mercredi 20 juin 2018

Goldman brothers....


Pierre et Jean-Jacques, si proches, si lointains


La journaliste Ambre Bartok publie un beau portrait de Pierre Goldman et Jean-Jacques Goldman, deux frères qui ont embrassé deux destinées parallèles. Le génie dialectique de l’un, l’engagement artistique et humanitaire de l’autre, s’enracinent dans une même lignée ashkénaze saignée par les drames du XXe siècles. 


Qui se souvient de Pierre Goldman ? Ce nom évoque parfois aux fans du chanteur Jean-Jacques Goldman, son frère assassiné à seulement trente-cinq ans en 1979, resté célèbre pour son procès, ses deux livres fracassants et son style inimitable d’intellectuel marxiste frayant avec les voyous. Vendus à 60 000 exemplaires en quelques semaines, ses Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France retracent sa destinée de révolutionnaire en quête de révolution, entre hold-ups parisiens et épopée vénézuélienne. « J’étais disponible pour toute aventure (révolutionnaire), si désespérée fût-elle, pourvu qu’elle me jetât dans un affrontement authentique, historique», glissa-t-il à ses lecteurs.

Du Yiddishland à Paris

Styliste à nul autre pareil, maniant l’imparfait du subjonctif comme un prêcheur du Grand Siècle, le héraut tombé sous les balles d’un mystérieux commando (ETA, droite radicale, ex-guerilleros vénézuéliens ?) est à l’honneur du livre d’Ambre Bartok sobrement intitulé Les Goldman (Pygmalion, 2018).
Dans cet exercice d’admiration au style ciselé, l’ex-journaliste de Canal + reconstitue avec maestria l’humus familial askhénaze. Modestes commerçants engagés dans la Résistance au nom d’idéaux universalistes, Alter Mojze Goldman (« ce petit tailleur juif reconverti en mineur ») et Ruth Ambrunn Goldman sont nés au cœur du Yiddishlandavant de gagner la France, cet eldorado qui aurait pu devenir leur tombeau. Si Pierre est né d’une première union d’Alter Mojze avec une Juive polonaise revenue au pays pour y mener son combat communiste, Ruth le reconnut également comme son fils, au même titre que Jean-Jacques. Chez ces Juifs idolâtrant le savoir, il est entendu que « l’askhénaze ne sait pas reposer son esprit », qu’il déploie son génie intellectuel comme Pierre, ou l’emploie à l’étude du piano et du violon façon Jean-Jacques. Fille de psychanalyste d’origine hongroise, Ambre Bartok sait de quoi elle parle lorsqu’elle dépeint ces tablées modestes où l’amour filial se dispense d’une débauche de cris et de gestes.
Saigné par la Shoah, l’Askhé se tourne pour pleurer, versifier ou composer des chansons, à l’instar du très discret Jean-Jacques Goldman, depuis longtemps fâché avec des journalistes qui l’atterrent. Aux tubes du cadet, dont l’auteur exagère sans doute la portée philosophique, répondent les méditations de l’aîné Pierre, lequel « a écrit sur le judaïsme plus que sur tout autre sujet » en un temps où gauche radicale et judéité n’étaient pas des sœurs fâchées. Effaçons-nous un instant devant sa finesse dialectique : « Les juifs sont le peuple de l’exil infini et ils sont également le peuple du Livre qui n’a jamais pris à la lettre la lettre du Livre : les juifs sont le peuple de la fidélité absolument infidèle, de l’optimisme absolu absolument pessimiste, des croyants absolus absolument mécréants, le peuple du dogmatisme absolu absolument sceptique. » Jean-Jacques, athée mais « aussi juif qu’un rabbin » confesse ne pas connaître la signification exacte de Roch Hachana mais qu’importe, le fil de la transmission traverse ce fils de héros. « Où qu’il soit diasporé, l’askhénaze depuis les camps ne croit plus en Dieu dans sa majorité », constate Bartok.

Quelques années à Fresnes

C’est certainement en pensant à sa lignée remontant au fond des âges que l’auteur-compositeur-interprète a osé déclarer en 1996, tandis qu’on l’interrogeait sur Israël : « Je ne suis pas du tout persuadé, comme Mme Rabin, qu’en étant plus gentil, la paix peut survenir (…) On n’est pas en Bretagne ! »
Tout aussi pétri d’identité juive, Pierre Goldman avouait néanmoins ne pas pouvoir adhérer au projet israélien. Non qu’il adhère au prêchi-prêcha humanitariste qui dégouline aujourd’hui sur l’extrême gauche pro-pal. L’homme était simplement réfractaire aux nations, à commencer par la France, qu’à la différence de Jean-Jacques, il percevait comme une patrie antisémite. A sa décharge, son procès pour assassinats dans une pharmacie du boulevard Richard-Lenoir (un acte perpétré fin 1969 qu’il nia jusqu’à sa mort et reste inélucidé depuis) fut émaillé de dépositions aux relents judéophobes. Libéré après quelques années de détention à Fresnes qui lui inspirèrent des lignes exaltées, tel un poète infréquentable, l’interlope Pierre, amateur de musique cubaine, ne pouvait souffrir la France de papa, qu’il croyait engoncée dans son pétainisme larvé. Lorsqu’ils n’étaient pas voyous, les amis de ce fou génial avaient pour nom Serge July, Alain Krivine, ou Pierre Bénichou, là où son frère fraie avec la gauche socialiste tout en écrivant pour Céline Dion, Johnny Hallyday mais aussi Ray Charles et Joe Cocker.
Le regretté Pierre Goldman a laissé deux livres, dont L’Ordinaire mésaventure d’Archibald Rapoport, roman dont le héros s’appelle Archibald Israël de façon à ce « qu’une absurdité atténuât et cachât la pesanteur du second prénom », comme il s’en amusait.

