vendredi 18 avril 2014

Donetsk : les pro-Russes veulent piller les biens et déporter les Juifs...


L’inquiétude diffuse a envahi l’atmosphère communautaire au sein de la communauté juive de Donetsk, alors que des hommes en armes ont publié des tracts à la veille de Pessah, appelant les Juifs à faire enregistrer leur religion et leurs biens, auprès du gouvernement pro-russe ou de risquer la déportation, la confiscation de tout ce qu’ils possèdent et la perte de leur citoyenneté.
(Photo : Olga Reznikova)

Un document distribué à Donetsk, en Ukraine, et appelant les Juifs de plus de 16 ans à s’enregistrer comme Juifs, a gâché les fêtes de Pessah, dans la communauté juive, lundi (veille de Pessah), où l’inquiétude a remplacé la joie.

Le tract exigeait des Juifs de la Ville qu’ils fournissent une liste détaillée de toutes les propriétés qu’ils possèdent, sans quoi
leur citoyenneté serait immédiatement révoquée, ils seraient déportés et tous leurs biens seraient confisqués.

Donetsk, province ukrainienne de 4.3 millions d’habitants -10% de la population ukrainienne – et17.000 juifs, est le foyer de la majeure partie de l’industrie lourde du pays et c’est ainsi le poids lourd des régions de l’Est, où les séparatistes pro-russes se sont emparés des bâtiments du gouvernement, au cours de la semaine dernière.

Ce papier avec mentions officielles, signé par le Président du gouvernement temporaire de Donetsk, Denis Pushilin , a été distribué aux Juifs, près de la synagogue de Donetsk et, plus tard, dans d’autres secteurs de la ville, où les activistes pro-russes ont déclaré Donetsk comme « république du peuple » indépendant, défiant ainsi un ultimatum de Kiev leur intimant de se rendre.

Ce papier est rédigé en russe et porte les symboles de la Russie, aussi bien que l’insigne de la “République du peuple” de Donetsk.

Chers citoyens ukrainiens de nationalité juive, du fait que les dirigeants de la communauté juive d’Ukraine soutiennent la junte banderiste », une allusion à Stephan Bandera, le dirigeant du mouvement nationaliste ukrainien pour une Ukraine indépendante, à la fin de la 2nde guerre mondiale, « et s’oppose à la République panslave du peuple de Donetsk ,(le gouvernement par intérim) a décidé que tous les citoyens d’origine juive, de plus de 16 ans et résidant à l’intérieur du territoire de la république, doivent se signaler au Commissaire des Nationalités au bâtiment de l’Administration de la République régionale de Donetsk et s’enregistrer ».

Le papier détaille le type de documents que les citoyens juifs sont censés fournir : “Carte d’identité et passeport sont requis pour y enregistrer votre religion juive, des documents religieux des membres de votre famille, autant que des documents établissant tous vos droits de propriété qui vous appartiennent, y compris vos véhicules”.

Et si ce message ne paraît pas assez clair, le papier stipule en outre les conséquences qui s’abattraient sur les récalcitrants à ces nouvelles exigences : «  Le refus de s’enregistrer se traduirait par la révocation de la citoyenneté et à l’expulsion du pays, assorti de la confiscation de tous vos biens  ».
Afin d’ajouter l’insulte à la stigmatisation, le document exige que les Juifs paient une amende d’enregistrement de 50€.

Selon Alex Tenzer, originaire de Kiev et l’un des codirecteurs de l’Association Nationale des Immigrants de l’ancienne URSS, en Israël : « les cercles dirigeants Juifs ukrainiens soutiennent le nouveau gouvernement à Kiev, mais il reste difficile d’établir si ce tract doit être considéré commevalide ou s’il n’est qu’une provocation ».

“Quoi qu’on dise, ce matériel de propagande est très antisémite et me rappelle le type d’écrits distribués par les Nazis durant la Seconde Guerre Mondiale”.
Emmanuelle Shechter, en Israël, a reçu une copie de ce document par Whatsapp, de la part de ses amis à Donetsk. « Ils m’ont dit que des hommes masqués attendaient les Juifs à la sortie de la prièrepour la veille de Pessah, en leur tendant ces tracts et en leur intimant d’obéir à toutes les instructions ».

Olga Reznikova, membre de la Communauté juive de Donetsk, a déclaré à Ynet que “nous ne savons pas vraiment si ce papier est propagé par les forces pro-russes ou quelqu’un d’autre, mais il a réussi à générer un sentiment diffus de crainte. Cela me rappelle les textes des temps les plus sombres. 

