La répartition très inégalitaire des revenus en Israël est ici démontrée en chiffres, avec les dernières statistiques parues sur les revenus des ménages.
Dernièrement, le journal israélien le Yédioth Aharonot a publié une étude sur le revenu des israéliens. Il démontre l’accroissement du fossé entre les riches et les pauvres en Israël. Les pauvres sont plus pauvres et les riches plus riches encore.
C’est lié à la mondialisation, et c’est ainsi dans beaucoup de pays. Mais ce qui frappe dans le cas d’Israël, c’est que les pauvres gagnent moins, en valeur nominale, et pire si on y ajoute le coût de l’inflation qui a fait progresser les prix à la consommation de près de 20% de 2004 à 2012. C’est donc des petits revenus qui ont perdu 20% de leur pouvoir d’achat.
Se basant sur les statistiques de 2011, il dresse la répartition des budgets familiaux par décile (le décile 1 étant celui des 10% des salaires les plus bas, le décile 10 étant celui des 10% des salaires les plus hauts).
Le constat est que les plus pauvres ont des revenus insuffisants par rapport à leurs dépenses contraintes, tandis que les plus riches voient augmenter la part de leur revenu d’épargne. Ainsi en 2004, le revenu net des plus riches est passé de 21 079 NIS / mois à 32 824 NIS /mois, soit une augmentation de 55,71% , l’équivalent d’une progression annuelle de 6.53% par an.
Dans le même temps le revenu des 10% les plus pauvres a baissé. Il était de 2 191 NIS/mois en 2004 pour passer à 2 028 NIS/mois en 2011 et ce, malgré une croissance économique qui, en rythme annuel durant cette période, avoisine les 4,3%.
Les plus impactées par cette pauvreté, du à un chômage endémique qui les touche plus que les autres, sont les familles arabes et ultra-religieuses. Cette population en marge de la société israélienne, ne semble pas vouloir s’intégrer dans l’économie moderne, et préfère un mode de vie inadapté. On constate qu’il faut arriver au sixième décile pour atteindre un équilibre entre les recettes et les dépenses avec une capacité d’épargne ridicule de 319 NIS soit 66 €.
Les revenus des familles pauvres sont engloutis par des dépenses contraintes extrêmement lourdes. Le décile dix, quant à lui, a une capacité d’épargne de 12 901 NIS /mois soit 2 687 €/mois, alors que cette capacité n’est que de 5 313 NIS pour le décile 9 soit 1 106 € , ce qui fait que le D10 a une capacité d’épargne 2.42 fois supérieure au D9.
Enfin les plus riches vivent bien évidement dans de meilleures conditions, et offrent, entre autre, à leurs enfants, des conditions d’études bien supérieures et cela bien qu’ils soient les plus imposés puisque le "D10" paie 125 280 NIS d’impôts et taxes, tandis que le "D9" paie 51 660 NIS. Le "D10" paie donc 2.42 fois plus d’impôts que le "D9".
Il n’en demeure pas moins que parmi les 35 membres de l’OCDE, Israël est parmi les pays qui a la classe de revenu la plus pauvre, alors que le pays compte de plus en plus de millionnaires en dollars.
Selon le bureau des statistiques, les chiffres de la croissance israélienne, au second trimestre 2013, auraient dépassé toutes les espérances en affichant un taux de progression annuel de 5,1%, alors que les prévisions les plus optimistes tablaient sur une progression de 3%. Mais les chiffres sont parfois trompeurs et les économistes restent très prudents sur les conséquences bénéfiques que cette brusque montée de la croissance aura sur la situation économique du pays.
En bref, l’économie israélienne, bien qu’elle se porte mieux que beaucoup d’autres, n’est pas encore sortie d’affaire...
Si l’on compare les chiffres de la croissance israélienne des trois derniers trimestres en taux annuel, on a le droit, dans le contexte actuel de crise économique mondiale, d’être très satisfait de la tenue de l’économie nationale. Ainsi, la croissance a progressé de 3,1% au quatrième trimestre de 2012, de 2,7% au premier trimestre 2013, pour finalement atteindre le taux record de 5,1% au second trimestre 2013.
Pourtant, la prudence est de mise, lorsque l’on examine en détails les raisons de cette mini explosion de croissance. En fait, les analystes ont constaté une frénésie de consommation des israéliens au second trimestre 2013. Ils l’expliquent par une anticipation d’achats de biens comme les appartements ou les voitures, afin d’éviter de payer l’augmentation de TVA d’un pour cent qui avait été prévue par le gouvernement, dans le cadre du redressement des finances publiques et ce, dès la fin du mois de juin dernier.
Ce pic de consommation s’est totalement calmé et cela n’incite guère les économistes à modifier leurs prévisions pour l’année en cours. Cette augmentation de la croissance est donc considérée comme épisodique, due à la réaction du public face à une décision soudaine du ministre des Finances d’avancer l’augmentation du taux de TVA.
Autrement dit : si un gouvernement veut doper provisoirement son économie par une hausse de la consommation, au moins en Israël, il lui suffit d’annoncer un relèvement du taux de la TVA…

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