Un authentique écrivain

C’est peu dire qu’Ambre Bartok nous transmet le goût de sa prose. Son livre-portrait refermé, je me suis précipité sur les sites d’occasion pour me constituer une petite bibliothèque Pierre Goldman. Happée par son sujet, Bartok nous prouve sans difficulté la nature du mensch Jean-Jacques Goldman, certes richissime mais humble, aussi soucieux de l’avenir de ses enfants qu’engagé dans Les Restos du cœur et autres bonnes œuvres. Quant à Pierre, attend-il vraiment une réhabilitation ? Son esprit grinçant, qui transparaît ici et là dans des saillies de son frère, ne s’accommode guère de moraline. Ainsi vogue la littérature.
Les Goldman, Ambre Bartok, Editions Pygmalion, 2018.
Source: Causeur.fr

Des vacances de cœur. La jeunesse d’Eli...


Il faut bien que jeunesse se passe! Eh oui, elle peut aussi se passer de la plus belle des façons. En Israël, ces fameux ados qui sont souvent l’objet de préoccupations ont une corde originale à leur arc: le volontariat. Cette caractéristique est très répandue et elle s’exprime particulièrement pendant les grandes vacances.
Nous vous proposons de découvrir un de ces projets, la kaytana Lev El Lev des jeunes du Yichouv Eli.

Un projet devenu une tradition incontournable
Depuis 10 ans maintenant l’été de plus de 120 adolescents d’Eli, qui ont entre 15 et 18 ans, est rythmé par cette kaytana pas comme les autres. Le but de leurs vacances est d’organiser et d’animer un centre aéré d’une semaine en pension complète pour des jeunes handicapés mentaux. Ambitieux, direz-vous? Rien ne fait reculer la jeunesse d’Eli. Et pourtant, ce n’est pas une mince affaire.
En effet, comme dans tout projet, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Ainsi, depuis Pessah déjà cette jeunesse incroyable ne manque pas d’idées pour récolter la somme importante nécessaire pour une telle organisation. Qui a dit que les ados étaient paresseux?! Pour rien au monde, ils ne rechignent à la tâche: ”Depuis Pessah, nous commençons à faire différentes opérations et activités pour gagner de l’argent. Nous tenons des stands de nourriture à chaque événement dans le yichouv, nous lavons les voitures, nettoyons les maisons. Nous allons aussi à la rencontre des gens, notamment à Jérusalem, et nous leur expliquons notre projet et leur demandons d’y participer par un don”. Ce n’est pas moins de 100000 shekels dont ils ont besoin pour mener à bien leur projet !
Les jeunes d’Eli sont motivés et ont bien conscience de la responsabilité qui pèse sur leurs épaules. Bat Ami, une des responsables de la kaytana le résume: ”Ce camp d’été représente beaucoup pour les jeunes dont nous nous occupons. Il s’agit de les sortir de leur routine, de leur apporter de la joie, des rires et des expériences uniques. Pour leurs parents aussi c’est important: pendant une semaine, ils peuvent souffler leur quotidien n’est pas toujours facile”.
Alors même s’ils avouent que la collecte de fonds n’est pas aisée et qu’ils doivent persévérer, ils savent que le jeu en vaut la chandelle et ils sont prêts à recommencer chaque année.
Distribution de bonheur!
L’aspect financier mis de côté, organiser une semaine de centre aéré est un travail colossal. Ajoutons à cela qu’il s’agit d’occuper des jeunes handicapés, on comprend l’ampleur de la mission que se sont fixés les jeunes d’Eli. Le camp est organisé en partenariat avec une association d’enfants aux besoins particuliers, Ale Sia’h. Elle fournit aux organisateurs et aux animateurs l’encadrement médical nécessaire. Pour le reste, ce sont les ados du yichouv qui s’occupent de tout. Et l’investissement est de taille: piscine, ateliers manuels, théâtre voire kayak ou sortie au Luna Park ! ”Pour nous aussi, c’est beaucoup d’amusement”, affirment-ils. Les gestes de la vie quotidienne sont aussi assurés par cette équipe: les repas, les douches, les dortoirs, tout est géré avec bonne humeur.
L’encadrement est strict, chacun des 70 participants se voient accompagnés d’un voire deux animateurs. L’ambiance est telle que les liens qui se nouent sont très forts. ”Ces enfants sont très attachants”, nous confie Bat Ami, ”même si certains ne savent pas exprimer leurs sentiments, nous les comprenons. On voit aussi des sourires, on entend des rires, c’est un bonheur pour nous aussi. Nous éprouvons beaucoup de satisfaction à faire du bien autour de nous”.

”Stop aux écrans, nous voulons du sens”
Cela pourra paraitre surprenant, mais ces ados d’Eli le reconnaissent volontiers: ”Les écrans, ça suffit! Nous voulons donner du sens à nos vacances, faire quelque chose de grand, de profond”. Cette mentalité les pousse à passer leur confort personnel en second plan, à une période où pourtant on pourrait ne penser qu’à soi, à sortir entre amis ou à faire la grasse matinée. Ce programme n’effleure même pas les jeunes de l’équipe de Lev el Lev et apparemment ils ne seraient pas les seuls. Pour Bat Ami ”beaucoup de jeunes ne demandent que ça mais ils n’en ont pas toujours la possibilité. Le Yichouv Eli nous donne les infrastructures nécessaires pour mener à bien notre projet alors nous en profitons. Aujourd’hui, on peut voir que notre kaytana a donné des idées dans d’autres yichouvim. Nous en sommes très heureux”.
Et ce n’est pas non plus par hasard que la jeunesse d’Eli se donne à fond pour des enfants handicapés. Pour eux, la valeur suprême c’est le hessed, aider son prochain. ”Au début, on peut avoir une appréhension”, reconnait Bat Ami, ”mais très vite on apprend à connaitre ce monde. Cette année, les animateurs auront un jour de préparation, mais à vrai dire, on se laisse emporter par le rythme de la semaine et tout se passe à merveille”.
Ils reconnaissent que l’organisation et la gestion de cette kaytana est difficile. Mais au bout du compte, c’est un défi qu’ils se plaisent à relever, dans lequel ils s’épanouissent et qui leur donne des leçons pour la vie.
Pour aider les jeunes d’Eli:
FaceBook: קייטנת לב אל לב נוער עלי

Israël a mené l’attaque aérienne près d’Abu Kamal ©


Un responsable américain anonyme : Israël a mené une attaque aérienne près d’Abu Kamal. 

