jeudi 1 décembre 2016

Ces élèves qui supplient qu'on sanctionne les fauteurs de troubles...PAR JEAN-PAUL BRIGHELLI.....


De Paimbœuf, je connaissais surtout le phare — le seul situé nettement à l'intérieur des terres. Je ne connaissais pas le lycée professionnel Albert-Chassagne. Sa spécialité : la maintenance des autos et motos, les futurs techniciens de votre prochain contrôle technique se forment ici. Vendredi dernier, des élèves excédés ont demandé des sanctions contre ceux de leurs camarades qui les empêchent de travailler de façon sereine.

Incroyable : les élèves veulent travailler !

Telle que la relate Ouest-France, la scène est apparue surréaliste à bien des témoins. Hurlant des « Sanctions ! Sanctions ! », les futurs spécialistes des plaquettes de freins et des émissions de CO2 ont longuement protesté devant le bureau du proviseur (et non « de la proviseure », comme écrivent ceux qui ont décidé de ne plus parler français). « Ces lycéens de seconde, première et terminale sont en colère contre la direction de leur établissement. Ils l'estiment trop « laxiste » vis-à-vis de certains élèves qui, selon eux, « foutent le boxon ».
« Ils ont fouillé dans le sac d'un enseignant, ont balancé ses clés. Ils lancent des bouts de gomme, des cailloux, des chaises en classe. Les toilettes ont été dégradées, tout comme une imprimante », énumèrent les élèves. Selon eux, deux classes sont particulièrement concernées par ces incivilités. « Mais c'est tout le lycée qui trinque quand ils ferment la cafétéria après des dégradations, constate cet adolescent. On demande que les fautifs soient sanctionnés. Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui. »

Une direction pitoyable

Et que répond le proviseur ? « Je fais mon travail. Ma conviction est que la réponse aux problèmes se fait par le dialogue et non en coupant des têtes. L'école doit être inclusive et bienveillante. »
Madame le ministre, vite, appelez-la rue de Grenelle : elle est merveilleusement dans les clous, et sera à même de remplacer, pour les quelques mois qui vous restent, ceux de vos admirables conseillers qui se sont cherché — et trouvé — des points de chute dans la haute administration, où ils vont désormais pouvoir nuire sous un prochain gouvernement, qu'il soit de droite ou d'extrême droite. 
Cette dame est merveilleusement dans les clous d'un système qui a fait de la plus extrême mansuétude la clé de ces établissements d'enseignement devenus des bordels à la fois par le « boxon » qui y règne et par la tolérance dont font preuve les autorités.
Sans oublier le désordre pédagogique insufflé par les Grands Nuisibles qui sévissent rue de Grenelle depuis trente ans.
Oui, occupez-vous d'elle — on ne sait jamais ce que l'un ou l'autre de vos hypothétiques successeurs pourrait bien en faire. Nommez-la à la tête d'un ESPÉ, par exemple. Elle y enseignera l'amour du prochain, même quand ce prochain est un barbare.

Tolérance zéro

Les programmes Éducation des divers candidats sont à peine écrits — et ils sont perfectibles. Mais je les supplie de prendre enfin en considération l'intérêt du plus grand nombre — ceux qui veulent étudier, travailler, passer des examens, se donner les meilleures chances de réussite. Il faut en finir avec la racaille — leur consacrer l'un ou l'autre de ces internats, inaugurés sous le règne de Nicolas Sarkozy, où l'on regrouperait, avec assez d'adultes pour tenir ferme face à des brutes sans éducation, tout ce que le système, à force de laxisme, persiste à entretenir de petites frappes sanguinaires.
Parce que c'est aux agresseurs de payer — pas aux victimes. Vingt-quatre heures avant l'incident de Paimbœuf, un élève de sixième scolarisé en internat au collège Marcelle-Pardé de Dijon a été agressé sexuellement par des « camarades » pendant la nuit — il n'y a donc pas de surveillant du soir dans cet établissement ? Sa mère a porté plainte, on a commencé par lui proposer d'inscrire son enfant ailleurs — ce qu'elle a justement refusé : 
« Ce n'est pas à lui d'être sanctionné », a-t-elle lancé. Les trois agresseurs, précise l'article des Dernières Nouvelles d'Alsace , encourent une exclusion de l'internat, voire du collège, provisoire ou définitive — et leur réinscription ailleurs, où ils plastronneront, tout fiers d'avoir frotté leurs parties génitales contre la bouche d'un gosse. C'est tout ? C'est tout !
Alors, ça suffit. Nous confions nos enfants au système scolaire pour qu'il en revienne plus riche de savoirs — pas traumatisé à vie par des expériences non sollicitées, pas harcelé, pas racketté. Les agresseurs n'ont aucune excuse, et ils ne devraient bénéficier d'aucune circonstance atténuante.

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