vendredi 21 juillet 2017

Amos Yadlin : Israël doit proposer maintenant des initiatives de paix, “quand nous sommes forts”


L'ancien chef des renseignements militaires israéliens et actuel directeur d’un important think-tank a appelé les dirigeants du pays à prendre des initiatives concrètes pour un accord de paix avec les Palestiniens, au moment où les situations économique et de défense du pays sont fortes.

S’exprimant la semaine dernière devant le club de la presse de Jérusalem, l’ancien général de l’armée israélienne qui dirige l’Institut des Etudes nationales de sécurité (INSS) de l’université de Tel Aviv, Amos Yadlin, a indiqué que la situation sécuritaire, en Israël, était calme mais précaire, en raison de la coalition chiite soutenue par l’Iran dans tout le Moyen Orient, qui menace l’Etat juif et les pays musulmans sunnites.

Selon l’ancien général, Israël s’est retrouvé dans une position peu commune de tranquillité et le pays devrait en profiter pour faire avancer ses intérêts.
« Israël a une opportunité jamais connue depuis que le pays a été fondé. Israël est très fort, très fort, malgré toutes les menaces qui l’entourent », a-t-il dit.
Yadlin, ancien pilote d’avion de combat et candidat au poste de ministre de la Défense lors des élections de 2015, a noté que l’Iran ne dispose pas encore de capacités nucléaires, que la Syrie a sombré dans le chaos, que les relations ne cessent de s’améliorer avec de nombreux pays musulmans sunnites de la région, qu’Israël a passé des accords de paix durables avec l’Egypte et la Jordanie et qu’il y a sur la scène internationale un président américain qui semble pour le moins vouloir montrer son soutien à l’Etat juif.
« C’est une opportunité énorme d’avancer avec les Arabes, avec les Américains, de faire des pas vers la paix avec les Palestiniens en fonction des paramètres israéliens et de préparer des valeurs qui entreront en compte lors d’un accord final », a-t-il dit.
« Obama est venu avec une approche du tout ou rien, et nous a laissé avec rien »
Amos Yadlin
Yadlin a prédit toutefois que les efforts livrés par le président américain Donald Trump visant à pleinement résoudre le conflit israélo-palestinien échoueront à court-terme.
« La pensée qu’il s’agit d’une sorte de transaction immobilière susceptible d’être réglée par le bon juriste ne va pas fonctionner », a estimé Yadlin.
Néanmoins, le directeur de l’INSS a affirmé qu’Israéliens et Palestiniens pouvaient d’ores et déjà prendre des initiatives tangibles pour avancer vers un accord intermédiaire, susceptibles de prévenir la formation de facto d’un état binational et de maintenir la perspective d’une solution à deux états.
Yadlin a regretté que le président américain Barack Obama ne soit pas parvenu à apprécier la justesse de cette approche graduelle et à tenter de la mettre en œuvre au cours de son mandat.
« Obama est venu avec une approche du tout ou rien, et nous a laissés avec rien », a-t-il dit.
Après avoir prononcé son discours lors de cet événement, Yadlin s’est entretenu avec le Times of Israël au sujet de la récente décision prise par le cabinet de reporter un plan qui autoriserait les Palestiniens à étendre la ville de Qalqilya sur des parcelles de terrain qui se trouvent actuellement sous contrôle israélien.
Même si le plan avait initialement été approuvé au mois de septembre par le cabinet, le gouvernement du Premier ministre a décidé de suspendre la proposition la semaine dernière après les récriminations des dirigeants du mouvement des implantations.
L’ancien responsable des renseignements a dénoncé cette décision, affirmant sa nature « totalement politique » et indépendante des préoccupations sécuritaires.
Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d'extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)
Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d’extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)
Certains dirigeants du mouvement des implantations ont qualifié le plan de « récompense pour le terrorisme » et ont noté que Qalqiliya se situe à proximité d’une importante autoroute israélienne, à l’endroit le plus étroit du pays, à seulement 15 kilomètres de la mer Méditerranée, et que la ville pouvait servir de point de lancement vers le cœur d’Israël.
Toutefois, Yadlin a noté que même si la municipalité de Qalqilya est contiguë à la route 6, l’expansion proposée serait du côté opposé de la ville, sur une zone de terrains palestiniens privés.
De plus, au cours deux dernières années d’attentats terroristes accrus, Qalqilya a également été l’une des villes palestiniennes les plus calmes, aucun attaquant impliqué n’étant originaire de là-bas.
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman présente son plan qui permettrait l'epansion de la ville de Qalqilya dans la zone actuellement contrôlée par Israël durant une visite dans l'implantation de Maale Shomron le 12 juillet 2017 (Crédit : Eden Moldavski/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman présente son plan qui permettrait l’expansion de la ville de Qalqilya dans la zone actuellement contrôlée par Israël durant une visite dans l’implantation de Maale Shomron le 12 juillet 2017 (Crédit : Eden Moldavski/Defense Ministry)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a tenu des propos similaires avant la réunion du cabinet de la semaine dernière, durant une visite effectuée en Cisjordanie, disant que la controverse suscitée par l’expansion de Qalqilya avait finalement peu à voir avec le plan lui-même et qu’elle servait plutôt « d’excuse » au développement d’un conflit idéologique plus large au sein de la droite.
Yadlin a ajouté que non seulement le plan de Qalqilya ne mettait pas en péril la sécurité d’Israël, mais qu’il pourrait même potentiellement l’améliorer.
« Les Palestiniens ne vont pas simplement disparaître. Nous pouvons soit leur offrir des conditions de vie qui préviendront le terrorisme, soit encourager le terrorisme », a-t-il commenté, quittant le quartier pittoresque de Yemin Moshe à Jérusalem.
Qalqilya, qui est entouré sur trois côtés par la barrière de sécurité israélienne, est la ville palestinienne de Cisjordanie la plus densément peuplée.
La proposition d’élargir la municipalité – en lui permettant à long terme de doubler sa taille – entre dans le cadre de la politique de « la carotte et du bâton » qui a été présentée l’année dernière par Liberman. Cette politique prévoit de récompenser les Palestiniens lorsque le calme est maintenu et de les sanctionner sans attendre pour les attaques et autres perturbations de la vie quotidienne en Cisjordanie et à Gaza.









En réponse aux affirmations attestant que les ministres ont été pris par surprise par les militaires au sujet de ce plan, le cabinet a ordonné au procureur général de formuler une proposition qui accorderait l’autorité au gouvernement et à l’armée sur les questions portant sur les constructions.
Tandis que la proposition évoque une autorisation donnée aux Palestiniens de construire jusqu’à 14 000 logements, ce nombre, est-il précisé, est le maximum qui, selon les projections, pourrait être érigé dans les frontières légales déterminées par les règles strictes de planification israéliennes. Le plan évoque également un chiffre plus « réaliste » de 6 187 habitations, qui ne serait totalement réalisé qu’à l’horizon 2035.
De plus, le plan indique qu’approximativement 1 000 logements ont d’ores et déjà été construits et qu’elles bénéficieront simplement d’une approbation rétroactive.

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