DEBKAfile : Les milices irakiennes pro-iraniennes prises pour cibles

Un responsable américain a révélé que la frappe aérienne du dimanche 18 juin, qui a tué des dizaines de combattants (52 selon l’OSDH) près de la ville frontalière syro-irakienne d’Abu Kamal, a été menée par Israël.
Des sources syriennes ont rapporté qu’entre 40 et 50 combattants de l’armée syrienne et de la milice chiite irakienne ont été tués.
Un commandant de l’alliance militaire soutenant Assad a également déclaré à Reuters que des drones, “probablement américains”, avaient bombardé des positions de factions irakiennes entre Albu Kamal et Tanf et des positions militaires syriennes.
Les sources des renseignements militaires de DEBKAfile révèlent que la frappe aérienne israélienne, si le compte-rendu du responsable américain est confirmé, était une opération majeure pour endiguer l’afflux de plusieurs brigades de la milice irakienne pro-iranienne Kata’ib Hizballah. Cette milice fait partie de l’organisation coordinatrice des Forces de mobilisation populaire (PMU), qui prend ses ordres du chef Qassem Qassem d’Iran, le général Qassem Soleimani.
Nos sources ajoutent que les brigades Kata’ib Hizballah étaient en route vers le sud-ouest de la Syrie pour se déployer le long des frontières israéliennes et jordaniennes. La frappe aérienne a causé des ravages majeurs dans leurs rangs et un plus grand nombre de victimes que rapporté. En conséquence, ces brigades irakiennes se sont retirées de Syrie et sont revenues de l’autre côté de la frontière irakienne.
Les forces irakiennes, appuyées par des membres des Hashed al-Shaabi (unités de mobilisation populaire), avancent dans le désert occidental dans la région nord-irakienne d'al-Hadar, à 105 kilomètres au sud de Mossoul, le 23 novembre 2017, alors qu'elles tentent de les combattants du groupe État islamique restants (AFP / Stringer)
Les forces irakiennes, appuyées par des membres des Hashed al-Shaabi (unités de mobilisation populaire), avancent dans le désert occidental de la région nord-irakienne d’al-Hadar, à 105 kilomètres au sud de Mossoul, le 23 novembre 2017, alors qu’elles tentent de déloger les combattants du groupe État islamique restants (AFP / Stringer)
L’Irak a dénoncé mardi une frappe aérienne en Syrie attribuée à Israël dans laquelle plus de 50 combattants pro-régime, dont une vingtaine de membres d’un groupe paramilitaire irakien soutenu par l’Iran, ont été tués.
Le ministère irakien des Affaires étrangères a déclaré qu’il “exprime son rejet et sa condamnation des opérations aériennes ciblant les forces dans les zones où elles combattent Daesh, que ce soit en Irak ou en Syrie ou dans toute autre zone où se trouve un champ de bataille contre l’ennemi”, selon l’Agence de presse Reuters.
Le ministère a également appelé les pays à travailler ensemble contre les “groupes extrémistes”.
Le raid de bombardement a frappé Al-Hari, une ville proche de la frontière irakienne contrôlée par les milices régionales combattant dans cette guerre qui dure depuis sept ans en Syrie, aux côtés des forces du président Bachar Al-Assad.
Les autorités syriennes et les forces irakiennes ont pointé du doigt la coalition dirigée par les Etats-Unis, qui a nié être impliquée dans l’attaque de dimanche soir.
“Nous avons des raisons de croire qu’il s’agissait d’une frappe israélienne”, a déclaré lundi à l’AFP un responsable américain sous couvert d’anonymat.
Illustratif: Un combattant masqué des groupes paramilitaires Hashed al-Shaabi (Mobilisation populaire) pose pour une photo portant un fusil d’assaut Kalachnikov, sur des positions défensives à la périphérie de Tal Afar à l’ouest de Mossoul, le 18 février 2017. (AFP Photo / Ahmad Al -Rubaye)
Israël a refusé de commenter, mais une frappe aussi loin de sa frontière opérerait un sérieux virage, par rapport à la plupart des autres raids en Syrie attribués à Israël, qui se sont en grande partie déroulés plus près des frontières syriennes avec Israël et le Liban et jusqu’à Palmyre, lors des frappes contre la Base T4, entre autres.
La cible, apparemment des combattants de la milice irakienne chiite, marquerait également un changement pour Israël, qui n’a précédemment effectué que des frappes aériennes contre les forces iraniennes et ses supplétifs (essentiellement le Hezbollah), selon les reportages diffusés à l’époque.
Lors d’une réunion du cabinet dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti qu’Israël “prenait des mesures – contre les efforts visant à établir une présence militaire de l’Iran et de ses supplétifs en Syrie, à la fois près de la frontière et en Syrie. Nous allons agir contre ces efforts partout en Syrie. “
Le raid de dimanche a frappé dans une position contrôlée par le régime dans la ville frontalière et a laissé au moins 52 combattants morts, selon un observatoire basé en Grande-Bretagne.
Parmi eux se trouvaient des combattants de la puissante alliance militaire irakienne Hashed al-Shaabi, dont certains sont, au départ, entrés en Syrie pour combattre Daesh.
Le Hashed, soutenu par l’Iran, a affirmé que “les avions américains ont tiré deux missiles guidés sur une position fixe des unités Hashed al-Shaabi à la frontière avec la Syrie, tuant 22 combattants et en blessant 12″.
Les corps de trois combattants irakiens tués lors du raid ont été ramenés dans leur ville natale pour être enterrés, a indiqué le correspondant de l’AFP dans la ville de Nasiriyah, dans le sud de l’Irak.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme a indiqué qu’un total de 30 miliciens irakiens figuraient parmi les morts à Al-Hari, ainsi que 16 membres des forces syriennes et six combattants non identifiés.
Le Hashed a déclaré que ses combattants avaient été déployés le long de la frontière poreuse avec la Syrie sur les ordres des autorités irakiennes.
Cependant, lundi soir, le commandement militaire irakien a nié avoir positionné des forces en territoire syrien, impliquant que les combattants morts avaient agi sans son consentement, soit en suivant les directives de l’Iran et de lui-seul.
Regrettant les morts, le commandement a déclaré qu’il avait été assuré par la coalition qu’elle n’était pas responsable des frappes.

