face de l’autre.


L’une s’appelait, « chez Zlassi », et l’autre, « chez Mridekh » (Mardochée). La première faisait partie du Café, « Le Zanzi Bar » et l’autre, du « Café des roses ».


Qui fournissait le meilleur méchoui ? Difficile à dire. Les deux avaient leur propre clientèle.


Le méchoui était servi sur un plat, coupé en petits morceaux et consommé debout, sur une sorte de comptoir en maçonnerie, à l’intérieur de la gargote. On pouvait l’avoir aussi en sandwich dans un pain appelé « Tabouna », sorte de pita.


C’était surtout le samedi soir après Shabbat, que l’on allait manger le méchoui.


En semaine, c’était souvent les habitués des deux cafés, qui le consommaient comme accompagnement d’un apéritif. Il était rare pour des familles juives, de ne pas faire de repas durant les jours de la semaine (Houle).


Je me souviens, des fins de Shabbat, où l’on attendait avec impatience, que Zlassi ou Mridekh commencent à allumer leur grand « Kanoun », sorte de barbecue.


Les Tranches de foie, rate, cœur, gras double, queue de mouton (Dembâa) et rognons blancs, étaient posées là, sur un plateau en alu, avec les portions de merguez, en attendant d'être grillées.


Un grand saladier en verre était posé sur la devanture, rempli de sauce rouge : appelée « Psâl ôu madnouche », composée d’huile d’olive, d’harissa, d’oignon, de persil plat haché menu, d’ail et de poivre, tout ça dilué dans l’eau. Cette sauce était remuée à chaque usage, pour être déversée sur les grillades encore chaude.


Il ne restait plus qu’à attendre la fin du Shabbat, sentir le bon fumet des grillades, mélangé à la fumée du charbon de bois, et se régaler.


Les artisans : Le métier d’artisanat, le plus pratiqué était, celui de tailleur. Il s’exerçait chez soi, et Il y en avait beaucoup.


J’en connaissais un, qui était mon voisin : Victor Cohen, dit « Lamine », tailleur « culottier ». Il sous-traitait en particulier pour un tailleur de Tunis. Nous l’appelions Lamine, parce qu’il confectionnait les pantalons des costumes du Bey de Tunis : Sidi Lamine Pacha Bey.


Je me souviens encore de la pièce où il travaillait. C’était une chambre qui donnait sur la rue de la victoire, au rez-de-chaussée. Il y avait, le long d’un mur, une machine à coudre à pédale et une grande table un peu haute, recouverte d’un drap un peu jauni, sans doute, par les coups de fer à repasser. Sur le mur, étaient suspendus des équerres et des règles en bois, et aussi quelques patrons en papier « Kraft ». Le reste de la pièce etait occupé par deux lits.


Toutes les après-midi, des voisines venaient dans cette pièce pour cancaner avec madame Cohen. Les lits servaient de sièges. Le cancanage couvrait parfois le bruit de la machine à coudre. La femme du tailleur aidait sont mari à quelques taches de coutures. Elle écoutait les ragots sans dire un mot. C’était comme ça toute la semaine excepté, le vendredi et samedi.


Je ne vais pas m’attarder sur les autres métiers artisanaux qu’exerçaient les juifs de l’Ariana, comme : la plomberie, la menuiserie, la coiffure, la mécanique auto, l’électricité, la peinture en bâtiment la cordonnerie, le "Cycliste" et bien d’autres encore.


Quelques noms me reviennent quand même : Zlassi le plombier (frère du marchand de méchoui), Kiki Zeitoun, mécanicien auto et « Casseur », Lombroso l’électricien, Taieb le menuisier, « Sviguilan » le peintre en bâtiment, qui était payé par ses clients en espèce et aussi en bouteilles de vin pendant la durée de chantier ,et le fils de Bâ Shouilem, "le cycliste" (réparateur et loueur de vélos) et d'autres que j’ai probablement oublié de citer.


Cependant le métier le plus étrange pour moi, était celui du bourrelier. Il n’en existait qu’un, M. Zana, il occupait une petite échoppe, où il confectionnait ou réparait des harnais pour attelage de voiture hippomobile. Ses principaux clients étaient des fellahs.


Tout était fait à la main. Je me souviens des pièces de harnais entre les jambes, une main protégée par une sorte de gant qui tenait le poinçon, et l’autre une alène, pour enfiler un fil enduit de suif dans le cuir, pour le coudre.


Je terminerai par les Memmi. Ils étaient cinq frères et une sœur. L’aîné s’occupait de la boulangerie avec son beau frère, comme gérant du magasin de vente de pain. Les trois autres, du grand magasin : sorte de Magasin Générale, ou de « BHV », et le quatrième, le plus jeune, de l’electro-menager.


C’était les précurseurs des Grandes Surfaces. Comme ils vendaient presque tout, je me souviens entre autres du livreur de bouteilles de gaz. C’était un jeune musulman, boitant, qui sillonnait toutes les rues de maison en maison, en traînant ses bouteilles sur un diable, une clé à mollette à la main. Il connaissait toutes les adresses des clients, à qui il devait faire une livraison, sans pour autant savoir lire ni écrire.


Peut être et sûrement que dans d’autres villes ou banlieues de Tunisie, c’est pareil, mais étant de l’Ariana, j’observai tout ce monde, et ce sont mes souvenirs.



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