dimanche 11 décembre 2016

Faut-il abolir Noël ?





Qu’ils s’en rendent compte ou non, des milliers de Québécois qui râlent à propos de la «commercialisation» de Noël tout en amenant leurs enfants au traditionnel défilé du Père Noël ou en les traînant dans les magasins de jouets, ne font que répéter le mantra anti-capitaliste et anti-chrétien des gauchistes inspirés par le marxisme.
Pour les marxistes, Noël est une fête bourgeoise créée par les capitalistes (dont la chrétienté serait la complice) pour faire de l’argent sur les dos des masses exploitées.
Sur un site français communiste on peut lire des joyeusetés du genre:
« Le moment familial fort de la fête de Noël est le repas du Réveillon. (…) Celui-ci, dans sa forme actuelle, porte aussi des scories du passé féodal, époque de pénurie où régnait régulièrement la disette et les conditions de vie rudes en hiver.
Aujourd’hui, alors qu’il n’y a plus besoin de faire un « repas gras », le repas de Réveillon est un repas où l’on mange trop et de manière très déséquilibrée. C’est un repas durant lequel est souvent consommé avec abus des produits néfastes pour la santé, comme l’alcool, des plats beaucoup trop gras et en quantité trop abondante, au point que nombre de gens en tombent malade. »
Tout le monde sait que les gauchistes sont les champions de l’abstinence …
Je me souviens, pour ma part, d’avoir fait bombance en famille au Réveillon de Noël sans jamais avoir été malade!
Chez nos voisins américains, c’est plutôt lors de la fête de l’Halloween que les enfants se gavent de sucreries récoltées pendant la promenade du «trick or treat» lors de laquelle ils se présentent à leurs voisins de quartier, déguisés en entités menaçantes (genre héros de Star Wars: Capitaine Phasma, Chewbacca ou Darth Vador) pour leur «soutirer» des bonbons.
Bon enfant, les voisins auront eu soin d’acheter pour l’occasion de gros sacs de caramels et autres gâteries appréciées des petits et auront fait mine d’être effrayés par leurs masques.
Au Québec, les médias québécois présentent sans complexe le fameux défilé du Père Noël au Centre-Ville de Montréal comme une occasion d’encourager les commerces.
Des milliers de gens se font un devoir d’amener leurs enfants voir la célèbre vitrine de Noël du magasin à rayons Ogilvy (une tradition qui date des années 50).
Les arbres du Centre-Ville de Montréal sont illuminés et la Ville a fait ajouter des anges au portail du grand cimetière Côte-des-neiges. C’est de toute beauté.
Un seul couac cette année: la Ville s’y est prise un peu tard pour choisir un super-sapin de Noël qui serait le plus élevé en Amérique du Nord et résultat, c’est un sapin baumier effectivement haut de 88 pieds (presque 27 mètres) mais à l’allure maigrichonne qui a été installé au beau milieu du Quartier des Spectacles. Ce sapin, ridiculisé par les internautes, aurait souffert d’avoir été coupé trop tard et transporté précipitamment.
Pour ce qui est de la «commercialisation» de Noël, je ne vois pas où est le problème.
J’aime que le boulanger dans mon quartier (un des meilleurs en ville) offre des bûches de Noël décorées de mille façons, du foie gras au torchon, du pain aux figues pour accompagner la mousse de foie gras de canard du Québec, parfumée au cidre de glace.
En passant, le cidre de glace est un cidre inventé au Québec par un Auvergnat, ancien vigneron, Christian Barthomeuf, qui a choisi en 1989 de délaisser la vigne pour cultiver la pomme.
Christian Barthomeuf a su utiliser les températures hivernales rigoureuses nécessaires à la concentration des sucres pour créer ce cidre liquoreux, riche et onctueux.
Évidemment le cidre de glace accompagne à merveille le foie gras.
J’aime que l’épicier de mon quartier fasse venir des huîtres et des homards des Îles-de-la-Madeleine (mon lieu de naissance) pour la période des fêtes.
C’est ce que permet le système capitaliste: libre entreprise, créativité, commercialisation d’un produit naturel, disponibilité de produits venus d’ailleurs …
Prévenez-moi quand la Corée du Nord, Cuba ou l’Arabie saoudite produiront des truffes au chocolat ou du saumon fumé à l’érable.
Quand j’entends les sempiternelles critiques sur l’air de «nous sommes devenus une société de consommation», je réponds que je suis bien contente de pouvoir acheter du lait à l’épicerie du coin, plutôt que de devoir traire une vache pour agrémenter mon café matinal.
Je ne pourrais pas faire pousser moi-même des caféiers sans parler du séchage et de la torréfaction dont l’entreprise appelée La Brûlerie s’occupe parfaitement merci!
Grâce au capitalisme, je peux facilement me procurer des grains de café fraîchement torréfiés, en marchant dix minutes vers la brûlerie de mon quartier.
Faudrait-il que j’élève moi-même des poules pour avoir des œufs et tuer et plumer moi-même des volailles quand me prend l’envie de manger du poulet rôti ? Que je cultive mes propres pommes-de-terre et carottes?
Que je renonce à l’excellent canard du Québec que je trouve déjà confit dans toute épicerie qui se respecte?
Et je ne vous parle pas des oranges, mandarines, raisins et mangues, produits d’importation et précieuses sources de vitamine C.
Bien sûr acheter des livres, des calendriers de 2017 à offrir, des cartes de Noël, des décorations de Noël, c’est de la consommation.
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Mais quelle est l’alternative? Que je ne lise que les livres que j’écris moi-même? Que je prenne le temps de fabriquer des calendriers? Ou que, comme une amie à moi, je me mette à faire des cartes postales artisanales ?
Pour autant, je serais bien obligée d’acheter du papier, du carton, de quoi écrire et peindre, etc. Encore de la consommation effrénée!
La revue Lancet Psychiatry a publié récemment les résultats d’une étude menée par deux psychologues de l’université d’Exeter (Grande-Bretagne) et de l’université de Nouvelle-Angleterre (Australie), selon laquelle faire croire au Père Noël minerait la confiance indispensable à la vie de famille.
Personnellement, j’y vois la preuve que les psychologues ne savent plus quoi inventer pour se rendre intéressants.
Il faudrait abolir Noël pour empêcher les gens de s’empiffrer? De s’offrir des cadeaux? De se retrouver en famille pour décorer le sapin? Pour cesser de traumatiser les enfants?
Il faudrait éliminer les sapins et les crèches des lieux publics pour ne pas offenser les immigrants musulmans qui ont tant de mal à s’adapter à nos us et coutumes ?
Lequel est le plus traumatisé: l’enfant qui a connu les bombardements d’Alep ou celui qui a cru au Père Noël et découvre que ce sont ses parents qui ont déposé des cadeaux sous le sapin?
Alors faut-il abolir Noël?
Ou faut-il en profiter pour commémorer la naissance du Christ, donner aux nécessiteux à la mesure de ses moyens et profiter de l’esprit des fêtes pour partager des bonnes choses et renouer des relations affectueuses avec ses parents et amis?
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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