L’hégémonie du crétin......


Des auteurs italiens, Carlo Fruttero et Franco Lucentini, il y a bien des années, avaient publié un livre appelé La Prédominance du crétin*. Ils y traitaient du prêt-à-penser ambiant en Europe à l’époque. Depuis la situation s’est nettement aggravée. Et je pense qu’il serait utile de parler désormais d’hégémonie.

La France n’est pas le seul pays touché: le reste de l’Europe ne vaut guère mieux. Les Etats-Unis et le Canada ont aussi leur lot surabondant de crétins. Mais je trouve le crétinisme français très avancé, et porteur d’un mélange d’arrogance et de cuistrerie qui le rend particulièrement remarquable.
Un pays où, après avoir porté un Francois Hollande au pouvoir, on choisit de faire d’un Emmanuel Macron un Président, après le nombre d’imbécillités crasses et de phrases ignobles ou grotesques qu’il a pu proférer pendant la campagne électorale, est un pays en état de déliquescence mentale très avancée.
Mais c’est dans le domaine du journalisme que la France se distingue et atteint des niveaux de crétinisme presque insurpassables.
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J’ai déja eu l’occasion d’écrire que pour être un spécialiste à la française, il faut se tromper toujours, tout le temps et sur tous les sujets, et je continue à le penser. Cela vaut aussi pour les journalistes chargés d’analyser la politique internationale.
Et il m’arrive de me demander comment la plupart des journalistes chargés de la politique internationale en France sont formés, car ce sont vraiment des champions dans leur catégorie. Ils copient, certes, lorsqu’ils parlent de l’Amérique les accès de delirium tremens qui font désormais la quasi-totalité des programmes de CNN et de MSNBC, mais il parviennent toujours à y ajouter une touche personnelle qui les conduit à devenir burlesques tout en gardant un air docte et sérieux. Du grand art. On sent qu’ils s’entrainent.
Ils sont aussi les héritiers d’une longue tradition, et il est évident qu’ils veulent se montrer à la hauteur de ceux qui les ont precédé dans la carrière.
Il y a quarante ou cinquante ans, des abrutis qui, comme on dit, en tenaient déja une couche, et très épaisse, admiraient Jimmy Carter et trouvaient sa politique iranienne géniale, et s’extasiaient sur le libérateur Ruhollah Khomeini. Et ils ne se sont pas trompés à l’époque: comme chacun le sait, l’Iran sous Khomeini et ses successeurs est devenu une grande démocratie qui fait régner la paix, la liberté, et la prospérité.
Un peu plus tard, ils ont décrété que Ronald Reagan était un demeuré qui allait provoquer une guerre en qualifiant l’Union Soviétique d’“empire du mal”, et, quand le mur de Berlin, puis l’empire soviétique, sont tombés, ils ont su de source sûre que c’était grâce à la soudaine gentillesse de monsieur Gorbatchev, un type qui est censé s’être levé un matin en se disant, “bon, je vais faire tomber le mur de Berlin et faire s’effondrer l’empire que je dirige”. Ronald Reagan, pour les abrutis, n’a rien fait.
Strictement rien. Et il était entouré d’ignorants qui n’avaient pas le génie inhérent aux journalistes français.
Les successeurs des abrutis ont feint de verser une larme pour cacher leur jubilation quand le 11 septembre 2001, des islamistes ont attaqué les Etats-Unis. Puis, ils ont traité George Walker Bush de fasciste et d’analphabète parce qu’il a osé déclarer une guerre globale contre le terrorisme islamique. George Walker Bush n’avait pas compris ce qu’on comprend dans le raffinement délicat des salles de rédaction parisiennes : que lorsqu’on s’adresse aux terroristes islamiques, il faut le faire avec des fleurs semblables à celles qu’on dépose un peu partout où des attentats sont commis en Europe. On peut aussi, comme l’ont fait les Espagnols après l’attentat de Madrid, prendre des parapluies et déployer des banderoles sur lesquelles on écrit: la paz. Il n’y a eu aucun attentat aux Etats-Unis jusqu’à la fin de la présidence Bush, mais c’est juste, vous diront les successeurs des illustres abrutis, parce que George Walker Bush a eu une chance inexplicable.
Quand Barack Obama a été élu, les sucesseurs des successeurs des abrutis ont été saisis par une extase proche de l’orgasme. Barack Obama a tenté de mettre les Frères Musulmans au pouvoir dans tout le monde arabe sunnite, ré-enclenché la guerre en Irak et transformé une victoire en défaite, libéré de prison des gens aussi sympathiques qu’Abu Bakr al-Baghdadi, laissé passivement se créer l’Etat Islamique qui a servi de base de formation à des terroristes djihadistes qui ont ensuite fait des attentats par dizaines en Europe et ailleurs sur la planète, assisté passivement à la destruction de la Syrie, qui a fait plus de cinq cent mille morts, permis le glissement de la Turquie vers la dictature islamique, renversé Kadhafi, qui coopérait avec le monde occidental, permis l’enclenchement des vagues migratoires musulmanes qui ont submergé l’Europe en passant par les cotes turques et libyennes. Il a enfin passé un accord avec la République islamique d’Iran, principal financier du terrorisme islamique aujourd’hui, permettant à l’Iran de continuer ses activités nucléaires militaires (des simulacres d’inspections ont été prévues sur des sites choisis par l’Iran, et interdites sur d’autres sites, ceux où il se passait des choses sérieuses) et ses actions de soutien au terrorisme, et pour être certain que l’Iran se conduirait très nocivement, il a même permis à la République islamique de toucher 1600 milliards de dollars, qui se sont retrouvés dans les activités nucléaires de la Corée du Nord, et dans les actes criminels du Hezbollah, du Hamas et des milices Houthi au Yémen. Ils ont trouvé tout cela ab-so-lu-ment génial. Merveilleux. Extraordinaire.