D’autres membres de la communauté juive auxquels j’ai parlé ne sont pas plus effrayés que cela, mais c’est très désagréable à vivre ».

“Je n’ai pas la moindre intention d’aller me faire enregistrer, j’ai 32 ans, j’ai vécu à Donetsk ma vie entière et je n’ai jamais eu affaire à de l ’antisémitisme, jusqu’à ce que je pose les yeux sur ce bout de papier . Bien que je le prenne très au sérieux, je ne suis pas sûre de son authenticité ».

Jenia, en Israël, qui a aussi reçu cette lettre, transmise par des connaissances, dit : “Les Juifs de Donetsk vivent dans l’incertitude sur tout, il n’est pas clair de savoir qui est responsable de ce papier, ni qui contrôle vraiment la ville, en ce moment ».

“On ne se sent pas en sécurité comme nous en avions l’habitude, à cause de l’instabilité politiquedans la région ; il n’y a pas de président légitime ni la moindre souveraineté. Actuellement Donetsk est dirigé par une junte ».

En réponse à une requête de la part d’un site internet juif ukrainien, Pushilin , le président par intérim du gouvernement régional pro-Poutine, a bien confirmé que ces tracts ont été distribués par son organisation panslaviste, mais a démenti tout lien avec le « contenu » des tracts.

[c’est l’organisation que je dirige, mais ce n’est pas moi, même si c’est signé. Car si je ne signe pas de plus extrémistes que moi prendront les rênes, etc.]

Michal Margalit

Thiais : N. 18 ans, témoigne de la barbarie antisémite..


N., dix-huit ans, sort devant chez lui pour fumer une cigarette, à Thiais, dans le Val de Marne (94), vers 23h 30, fin février, alors qu’il n’y a presque personne dans les rues. Il habite en zone pavillonnaire, près d’une Cité.
Deux jeunes de la Cité sortent de la pénombre, d’un buisson et se ruent sur lui, le plaquent au sol, lerouent de coups - qui lui occasionneront jusqu’à 42 jours d’ITT-, lui écrasent le genou, et lui font les poches en même temps, en lui assénant :«  Voilà ce qu’on fait aux Juifs ! On va te tuer !  ».

 Le motif est double : se choisir un jeune juif isolé pour victime d’un passage à tabac terrorisant et en profiter pour le racketter.

Dix minutes plus tard, complètement bouleversé, N. parviendra, néanmoins, à témoigner au commissariat de quartier. Une patrouille va faire le tour de la cité, mais ne parvient pas àappréhender qui que ce soit sur le moment. Dès les jours suivants, N. est envoyé chez ses grands-parents, pour sortir du cauchemar où il a été brusquement plongé et se remettre, loin du quartier.

N. et son frère ne portent aucun signe ostentatoire depuis des années, ont laissé tomber la kippa et même la casquette, il y a un certain temps, à tel point le quartier est devenu dangereux. Mais, fumeurs l’un comme l’autre, il leur arrive de donner une cigarette à un des jeunes de la Cité voisine, plutôt que d’en faire un prétexte à échauffourée. Il s’agit, ni plus ni moins, que de racket déguisé.

Et là, à plusieurs reprises, ils ont eu la surprise d’entendre : « Vous êtes les petits Feujs des… [quartier de Thiais] ! ». Tout se passe comme si, malgré toutes les précautions prises pour ne pas faire de mauvaises rencontres, éviter les coups durs, les petites bandes qui « tiennent les murs » dans la Cité pratiquaient une forme de repérage sur leur simple allure, “mettent leurs listes à jour”, jusqu’au moment, où, à la faveur de la pénombre, quelques-uns d’entre eux décident de passer à l’acte, sans autre motif apparent.
L’antisémitisme y est donc omniprésent, en suspension dans l’atmosphère, même tant qu’il ne se manifeste pas concrètement…

Le SPCJ a été très actif, à la suite de cette agression, apporte une aide psychologique et un soutien moral constant à N. et sa famille. Le Service téléphone 2 fois par jour pour prendre des nouvelles et a mis un avocat à sa disposition, ce qui rassure le jeune homme, au moment de témoigner en Justice. N. a, en effet, parcouru Facebook à la recherche de ces agresseurs et a fini par les identifier. Il se souvenait clairement en connaître au moins un, avant que tout cela ne chamboule sa vie. Il doit encore confronter ses propres découvertes au fichier de la police.
N. a, finalement, pu être diagnostiqué à l’UCMJ de Créteil. Tout cela prend du temps, alors que tous les repères de la famille sont bousculés. La police, quant à elle, semble surtout contente de pouvoir mettre la main sur les membres d’une bande qu’elle cherchait à appréhender depuis pas mal de temps et remercie le jeune de lui en fournir l’occasion. Mais ensuite ?
La police protège les synagogues, centres communautaires, mais n’aura jamais les moyens de mettre une équipe derrière chaque Juif ou maison juive de France, au motif d’une furie latente, diffuse.

