samedi 5 août 2017

Les droits de succession de la dynastie Abbas ©


… Sur le dos des Palestiniens 

Mahmoud Abbas, his wife (front row, bottom right), son Yasser (top left), son Tareq (top right), and their families. Photo taken in 2005.
Mahmoud Abbas, sa femme (en bas à droite), son fils Yasser (en haut à gauche), son fils Tareq (au fond à droite), et leurs familles respectives. Photo taken in 2005.1 (AFP Photo)
  • Mahmoud abbas n’est pas prêt à approuver la candidature de Muhammed Dahlan à sa succession
  • Les deux fils du Président de l’AP, Tareq and Yasser, sont propriétaires d’un empire économique dans les territoires, d’une valeur de centaines de millions de dollars,et ils comptent sur leurs relations avec leur père pour continuer à prospérer. 
  • L’effort principal de Mahmoud Abbas est de trouver un successeur qui lui convienne et qui assurera, à la fois, la poursuite des affaires commerciales existantes de ses enfants et leur bien-être. 
La bataille de succession au sein de l’Autorité Palestinienne est devenue très élémentaire, depuis que Mahmoud Abbas a rejeté la requête de quatre pays arabes – l »Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis – de combler le fossé avec son rival de toujours, Mohammed Dahlan. Certains de ces Etats veulent voir en Dhaln le prochain Président de l’AP.
Bien que certains membres du Fatah perçoivent ce rejet d’Abbas de la requête arabe comme un « acte de suicide politique », Abbas ne montre aucun signe de stress. Face aux exhortations de l’Egypte et de la Jordanie, qui craignent le Hamas, il a annulé les élections municipales dans les territoires et consenti à un retour au sein du Fatah de certains des hommes de main de Dahlan. En ce qui concerne Abbas, il s’est conformé à l’essentiel des demandes de l’Egypte et de la Jordanie. Pourtant, il n’est absolument pas prêt à approuver que Dahlan devienne jamais son successeur.
Le Ministre des Affaires étrangères de l’AP, Riyad al-Maliki déclare que tout est en ordre en ce qui concerne les relations avec les Etats Arabes. 
Cette semaine, Ahmed Qurei (Abu Ala), membre du Comité Exécutif de l’OLP, a révélé la façon dont Abbas est devenu Président de l’AP. Il a peut-être mis en lumière la façon dontle prochain Président de l’AP, en l’absence d’élections dans les territoires, sera nommé. 
Dans une interview avec l’Agence de Presse Palestinienne Amad, le 10 septembre 2016, Qurei a affirmé qu’il était celui qui avait proposé Abbas comme candidat au poste et l’avait amené auprès de Yasser Arafat, alors sur son lit de mort, à la Muqaata à Ramallah, la veille au soir du jour où il s’est envolé pour l’hôpital du Petit-Clamart à Paris.
Au cours de cette conversation, Arafat n’a pas suggéré qu’Abbas pourrait devenir son remplaçant ; pas plus, du reste, qu’il n’a exprimé d’opposition à Abbas, avec lequel il avait eu, pourtant, des désaccords de fond, par le passé. La conversation était amicale, mais la question dela succession d’Arafat n’a pas du tout été soulevée.
Qurei affirme qu’après la mort d’Arafat, tous les membres des cercles dirigeants du Fatah se sont mis d’accord sur la nomination d’Abbas comme successeur, parce qu’ils avaient confiance en lui.

Les affaires florissantes de la famille Abbas

L’âpre guerre de succession au sein du Fatah et le fait qu’Abbas ait rejeté la requête des Etats arabes concernant Dahlan a poussé les parties intéressées à révélé au grand public les liaisons entre le pouvoir et l’argent d’Abbas et de ses fils. Des responsables importants du Fatah et dans les Etats arabes sentent les faiblesses politiques du Président de l’AP et ils commencent à présent à dévoiler des informations sensibles aux médias sur son niveau de corruption au sein du gouvernement.
Dans un rapport publié le 11 septembre 2016, le journaliste égyptien Hussein Yousef, d’Al-Masri Al-Youm, a mis en lumière les activités commerciales d’Abbas et de ses deux fils, Yasser et Tareq2.
Bien que son reportage donne un bon, nombre d’informations sur le sujet, les réseaux sociaux palestiniens ont déjà posté divers documents sur la corruption de la famille Abbas dezpuis un on moment3.
Le reportage de Youssef décrit l’empire commercial de la famille, qui est fondé sur les propres relations commerciales d’Abbas et ses relations politiques avec certains Etats et de grosses sociétés à travers le monde entier, et dont toutes bénéficient des centres d’intérêt de ses deux fils dans les affaires.
Les deux fils d’Abbas possèdent un énorme consortium d’affaires appelé : « Falcon » qui s’est emparé de tout le marché du travail et des commerces dans la Bande cisjordanienne de Judée-Samarie. Abbas soutient ce groupe et il a ménagé des conditions très favorables qui lui donne de gros avantages sur la concurrence des autres entreprises.
L’affaire Falcon est constitué de plusieurs entreprises :
  1. La compagnie Falcon des tabacs et cigares.
  2. La compagnie contractuelle  d’électricité et d’engins mécaniques Falcon (elle comporte des filiales dans la Bande Occidentale de Judée-Samarie, en Jordanie et dans les Emirats Arabes Unis). Abbas a réuni 890.000 dollars d’assistance pour ce secteur.
  3. L’entreprise Falcon de médias internationaux
  4. La compagnie générale Falcon d’Investissement, dont les profits s’élèvent à 60 millions de $.
  5. La compagnie d’assurances Al Machrek, qui dispose de 11 filiales dans les territoires pour une valeur estimée à 35millions de $.
  6. La Compagnie Al-Khayar al-Awal pour les projets de développement,dirigé par Yasser Abbas. 