Dès lors que les gouvernements européens ont espéré grappiller une fraction des 1600 milliards de dollars, ils ont trouvé admirable que les dirigeants européens reçoivent le sympathique Rouhani qui, en parallèle, continuait à ruiner l’Iran et à faire prononcer des peines de morts suivies d’exécutions capitales par centaines. Ils n’ont pas vu le moindre lien, même infinitésimal, entre tous les éléments que je viens d’énoncer, qui constituent la part essentielle du bilan de la politique étrangère d’Obama. Ils les ont considérés comme des éléments totalement dissociés les uns des autres. Et ils n’ont donc vu aucune relation de cause à effet, par exemple, entre la libération d’Abou Bakr al-Baghdadi par Obama et la création de l’Etat Islamique, ou entre le renversement de Kadhafi par Obama, le chaos qui a suivi (et qui est né sans doute d’un hasard inexplicable) et les vagues de migrants arrivant d’Afrique. Quand la Corée du Nord s’est dotée d’armes nucléaires grâce aux 1600 milliards de dollars. Obama a parlé de “patience stratégique”, et, pour montrer sa “patience”, a préféré aller jouer au golf ou au yoyo. Ils l’ont trouvé subtilement cool.
Puis Trump est arrivé, et ils ont, avec un instinct qui ne trompe pas, tout de suite compris qu’il était au moins aussi idiot et dépourvu de neurones que Ronald Reagan. Diriger pendant quarante ans une entreprise multinationale présente sur les cinq continents et l’avoir fait de manière efficace en faisant une fortune qui se compte en milliards est, selon eux, un signe avéré d’idiotie. Comme eux sont extrêmement intelligents, ils n’ont dirigé aucune entreprise et ont un livret A de caisse d’épargne. Quand Trump est sorti des accords de Paris censés lutter contre le réchauffement global anthropique qui n’existe pas, ils ont eu des vapeurs et ont cité tous les successeurs de Lyssenko qui sont payés par les Nations Unies pour siéger au GIEC et dire que le réchauffement global existe (si les successeurs de Lyssenko disaient la vérité, ils perdraient leur poste) : ils croient vraiment que les successeurs de Lyssenko disent la vérité, ce qui montre qu’ils sont plus bêtes que les successeurs de Lyssenko qui, eux, au moins, savent qu’ils mentent pour toucher leur chèque.
Ils ont ensuite eu une crise d’apoplexie quand Trump est sorti de l’accord avec l’Iran : ils ont affirmé comme un seul homme qu’un accord qui permet des simulacres d’inspection et qui a permis à l’Iran de continuer à financer le terrorisme islamique et le régime nord coréen est un accord impeccable et exemplaire, et ils ont fait comme s’ils croyaient vraiment à ce qu’ils disaient (pour le coup, même s’ils sont bêtes, je ne pense pas qu’ils le sont à ce point). Ils ont fait comme s’ils n’avaient pas vu les documents saisis par le Mossad à Téhéran. Ils devraient s’entraîner pour jouer Tartuffe : “cachez ces documents que nous ne saurions voir !”.
Au moment du sommet du G7, ils n’ont pas entendu Trump exiger le libre échange, et si vous leur demandez ce qu’ils faisaient pendant que Trump parlait, ils vous diront sans doute qu’ils ne comprennent pas l’anglais quand Trump parle, mais le comprennent parfaitement quand Justin Trudeau dit Hare Krishna en prenant la pose d’un yogi. Et ils vous diront même, pour vous montrer que ce sont des fins connaisseurs de l’économie, que Trump est protectionniste parce qu’il met des taxes de dix et quinze pour cent aux fins de créer un rapport de force, mais qu’en taxant les produits laitiers américains à 300 pour cent Trudeau est un adepte du libre marché. Ils ont prévu que lorsque l’ambassade des Etats-Unis serait installée à Jérusalem, tout le Proche-Orient serait à feu et à sang et ils ont fait montre, là, d’une capacité de prédiction transcendentalement pénétrante. Vous avez vu, j’espère, les émeutes qui ont détruit Jérusalem, Le Caire et d’autres grandes villes de la région. Moi, je ne les ai pas vues, mais je n’ai pas d’hallucinations, et je ne me trompe pas toujours, tout le temps et sur tous les sujets : je ne suis vraiment pas un spécialiste à la française.
Je savais qu’en voyant Trump rencontrer Kim Jong-Un dans un endroit choisi par Trump, à la date choisie par Trump, aux conditions exigées par Trump, après que Trump ait asphyxié le régime nord-coréen et l’ait menacé de destruction totale, il diraient que cela a été un triomphe ab-so-lu pour Kim Jong-Un. Si la Corée du Nord était totalement détruite, ils diraient que c’est un triomphe encore plus absolu pour Kim Jong-Un. Quelle capacité remarquable à dire n’importe quoi !
Et ils ont tellement l’habitude de dire n’importe quoi que cela désormais leur vient aux lèvres sans que cela aie besoin de passer par le cerveau.
Tout comme leurs prédécesseurs dans les années 1980 ont su immédiatement que monsieur Gorbatchev s’est levé un matin en se disant “bon, je vais faire tomber le mur de Berlin et faire s’effondrer l’empire que je dirige”, ils ont su tout de suite que Kim Jong-Un s’était spontanément dit un beau matin “Quelle joie! Mon régime est menacé de destruction totale. Je vais montrer que je résiste triomphalement en allant rencontrer Donald Trump là où il veut quand il le veut, je vais dire à Trump que j’accepte une dénucléarisation totale et vérifiable, puis je vais m’amuser à lui faire un pied de nez, car je suis sûr que c’est une lavette et qu’il ne sera pas du tout en colère”. Ils ont su aussi que Trump avait tout improvisé, et que si Mike Pompeo est allé deux fois à Pyong Yang, c’était pour faire du tourisme gastronomique. Ils ont su que Trump à Singapour était tout seul et sans aucun conseiller, comme le montrent les photos (et si vous reconnaissez sur les photos John Bolton, Mike Pompeo et John Kelly, on vous dira peut-être à la télévision française qu’ils sont venus seulement pour voir si la maison hantée du Disneyland Singapore est aussi amusante que celui du Disneyland de Los Angeles et pour faire du pédalo).
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Ils savent désormais que Kim Jong-Un a obtenu tout ce qu’il voulait.