La crainte de sa maman est, surtout, que les agresseurs ne soient pas majeurs et aussitôt relâchés [a posteriori, ce n’est pas le cas, mais le laxisme judiciaire est, en soi, plus redoutable que les coups], peu de temps après la confrontation. Ce qui aurait pour seul résultat de mettre à nouveau le jeune en danger, face à la solidarité déviante de la Cité. L’affaire d’Ilan Halimi revient, alors, à l’esprit de la maman de N, lorsqu’elle évoque les risques de vivre dans de tels quartiers.

, par Violente Agression Antisémite

L'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez est mort...


Affectueusement surnommé « Gabo » dans toute l'Amérique latine, le Colombien Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature 1982, l'un des plus grands écrivains du XXe siècle, est mort à son domicile de Mexico jeudi 17 avril. Il était âgé de 87 ans. Son œuvre a été traduite dans toutes les langues ou presque, et vendue à quelque 50 millions d'exemplaires.


En 1999, la nouvelle s'était répandue qu'un cancer lymphatique serait sur le point de l'abattre, plongeant déjà ses lecteurs et admirateurs dans l'inquiétude. Tous les journaux de la planète rédigèrent alors sa nécrologie à la hâte, bientôt remballéedans les tiroirs. Double chance, pour lui et pour tous, car cela permit à Gerald Martin, britannique et professeur de littérature, de publier une biographie exhaustive, Gabriel Garcia Marquez, une vie (Grasset, 2009, édition originale en anglais chez Bloomsbury, 2008). Rétabli, mais victime d'une mémoire quelque peu chancelante, l'auteur de Cent ans de solitude avait disparu de toute vie publique ces dernières années.

Aîné de onze enfants, Gabriel José de la Concordia Garcia Marquez est né le 6 mars 1927, à Aracataca, un village perdu entre les marigots et les plaines poussiéreuses de la côte caraïbe colombienne. Son père y est télégraphiste. Dans l'œuvre de Gabo, Aracataca deviendra Macondo, un endroit mythique mais réel, à la différence du Yoknapatawpha County de William Faulkner ou de la ville fictive de Santa Maria de Juan Carlos Onetti. L'espagnol sud-américain a fait de «macondiano » un adjectif pour décrire l'irrationnel du quotidien sous ces latitudes. Gerald Martin explique l'importance qu'eut pour le futur écrivain son village et en particulier sa maison : « pleine de monde - grands-parents, hôtes de passage, serviteurs, indiens -, mais également pleine de fantômes » (celui de sa mère absente en particulier).

INFLUENCE LIBÉRALE

Juste après la naissance de Gabriel, son père décide de devenir pharmacien, en autodidacte. En 1929, il quitte Aracataca en compagnie de sa femme. Le garçon sera élevé par ses grands-parents, dans une maison transformée aujourd'hui en musée. Sa formation intellectuelle ainsi qu'un certain sens de la démesure lui viennent du colonel Marquez, son grand-père libre-penseur qui, pour meublerl'ennui d'un temps immobile, lui ressassait inlassablement ses souvenirs de la guerre des Mille Jours : une dévastatrice guerre civile qui, entre 1899 et 1902 opposa le camp « libéral » (dont il faisait partie) et celui des « conservateurs », et se solda par la victoire de ces derniers.
A ce « Papalelo », comme il le surnomme, le futur écrivain doit aussi les fondements de sa conscience politique et sociale. Le colonel faisait en effet partie des personnalités colombiennes qui s'étaient élevées contre le « massacre des bananeraies » : en décembre 1928, des centaines d'ouvriers agricoles en grève (1 500 selon certaines sources) avaient été tués par l'armée colombienne, sous la pression des Etats-Unis qui menaçaient d'envahir le pays avec leur marines si le gouvernement n'agissait pas pour protéger les intérêts de la compagnie américaine United Fruit. Dans Cent ans de solitude, son œuvre majeure, l'écrivain retrace sous forme de fiction cet épisode sanglant. 