Tareq Abbas

Tareq Abbas est Vice-President de Corporate Affairs of the Arab Palestinian Investment Company (APIC). Il est aussi Président de Sky Advertising, Entreprise de Relations Publiques et d’evènements, Vice-Président de Centre Commerciaux Arabes-Palestiniens, et Président de l’Association Palestinienne de Publicité.4
Le reportage du journal  Al-Masri Al-Youm affirme que la famille Abbas a accumulé sa fortune depuis de nombreuses années et que Mohamed Rashid, qui était le conseiller financier de Yasser Arafat, luia dit qu’Abbas a détourné une somme d’au moins 100 millions de $.
Youssef certifie que Tarek Abbas a vendu clandestinement des antiquités provenant des territoires à l’étranger et qu’il a investi dans l’achat de terres et la vente de concessions commerciales.

Dahlan, Erekat, Fayyad, Rajoub?

Dahlan prétend qu’Abbas cache à l’étranger une somme de 600 millions de $, tirés des 1, 4 milliard de $ que le Premier Ministre de l’époque, Salam Fayyad lui a transféré juste après la mort d’Arafat.
Lors d’une interview avec le site Internet jordanien Amon, le 8 juin 2016, Dahlan dit que c’est lui qui a organisé le travail pour les deux fils d’Abbas avec Fayyad, à un salaire mensuel de 5.000 $, alors qu’aujourd’hui, leur fortune s’élève à plus de 300 millions de $5.

Mahmoud Abbas and Muhammed Dahlan in the past
Mahmoud Abbas et Muhammed Dahlan par le passé (Al Sawt)
Ces tableaux en dollars expliquent bien pourquoi Abbas, malgré son âge avancé, s’accroche à son poste et se cherche un successeur qui lui convienne et qui préservera l’empire économique et financier de ses deux fils après son départ en retraite.
La corruption de la famille Abbas est le sujet brûlant des territoires. Il est évident que quiconque succède à Abbas devrait mettre la maison en ordre et éradiquer la corruption au sein du gouvernement.
D’abord, Abbas voulait nommer comme successeur, son allié de confiance Saeb Erekat, secrétaire-général du Comité Exécutif de l’OLP. Erekat, cependant, est considéré comme un personnage faible, manquant de crédibilité et de popularité dans les territoires, mais pourtant qui aurait bien servi les intérêts de la famille après le départ d’Abbas.
La tentative d’Abbas pour nommer Erekat a rencontré une forte opposition de la part des membres du Comité Central du Fatah, dirigé par Jibril Rajoub, qui se voit lui-même comme le seul successeur possible et Erekat a dû déclarer qu’il renonçait à ce poste.
Depuis lors le Président de l’AP cherche un candidat différent pour lui succéder. La rumeur dit qu’un autre aspirant pourrait être le Général Majid Freij, le chef des Renseignements Généraux Palestiniens -donc bien placé pour faire du chantage et sortir des dossiers – qui est considéré comme un proche associé d’Abbas. Jusqu’à présent, cependant, Abbas n’a rien fait pour le promouvoir sur le devant de la scène, comme par exemple, de le nommer Vice-Président de l’AP. Apparemment, il craint d’aller trop loin en hérissant les cheveux sur la tête du cercle dirigeant du Fatah et des Etats arabes, qui veulent voir Dahlan devenir le prochain Président de l’AP – ce qui ne pourrait être qu’au détriment de l’avenir des fils Abbas. 
http://jforum.fr/les-droits-de-succession-de-la-dynastie-abbas-sur-la-p.html

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