La preuve ? Il ne recevra pas un centime des Etats-Unis, les sanctions strictes contre la Corée du Nord sont toujours en place, les troupes américaines sont toujours en Corée du Sud, des vaisseaux militaires américains prêts à intervenir massivement sont toujours au large des côtes nord-coréennes, et Trump considère plus que jamais que l’accord passé implique une dénucléarisation totale, rapide et vérifiable (vraiment vérifiable à la différence de ce qu’Obama avait accepté concernant l’Iran).
Ce sont bien des preuves que Kim Jong-Un a obtenu tout ce qu’il voulait, non ?
Ce sont des preuves, vous dira-t-on, que Trump est nul. Quel nul, en effet ! Comparez avec Obama !
Trump n’a pas donné 1600 milliards de dollars : Obama, lui, l’avait fait avec l’Iran. Obama était vraiment supérieur, non ? Trump demande de vraies inspections, pas les clowneries acceptées par Obama. Supériorité incontestable d’Obama ! Trump coupe la coopération nucléaire Corée du Nord-Iran alors qu’Obama l’avait créée. Absolue supériorité d’Obama !
Bien sûr, il ne sera jamais dit que tous les prédécesseurs de Trump depuis la fin de la présidence Reagan ont échoué à obtenir quoi que ce soit de la Corée du Nord (sur ce point, Obama n’a pas fait pire que Bill Clinton et George Walker Bush). Il ne sera proposé aucune solution au danger qu’a représenté la Corée du Nord depuis des décennies (la patience stratégique, le golf et le yoyo, peut-être). Il n’y aura qu’un souhait très perceptible : que Trump échoue à son tour. Malheureusement pour tous ces gens, Trump a réussi depuis dix-huit mois tout ce qu’il a entrepris.
En lisant les commentaires sous les articles publiés dans la presse française, je peux voir que ceux qui commentent sont, quasiment tous, aussi abrutis que les sucesseurs des successeurs des abrutis des années Carter : ceux qui écrivent les articles. Sans doute que les “modérateurs” suppriment les commentaires intelligents : des commentaires intelligents casseraient l’ambiance.
A la télévision, les crétins sont entre eux sans personne pour les contredire, c’est vraiment l’hégémonie du crétin.
C’est vraiment un beau spectacle.
La France, comme disait un vieux slogan, n’a pas de pétrole, mais on y diffuse des idées de crétins à jet continu.
Sur le Titanic, les musiciens ont joué jusqu’à ce que le navire sombre totalement. En France, le spectacle se poursuivra-t-il jusqu’à ce que le pays ait sombré irrémédiablement. Je n’ai pas la réponse.
© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
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Des auteurs italiens, Carlo Fruttero et Franco Lucentini, il y a bien des années, avaient publié un livre appelé La Prédominance du crétin*. Ils y traitaient du prêt-à-penser ambiant en Europe à l’époque. Depuis la situation s’est nettement aggravée. Et je pense qu’il serait utile de parler désormais d’hégémonie.