A huit ans, il part rejoindre ses parents qui l'enverront en pension chez les jésuites dans la ville de Baranquilla, puis à Bogota. Il publie ses premiers écrits dans la revue du collège. Baccalauréat en 1946, études de droit- vite abandonnées - et premières collaborations dans la presse : c'est en tant que journaliste que Garcia Marquez entre dans la vie publique. Lectures classiques : Kafka, Joyce, Virginia Woolf, Faulkner, Hemingway… Mais les influences ne jouent que sur la forme. Le fond, ce sera l'impalpable, le culte du surnaturel, des fantômes et des prémonitions transmis par sa grand- mère galicienne quand elle se levait la nuit pour lui raconter les histoires les plus extraordinaires de revenants, sorcières et nécromanciennes. Ainsi Marquez s'insère-t-il naturellement dans un courant littéraire hispanique et latino-américain incarné par Alvaro Cunqueiro, Miguel Angel Asturias et Alejo Carpentier: le réalisme magique ou le réel merveilleux.
Photo de Gabriel Garcia Marquez en 1972 (lieu inconnu).

En 1955, le jeune journaliste découvre la vérité sur la catastrophe du Caldas : ce destroyer de la marine colombienne, le pont surchargé de marchandises de contrebande, avait perdu huit hommes d'équipage dans la mer des Caraïbes lorsque les câbles de cette cargaison illicite avaient lâché. Les officiers avaient prétendu avoir affronté une terrible tempête. Après cent-vingt heures d'entretiens avec le seul rescapé, Garcia Marquez publie une série de quatorze articles, rédigés à la première personne et signés par le marin, qui seront repris en 1970 dans un livre sous le titre Journal d'un naufragé. Les lecteurs de EL Espectador s'arrachent le récit. Craignant les représailles du régime militaire alors au pouvoir, la direction du quotidien envoie Garcia Marquez en Europe.

FLN ET RIDEAU DE FER

Il arrive à Paris en pleine guerre d'Algérie, fréquente les milieux du FLN et, pour délit de faciès, s'expose ainsi aux « ratonnades » alors pratiquées par la policefrançaise. Jeune homme de gauche, proche des communistes, il effectue des voyages dans les pays de l'Est. Malgré ses préférences politiques, ses visites lui laissent une impression plutôt sinistre, consignée dans 90 jours derrière le rideau de fer (1959). Lorsque le dictateur Rojas Pinilla interdit El Espectador, le journaliste Garcia Marquez se retrouve sans travail. Il écrit et survit, en attendant la gloire et l'argent.
Sa compagne d'alors fait des ménages, lui ramasse papiers, journaux et bouteilles vides pour les vendre. Ces années impécunieuses trouveront leur écho, en 1961, dans Pas de lettre pour le colonel. L'année suivante paraîtront le roman La Mauvaise heure et Les Funérailles de la grande Mémé, un recueil de huit nouvelles : sortes de « moyens métrages » et, en quelque sorte, d'esquisses préfigurant ce que sera, cinq ans plus tard, Cent ans de solitude.
Entretemps, Garcia Marquez est revenu en Amérique Latine. Il y a épousé, en 1958, son amour d'adolescence Mercedes Barcha. Jamais ils ne se quitteront.

Gabriel Garcia Marquez et sa femme Mercedes Barcha en Colombie, en 2007.

Deux fils sont nés de cette union : Rodrigo qui, après des études d'histoire médiévale à Harvard, deviendra réalisateur de cinéma et Gonzalo, qui sera enseignant à Paris. En 1961, Garcia Marquez, qui travaille pour l'agence de presse cubaine Prensa Latina, effectue en journaliste et en ami du nouveau régime castriste une première visite à Cuba. Puis il se rend à New York en attente d'un visa pour le Canada, où l'agence l'a chargé d'ouvrir un bureau. Mais l'affaire tarde, ne se réalise pas et le journaliste écrivain, qui s'ennuie, embarque en bus sa petitefamille pour le Mexique, le pays où il passera la plus grande partie de sa vie.

LE CHOC DE « CENT ANS DE SOLITUDE »

C'est quelques années plus tard qu'il va, d'un seul coup, accéder définitivement à la célébrité mondiale. Dès sa publication en 1967, à Buenos Aires, l'engouement rencontré par Cent ans de solitude (publié en français par Le Seuil en 1968) est extraordinaire. Tous les lecteurs d'Amérique Latine connaissent de mémoire sa première phrase : « Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. « A la fois épopée familiale, roman politique et récit merveilleux, c'est « le plus grand roman écrit en langue espagnole depuis Don Quichotte », selon le poète chilien Pablo Neruda. L'écrivain y déploie, sans une seconde d'enlisement ni de distraction, son langage puissant, à la fois exubérant et parfaitement maîtrisé.

