jeudi 17 novembre 2016

« Démocratie en Santé », des soviets de malades ?


Catherine Tourette-Turgis est professeur en éducation thérapeutique. Elle est aussi membre du comité scientifique de la chaire de l’UNESCO sur la sexualité et les droits humains, qui se donne, entre autres objectifs principaux, « la lutte contre les inégalités de genre et les préjugés sexistes ou homophobes ».
Mais l’adhésion à ce stéréotype ressassé ne l’empêche pas d’avoir de bonnes idées, comme celle de considérer certains patients comme aptes à en assister d’autres. Qui mieux, en effet, qu’un ancien toxicomane pour expliquer comment se sortir de l’enfer de la drogue ? Une personne contaminée par le VIH n’est-elle pas la mieux placée pour mettre en garde contre les comportements à risque ? Ou pour aider d’autres contaminés à gérer leur traitement ? De même pour le diabète, le cancer ou la sclérose en plaques… Et comme en France on est peu de choses sans une peau d’âne, Mme Tourette-Turgis créa, en 2009, au sein de l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris, les premiers diplômes universitaires en éducation thérapeutique pour des malades chroniques, devenus ainsi officiellement « experts de leur pathologie ».
Mais parmi les innombrables diplômes universitaires inventés par les enseignants, il en est de plus ambigus, comme par exemple celui au curieux intitulé de « Démocratie en Santé », qui prétend initier aux arcanes infiniment complexes du monde sanitaire, avec sa législation, ses usages, sa déontologie, etc.
Cette formation fait suite à la création, en 2015, de l’Institut pour la démocratie en santé par la Fédération des hôpitaux publics, l’École des hautes études en santé publique et le CISS (Collectif interassociatif « sur » la santé). Ce dernier étant financé à 86 % par la Sécu et le ministère de la Santé, et les deux premiers strictement étatistes, on comprend l’enthousiasme avec lequel Marisol Touraine porta sur les fonts baptismaux un machin qui, une fois de plus, excluait totalement le monde libéral.
Mais si un tel enseignement peut, éventuellement, profiter à un futur gestionnaire d’établissement de soins issu d’une école de commerce par exemple, il entend également « former des personnes [bien triées, il va sans dire] exerçant une fonction de représentant des usagers en santé, au sein des établissements de santé, des instances, etc. » En clair, transformer des patients en soviets de militants dans l’esprit de la loi Kouchner sur les droits des malades, à commencer par celui de réclamer plus de gratuité, plus de tiers payant, plus d’encadrement des honoraires, plus de contraintes sur les lieux d’installation, etc.
Afin d’aboutir à une médecine officielle entièrement socialiste, sur le modèle du NHS britannique. Bien que pas si désagréable pour les praticiens, il est douteux que cela réveille les vocations des jeunes Français. Les malades, en revanche, on leur souhaite bien du plaisir…

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