La France n’est pas le seul pays touché: le reste de l’Europe ne vaut guère mieux. Les Etats-Unis et le Canada ont aussi leur lot surabondant de crétins. Mais je trouve le crétinisme français très avancé, et porteur d’un mélange d’arrogance et de cuistrerie qui le rend particulièrement remarquable.
Un pays où, après avoir porté un Francois Hollande au pouvoir, on choisit de faire d’un Emmanuel Macron un Président, après le nombre d’imbécillités crasses et de phrases ignobles ou grotesques qu’il a pu proférer pendant la campagne électorale, est un pays en état de déliquescence mentale très avancée.
Mais c’est dans le domaine du journalisme que la France se distingue et atteint des niveaux de crétinisme presque insurpassables.
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J’ai déja eu l’occasion d’écrire que pour être un spécialiste à la française, il faut se tromper toujours, tout le temps et sur tous les sujets, et je continue à le penser. Cela vaut aussi pour les journalistes chargés d’analyser la politique internationale.
Et il m’arrive de me demander comment la plupart des journalistes chargés de la politique internationale en France sont formés, car ce sont vraiment des champions dans leur catégorie. Ils copient, certes, lorsqu’ils parlent de l’Amérique les accès de delirium tremens qui font désormais la quasi-totalité des programmes de CNN et de MSNBC, mais il parviennent toujours à y ajouter une touche personnelle qui les conduit à devenir burlesques tout en gardant un air docte et sérieux. Du grand art. On sent qu’ils s’entrainent.
Ils sont aussi les héritiers d’une longue tradition, et il est évident qu’ils veulent se montrer à la hauteur de ceux qui les ont precédé dans la carrière.
Il y a quarante ou cinquante ans, des abrutis qui, comme on dit, en tenaient déja une couche, et très épaisse, admiraient Jimmy Carter et trouvaient sa politique iranienne géniale, et s’extasiaient sur le libérateur Ruhollah Khomeini. Et ils ne se sont pas trompés à l’époque: comme chacun le sait, l’Iran sous Khomeini et ses successeurs est devenu une grande démocratie qui fait régner la paix, la liberté, et la prospérité.
Un peu plus tard, ils ont décrété que Ronald Reagan était un demeuré qui allait provoquer une guerre en qualifiant l’Union Soviétique d’“empire du mal”, et, quand le mur de Berlin, puis l’empire soviétique, sont tombés, ils ont su de source sûre que c’était grâce à la soudaine gentillesse de monsieur Gorbatchev, un type qui est censé s’être levé un matin en se disant, “bon, je vais faire tomber le mur de Berlin et faire s’effondrer l’empire que je dirige”. Ronald Reagan, pour les abrutis, n’a rien fait.
Strictement rien. Et il était entouré d’ignorants qui n’avaient pas le génie inhérent aux journalistes français.
Les successeurs des abrutis ont feint de verser une larme pour cacher leur jubilation quand le 11 septembre 2001, des islamistes ont attaqué les Etats-Unis. Puis, ils ont traité George Walker Bush de fasciste et d’analphabète parce qu’il a osé déclarer une guerre globale contre le terrorisme islamique. George Walker Bush n’avait pas compris ce qu’on comprend dans le raffinement délicat des salles de rédaction parisiennes : que lorsqu’on s’adresse aux terroristes islamiques, il faut le faire avec des fleurs semblables à celles qu’on dépose un peu partout où des attentats sont commis en Europe. On peut aussi, comme l’ont fait les Espagnols après l’attentat de Madrid, prendre des parapluies et déployer des banderoles sur lesquelles on écrit: la paz. Il n’y a eu aucun attentat aux Etats-Unis jusqu’à la fin de la présidence Bush, mais c’est juste, vous diront les successeurs des illustres abrutis, parce que George Walker Bush a eu une chance inexplicable.
Quand Barack Obama a été élu, les sucesseurs des successeurs des abrutis ont été saisis par une extase proche de l’orgasme. Barack Obama a tenté de mettre les Frères Musulmans au pouvoir dans tout le monde arabe sunnite, ré-enclenché la guerre en Irak et transformé une victoire en défaite, libéré de prison des gens aussi sympathiques qu’Abu Bakr al-Baghdadi, laissé passivement se créer l’Etat Islamique qui a servi de base de formation à des terroristes djihadistes qui ont ensuite fait des attentats par dizaines en Europe et ailleurs sur la planète, assisté passivement à la destruction de la Syrie, qui a fait plus de cinq cent mille morts, permis le glissement de la Turquie vers la dictature islamique, renversé Kadhafi, qui coopérait avec le monde occidental, permis l’enclenchement des vagues migratoires musulmanes qui ont submergé l’Europe en passant par les cotes turques et libyennes. Il a enfin passé un accord avec la République islamique d’Iran, principal financier du terrorisme islamique aujourd’hui, permettant à l’Iran de continuer ses activités nucléaires militaires (des simulacres d’inspections ont été prévues sur des sites choisis par l’Iran, et interdites sur d’autres sites, ceux où il se passait des choses sérieuses) et ses actions de soutien au terrorisme, et pour être certain que l’Iran se conduirait très nocivement, il a même permis à la République islamique de toucher 1600 milliards de dollars, qui se sont retrouvés dans les activités nucléaires de la Corée du Nord, et dans les actes criminels du Hezbollah, du Hamas et des milices Houthi au Yémen. Ils ont trouvé tout cela ab-so-lu-ment génial. Merveilleux. Extraordinaire.
Dès lors que les gouvernements européens ont espéré grappiller une fraction des 1600 milliards de dollars, ils ont trouvé admirable que les dirigeants européens reçoivent le sympathique Rouhani qui, en parallèle, continuait à ruiner l’Iran et à faire prononcer des peines de morts suivies d’exécutions capitales par centaines. Ils n’ont pas vu le moindre lien, même infinitésimal, entre tous les éléments que je viens d’énoncer, qui constituent la part essentielle du bilan de la politique étrangère d’Obama. Ils les ont considérés comme des éléments totalement dissociés les uns des autres. Et ils n’ont donc vu aucune relation de cause à effet, par exemple, entre la libération d’Abou Bakr al-Baghdadi par Obama et la création de l’Etat Islamique, ou entre le renversement de Kadhafi par Obama, le chaos qui a suivi (et qui est né sans doute d’un hasard inexplicable) et les vagues de migrants arrivant d’Afrique. Quand la Corée du Nord s’est dotée d’armes nucléaires grâce aux 1600 milliards de dollars. Obama a parlé de “patience stratégique”, et, pour montrer sa “patience”, a préféré aller jouer au golf ou au yoyo. Ils l’ont trouvé subtilement cool.
Puis Trump est arrivé, et ils ont, avec un instinct qui ne trompe pas, tout de suite compris qu’il était au moins aussi idiot et dépourvu de neurones que Ronald Reagan. Diriger pendant quarante ans une entreprise multinationale présente sur les cinq continents et l’avoir fait de manière efficace en faisant une fortune qui se compte en milliards est, selon eux, un signe avéré d’idiotie. Comme eux sont extrêmement intelligents, ils n’ont dirigé aucune entreprise et ont un livret A de caisse d’épargne. Quand Trump est sorti des accords de Paris censés lutter contre le réchauffement global anthropique qui n’existe pas, ils ont eu des vapeurs et ont cité tous les successeurs de Lyssenko qui sont payés par les Nations Unies pour siéger au GIEC et dire que le réchauffement global existe (si les successeurs de Lyssenko disaient la vérité, ils perdraient leur poste) : ils croient vraiment que les successeurs de Lyssenko disent la vérité, ce qui montre qu’ils sont plus bêtes que les successeurs de Lyssenko qui, eux, au moins, savent qu’ils mentent pour toucher leur chèque.
Ils ont ensuite eu une crise d’apoplexie quand Trump est sorti de l’accord avec l’Iran : ils ont affirmé comme un seul homme qu’un accord qui permet des simulacres d’inspection et qui a permis à l’Iran de continuer à financer le terrorisme islamique et le régime nord coréen est un accord impeccable et exemplaire, et ils ont fait comme s’ils croyaient vraiment à ce qu’ils disaient (pour le coup, même s’ils sont bêtes, je ne pense pas qu’ils le sont à ce point). Ils ont fait comme s’ils n’avaient pas vu les documents saisis par le Mossad à Téhéran. Ils devraient s’entraîner pour jouer Tartuffe : “cachez ces documents que nous ne saurions voir !”.
Au moment du sommet du G7, ils n’ont pas entendu Trump exiger le libre échange, et si vous leur demandez ce qu’ils faisaient pendant que Trump parlait, ils vous diront sans doute qu’ils ne comprennent pas l’anglais quand Trump parle, mais le comprennent parfaitement quand Justin Trudeau dit Hare Krishna en prenant la pose d’un yogi. Et ils vous diront même, pour vous montrer que ce sont des fins connaisseurs de l’économie, que Trump est protectionniste parce qu’il met des taxes de dix et quinze pour cent aux fins de créer un rapport de force, mais qu’en taxant les produits laitiers américains à 300 pour cent Trudeau est un adepte du libre marché. Ils ont prévu que lorsque l’ambassade des Etats-Unis serait installée à Jérusalem, tout le Proche-Orient serait à feu et à sang et ils ont fait montre, là, d’une capacité de prédiction transcendentalement pénétrante. Vous avez vu, j’espère, les émeutes qui ont détruit Jérusalem, Le Caire et d’autres grandes villes de la région. Moi, je ne les ai pas vues, mais je n’ai pas d’hallucinations, et je ne me trompe pas toujours, tout le temps et sur tous les sujets : je ne suis vraiment pas un spécialiste à la française.
Je savais qu’en voyant Trump rencontrer Kim Jong-Un dans un endroit choisi par Trump, à la date choisie par Trump, aux conditions exigées par Trump, après que Trump ait asphyxié le régime nord-coréen et l’ait menacé de destruction totale, il diraient que cela a été un triomphe ab-so-lu pour Kim Jong-Un. Si la Corée du Nord était totalement détruite, ils diraient que c’est un triomphe encore plus absolu pour Kim Jong-Un. Quelle capacité remarquable à dire n’importe quoi !
Et ils ont tellement l’habitude de dire n’importe quoi que cela désormais leur vient aux lèvres sans que cela aie besoin de passer par le cerveau.
Tout comme leurs prédécesseurs dans les années 1980 ont su immédiatement que monsieur Gorbatchev s’est levé un matin en se disant “bon, je vais faire tomber le mur de Berlin et faire s’effondrer l’empire que je dirige”, ils ont su tout de suite que Kim Jong-Un s’était spontanément dit un beau matin “Quelle joie! Mon régime est menacé de destruction totale. Je vais montrer que je résiste triomphalement en allant rencontrer Donald Trump là où il veut quand il le veut, je vais dire à Trump que j’accepte une dénucléarisation totale et vérifiable, puis je vais m’amuser à lui faire un pied de nez, car je suis sûr que c’est une lavette et qu’il ne sera pas du tout en colère”. Ils ont su aussi que Trump avait tout improvisé, et que si Mike Pompeo est allé deux fois à Pyong Yang, c’était pour faire du tourisme gastronomique. Ils ont su que Trump à Singapour était tout seul et sans aucun conseiller, comme le montrent les photos (et si vous reconnaissez sur les photos John Bolton, Mike Pompeo et John Kelly, on vous dira peut-être à la télévision française qu’ils sont venus seulement pour voir si la maison hantée du Disneyland Singapore est aussi amusante que celui du Disneyland de Los Angeles et pour faire du pédalo).
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Ils savent désormais que Kim Jong-Un a obtenu tout ce qu’il voulait.