Depuis la fondation du village fictif de Macondo, se déploie, sur six générations, l'histoire de la famille Buendia, une sorte de dynastie dont le destin est lié à la chronique mythologique du continent. Toute l'Amérique latine se reconnaîtra bientôt dans cette saga héroïque et baroque. Cinq ans après sa sortie, Cent ans de solitude aura déjà été publié dans vingt-trois pays et se sera vendu à plus d'un million d'exemplaires rien qu'en langue espagnole. On sait que Garcia Marquez fut sincèrement abasourdi par le succès de ce livre. Il l'attribua au fait qu'il était d'une lecture facile, avec son enchaînement de péripéties fantastiques. Toujours est-il que son impact contribua à la notoriété internationale des autres écrivains du « boom latino-américain », de Juan Rulfo à Mario Vargas Llosa, en passant par Jorge Luis Borjes, Julio Cortazar et Carlos Fuentes.

Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, en 2000.

LA « GUERRE DE L'INFORMATION »

Garcia Marquez, meurtri et révolté par la dictature installée au Chili depuis le coup d'Etat du général Pinochet en septembre 1973, se refuse, pour un temps, à écrirede nouveaux romans et préfère s'engager dans ce qu'il appelle « la guerre de l'information ». Il contribue dans son pays à la création d'une revue indépendante,Alternativas, fustige le capitalisme et l'impérialisme, prend la défense du tiers-monde et soutient publiquement, sans états d'âme apparents, le régime de Fidel Castro.
En 1982, les jurés de Stockholm lui décernent le prix Nobel. Les rues de son village se couvrent de banderoles: « Aracataca, capitale mondiale de la littérature». Il assistera à la cérémonie vêtu du « liqui-liqui », le costume blanc traditionnel de la côte caraïbe, au lieu du smoking protocolaire. Son discours de réception est un fougueux plaidoyer pour l'Amérique latine dont il décrit la « solitude » face « à l'oppression, au pillage et à l'abandon », alors même que les dictatures s'y multiplient.

Son évocation de « cette patrie immense d'hommes hallucinés et de femmes historiques, dont l'entêtement sans fin se confond avec la légende » - résonne dans tout le continent. Après le Nobel, Garcia Marquez tourne le dos à Macondo et à l'univers prodigieux de son enfance. Désormais, sa production se situera, pour l'essentiel, à mi chemin entre le journalisme, l'histoire et le roman populaire.

« LES ROMANCIERS NE SONT PAS DES INTELLECTUELS »

Plus tard, ni L'Amour au temps du choléra (1985), ni Le Général dans son labyrinthe (1989), ni sa dernière fiction Mémoires de mes putains tristes (2004), ne remporteront le succès des œuvres précédentes. Qu'importe. Gabo est devenu une référence. On le sollicite - notamment à plusieurs reprises comme médiateur lors des pourparlers de paix engagés avec la guérilla colombienne -, on le consulte sur tous les sujets. Garcia Marquez n'est pas dupe. « Je suis un romancier, disait-il, et nous, les romanciers, ne sommes pas des intellectuels, mais des sentimentaux, des émotionnels. Il nous arrive à nous, Latins, un grand malheur. Dans nos pays, nous sommes devenus en quelque sorte la conscience de notre société. Et voyez les désastres que nous provoquons. Ceci n'arrive pas aux Etats-Unis, et c'est une chance. Je n'imagine pas une rencontre au cours de laquelle Dante parlerait d'économie de marché. »

Au delà de la politique et de la mythologie, Garcia Marquez n'aura jamais cessé d'élaborer un immense discours sur la mort et sur la solitude, que ce soit dansLes Funérailles de la Grande MéméL'Automne du patriarcheChronique d'une mort annoncée et, bien entendu, Cent ans de solitude qui porte sur la fin d'une dynastie et d'une civilisation. « Je pense évidemment à la mort », avait-il déclaré. « Mais peu, aussi peu que possible. Pour en avoir moins peur, j'ai appris à vivreavec une idée très simple, très peu philosophique : brusquement tout s'arrête et c'est le noir absolu. La mémoire est abolie. Ce qui me soulage et m'attriste, car il s'agira là de la première expérience que je ne pourrai pas raconter. »

Antisionisme : une idéologie génocidaire..