La preuve ? Il ne recevra pas un centime des Etats-Unis, les sanctions strictes contre la Corée du Nord sont toujours en place, les troupes américaines sont toujours en Corée du Sud, des vaisseaux militaires américains prêts à intervenir massivement sont toujours au large des côtes nord-coréennes, et Trump considère plus que jamais que l’accord passé implique une dénucléarisation totale, rapide et vérifiable (vraiment vérifiable à la différence de ce qu’Obama avait accepté concernant l’Iran).
Ce sont bien des preuves que Kim Jong-Un a obtenu tout ce qu’il voulait, non ?
Ce sont des preuves, vous dira-t-on, que Trump est nul. Quel nul, en effet ! Comparez avec Obama !
Trump n’a pas donné 1600 milliards de dollars : Obama, lui, l’avait fait avec l’Iran. Obama était vraiment supérieur, non ? Trump demande de vraies inspections, pas les clowneries acceptées par Obama. Supériorité incontestable d’Obama ! Trump coupe la coopération nucléaire Corée du Nord-Iran alors qu’Obama l’avait créée. Absolue supériorité d’Obama !
Bien sûr, il ne sera jamais dit que tous les prédécesseurs de Trump depuis la fin de la présidence Reagan ont échoué à obtenir quoi que ce soit de la Corée du Nord (sur ce point, Obama n’a pas fait pire que Bill Clinton et George Walker Bush). Il ne sera proposé aucune solution au danger qu’a représenté la Corée du Nord depuis des décennies (la patience stratégique, le golf et le yoyo, peut-être). Il n’y aura qu’un souhait très perceptible : que Trump échoue à son tour. Malheureusement pour tous ces gens, Trump a réussi depuis dix-huit mois tout ce qu’il a entrepris.
En lisant les commentaires sous les articles publiés dans la presse française, je peux voir que ceux qui commentent sont, quasiment tous, aussi abrutis que les sucesseurs des successeurs des abrutis des années Carter : ceux qui écrivent les articles. Sans doute que les “modérateurs” suppriment les commentaires intelligents : des commentaires intelligents casseraient l’ambiance.
A la télévision, les crétins sont entre eux sans personne pour les contredire, c’est vraiment l’hégémonie du crétin.
C’est vraiment un beau spectacle.
La France, comme disait un vieux slogan, n’a pas de pétrole, mais on y diffuse des idées de crétins à jet continu.
Sur le Titanic, les musiciens ont joué jusqu’à ce que le navire sombre totalement. En France, le spectacle se poursuivra-t-il jusqu’à ce que le pays ait sombré irrémédiablement. Je n’ai pas la réponse.
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