Par les temps qui courent, il est de bon ton de masquer son antisémitisme  derrière le paravent de l’antisionisme, bien plus respectable a priori. User habilement de ces deux termes, en s’appuyant sur l’un pour nier l’autre, permet aux antisionistes d’entretenir une double confusion.
La première confusion est propre au terme « antisémitisme ». Pour les antisionistes, l’accusation d’antisémitisme est caduque du fait même qu’étymologiquement, il ne s’applique pas qu’aux juifs mais à tous les peuples sémites, arabes inclus. Les antisionistes les plus cultivés (il y en a) bottent donc en touche en arguant qu’il serait plus opportun de parler d’antijudaïsme ou de judéophobie. Deux nouveaux termes qui ajoutent à la confusion et permettent de brouiller encore davantage les pistes.
Le premier de ces termes, « antijudaïsme », désigne selon Wikipedia une hostilité à la religion juive. Ce mot ne s’applique donc pas aux antisionistes, qui légitiment leurs discours et leurs actes par le soutien à leur cause de groupes religieux juifs, ultra-minoritaires certes, à l’image de Naturei Karta, mais qui ont le tort d’exister. Le terme «  judéophobie » désigne quant à lui une hostilité à la communauté juive, juifs antisionistes inclus. On se rapproche donc de la notion d’antisionisme sans parvenir à faire concorder avec précision les deux idées.
La seconde confusion est liée au terme « antisionisme », et ce grâce à une manipulation sémantique introduite par les antisionistes eux-mêmes pour justifier leur idéologie. L’antisionisme, selon eux, se résume à la lutte contre une mainmise supposée d’un pays, Israël, et d’une communauté, les juifs, sur le reste du monde.
Résumons : l’antisioniste ne peut pas être antisémite puisqu’il ne s’attaque pas aux arabes. Il ne peut pas non plusêtre antijuif puisqu’il lui est le cas échéant donné d’avoir pour alliés des juifs religieux. Il peut à la rigueur être judéophobe sans que cela soit systématique.
L’antisioniste n’est donc qu’antisioniste et cela lui donne, croit-il, toute légitimité et respectabilité. Mais il n’en est rien et c’est là que l’antisioniste commet une lourde erreur.
Les antisionistes définissent leur doctrine comme une opposition au sionisme qui consiste en… en quoi au juste ? La charte d’Egalité & Réconciliation ne mentionne pas ce mot, que son président et ses militants brandissent pourtant tel un étendard, une sorte d’épouvantail en forme d’hydre capitaliste ultralibérale ou de pieuvre mondialiste aux contours vagues, dont on sait juste que sa tête de pont pour conquérir le globe est l’Etat d’Israël. La charte du parti antisioniste, quant à elle, parle bien de sionisme, ce qui est logique. D’ailleurs, elle aime tellement ce mot qu’elle le matraque jusqu’à plus soif, sans en donner clairement la définition.
Donc, il est bon de rappeler que le sionisme est un mouvement politique né au XIXème siècle et ayant pour but d’établir un foyer de peuplement juif, si possible en Palestine. Le premier constat que nous pouvons faire est donc que le sionisme, au sens premier du terme, est mort dès lors que l’État d’Israël a été créé. On peut aisément en déduire que les antisionistes ont deux siècles de retard, mais passons.
Le sionisme, dans son sens moderne, ne peut donc que désigner la volonté de faire perdurer ce foyer de peuplement juif en Palestine. Le sioniste est donc celui, juif ou non, qui reconnaît la légitimité de l’Etat d’Israël, reconnaît à ce pays le droit d’exister, de faire ses propres choix politiques et sociétaux, de développer ses propres modèles économiques, etc. Et bien entendu, le sionisme reconnaît à ce pays le droit de se défendre et d’assurer sa sécurité.
A la lumière de ces définitions, qu’en est-il de l’antisionisme ? Si le préfixe anti- marque l’hostilité ou l’opposition, n’oublions pas qu’il indique également l’idée de neutralisation, voire d’extermination. Un anti poux a pour vocation d’éradiquer les poux. Un antiseptique a pour vocation d’éliminer toutes sortes de bactéries. De même, l’antisionisme a pour vocation d’exterminer l’Etat d’Israël, d’exterminer, de chasser ou de déporter les populations juives qui y vivent, et de faire taire par tous les moyens celles et ceux, juifs ou non, qui reconnaissent à Israël le droit d’exister.
L’antisionisme est donc loin d’être innocent. Il n’est pas une simple opposition à la politique d’un pays. Il constitue une idéologie génocidaire qui se pare des atours d’un militantisme humanitaire bon teint. Si l’antisémitisme est abject, comprenons que l’antisionisme l’est tout autant, et il est grand temps que le masque tombe. Que l’on ne prenne plus les antisionistes pour de joyeux agitateurs ou des boyscouts des droits de l’homme. Considérons-les pour ce qu’ils sont, les idéologues du prochain holocauste.

jeudi 17 avril 2014

La France orange mécanique à Evry : “violée parce que toutes les Françaises sont des putes...



Ce qui s'est passé dans cette ville de l'Essonne donne envie de vomir. Mais aussi permet de s'interroger sur une surdité collective.

Cela s'appelle un fait divers. Et les faits divers n'intéressent plus personne. En tout cas ni les journaux, ni les radios, ni les télés. Pourquoi ? Parce qu'il y en a trop ? Parce que c'est répétitif et lassant ? Pour une autre raison moins avouable ? C'est pour ça que Laurent Obertone les a recensés dans son livre "France Orange mécanique"
Le Parisien en a fait quelques lignes. Et ça a été relayé un peu par Valeurs Actuelles, toujours vigilants en la matière. Une jeune fille de dix huit ans sort du RER. Sous la menace d'un couteau elle est entraînée dans un terrain vague. Et pendant deux heures elle est violée et re-violée. Torturée. Battue jusqu'au sang. Il faut bien que jeunesse se passe…
Les auteurs ont été arrêtés. Des mineurs dont un multirécidiviste déjà condamné pour viol. Ils vivent dans un foyer de la région. Ils sont âgés de 11 (11 ans !) à 17 ans. Un juge les a mis en examen pour viol avec "actes de barbarie". Interrogé par lui ils ont invoqué une circonstance atténuante : "toutes les Françaises sont des putes." Ce qui leur a valu une inculpation supplémentaire pour "racisme".
Alors parlons-en. Pourquoi ? Non pas pour eux : ils sont déjà perdus. Mais pour leurs copains, leurs familles, leurs amis. Pour des milliers d'autres qui doivent savoir que ce genre de sauvagerie ne sera ni accepté ni impuni. Pour des millions d'autres qui, eux, ont besoin de savoir qu'ils seront protégés et que les criminels seront punis. C'est ce qui se passerait si les journaux faisaient leur travail au lieu de s'intéresser uniquement à un notaire escroc, un conseiller municipal corrompu, ou un banquier indélicat.
On vérifiera au moment du procès des jeunes barbares la publicité accordée au verdict. Quant à Marseille un voyou tue un autre voyou à la kalachnikov ça fait du bruit. Beaucoup de bruit. Les ministres défilent les uns après les autres dans la citée phocéenne. Et même le premier d'entre eux. Mais il semblerait qu'une jeune fille violée ne vaut pas un dealer abattu…
Naguère pour évoquer les petits faits divers (rien à voir avec celui-ci) on parlait dans les journaux de "chiens écrasés". Cela valait juste quelques lignes. Mais le viol d'Evry aurait certainement fait la "Une". Pierre Lazareff, grand journaliste s'il en fut, répétait cette maxime à ses collaborateurs. "Un chien qui mord un homme c'est sans intérêt, mais un homme qui mord un chien…

" Eh bien nous y sommes. Des hommes sont devenus des chiens. Ils sont là. Et parmi eux de plus en plus de loups.

Les terroristes de l’ OLP et du Hamas sont inquiets :“Morty” arrive...


Les Industries militaires Israéliennes développent un obus de mortier guidé par GPS, résolvant le problème de la précision, qui offre à l’armée une réponse foudroyante aux cellules terroristes de Gaza et ailleurs.
Tenons-nous là, la réponse appropriée aux lancements de roquettes par les cellules terroristes de Gaza ? Tsahal est sur le point de recevoir un nouveau modèle d’obus de mortier guidé par GPS, développé par les Industries militaires. L’arme est conçue pour délivrer une frappe rapide et cinglante contre les cellules terroristes, particulièrement celles présentes à Gaza, et elle a reçu le nom original de « Morty » (Patzmi, un jeu de mots sur l’acronyme hébraïque désignant le « mortier »)
“Les obus de mortiers ont toujours été considérés comme des armes imprécises qui ne frappent que la zone ciblée, mais pas la cible elle-même », rappelle une source sécuritaire à Ynet. « Transformer l’obus de mortier en arme de précision, à l’aide d’un GPS est une véritable révolution sur le champ de bataille »

’Morty’ le nouvel obus de mortier de Tsahal.

Jusqu’à présent, Tsahal était équipé d’obus et de bombes de tailles variées pouvant être tirés aussi bien depuis l’espace aérien que depuis le sol (tels que les missiles Tammouz, un missile électro-optique avancé, principalement utilisé près de la frontière avec la Syrie). Cependant la récenteescalade dans le Sud, les conditions météorologiques changeantes et les nuages bas rendent parfois difficiles l’atteinte des cibles avec précision.
Les spécificités techniques de Morty

Le succès des tests récents a poussé les Industries militaires à annoncer que ces obus de mortiers sont, dès à présent, opérationnels. Le « Morty » a une portée opérationnelle de 8 kilomètres et un niveau de précision de plusieurs mètres, grâce aux détails de localisation entrés dans le système GPS et il est aussi considéré comme relativement peu coûteux, en comparaison à d’autres obus de mortier.

“Morty” sera disponible pour les unités de mortier au sein des bataillons d’infanterie et sera adaptéaux canons de 120 mm. Ce missile pourra être tiré depuis un véhicule de transport de troupes, et sera également proposé à la vente aux armées alliées combattant sur des tarrains comme en Irak et en Afghanistan.

L’ogive du missile peut être programmée pour exploser à un ou deux mètres au-dessus de la cible et pas seulement quand elle entre en contact avec elle.
Cette possibilité augmentera la capacité létale des shrapnel qui se diffusent contre les cibles, telles que des cellules terroristes qui se cachent dans des bâtiments, sur des terrains vagues ou dans des véhicules blindés.

PS : de quoi, sans doute, passer leur rire sarcastique aux Gardiens de la Révolution, suite à deux tirs anticipés sans motif du "Dôme de Fer". Jusqu’à présent, on pouvait croire qu’Israël évitait le conflit en s’en tenant à une mesure préventive et défensive, contre les tirs terroristes, grâce au Dôme de Fer. Désormais, son petit frère offensif est "dans les tuyaux" :

Les Iraniens se moquent de Dôme de fer

Après des tirs accidentels de deux projectiles par la batterie anti-missiles Dôme de fer installée près d’Eilat mardi, les Gardiens de la révolution en Iran ont déclaré ironiquement jeudi que le système anti-missile israélien représentait un danger pour l’Etat hébreu.

La République islamique d’Iran s’est moquée du système anti-missile israélien Dôme de fer, évoquant ses "piètres" capacités technologiques, selon l’agence de presse iranienne Fars.

"Cela démontre que non seulement le Dôme de fer est incapable d’assurer la sécurité des occupants, mais également que le système lui-même constitue une menace sérieuse pour les sionistes", a déclaré sarcastiquement le général Ramezan Sharif, qui gère les relations publiques du pays.

Le raté de mardi "prouve une nouvelle fois la faiblesse du dôme", a-t-il ajouté.



Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? démarre en trombe...


BOX OFFICE - La comédie de Philippe de Chauveron avec Christian Clavier et Chantal Lauby fait un tabac dès son premier jour d'exploitation, à l'égal de Bienvenue chez les Ch'tis, de Dany Boon en 2008.

Dès sa sortie aujourd'hui, Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu? arrive en tête de toutes les entrées du jour et s'achemine vers un triomphe. 
À Paris, à 14 heures, la comédie de Philippe de Chauveron qui tente de dynamiter les préjugés racistes, semble bien partie pour entrer dans le club très fermé des comédies qui ont enregistré entre 5000 et 10.000 entrées dès leur premier jour d'exploitation.
On se souvient par exemple que le 27 février 2008, lors des premières séances parisiennes, la comédie de Dany BoonBienvenue chez les Ch'tis avait fait un score de 5 775 entrées pour vingt-six copies. 
Même chose pour Intouchables d'Éric Toledano porté par le duo François Cluzet-Omar Sy , qui démarrait en novembre 2011 avec 5 794 entrées au Box office premier jour, à Paris 14h.
Après la capitale et les projections en amont en province,Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? devrait donc se situer entre Bienvenue chez les Ch'tis, et Intouchables. Un démarrage pour le moins foudroyant.
Sorti en 2008, fort de 20.489.303 entrées, la comédie du «Ch'ti» humoriste avait obtenu le deuxième meilleur score du box-office français, derrière le Titanic de James Cameron (20.758.887 entrées). 
Après une semaine d'exploitation dans la région de Lille, dans le Nord-Pas-de-Calais où il a été tourné, le film avait déjà cartonné avec plus de 500.000 entrées. Trois jours après sa sortie nationale, il triomphait avec plus d'un million de billets vendus. 
Intouchables, sorti en 2011, l'avait suivi de près avec 19,44 millions d'entrées. Et avait valu à Omar Sy le César du meilleur acteur.