jeudi 27 octobre 2016

L’auteur saoudien Said Al-Suraihi : Les régimes arabes ont « balayé la poussière sous le tapis » au lieu de gérer le problème du communautarisme.....


L’écrivain saoudien Said Al-Suraihi, interviewé par la chaîne Al-Arabiya, a déclaré que la crise dans le monde arabe découle des perceptions tribales persistantes du souverain comme un cheikh ou un substitut de Dieu, qui ne peut être tenu responsable de ses actes. Il a accusé les régimes arabes de laisser le problème communautaire « comme une femme de chambre qui balaie la poussière sous le tapis » et d’« exploiter le problème pour obtenir un contrôle plus strict sur les gens ». L’interview a été diffusée le 1er octobre 2016.
Extraits :
Said Al-Suraihi : Aucune personne raisonnable ne pourrait décharger les régimes arabes de leur responsabilité pour l’état actuel du monde arabe, mais nous devons tenter de comprendre que la crise ne se limite pas à tel ou tel régime. Les régimes arabes sont le produit de notre perception historique de la relation entre le souverain et ses sujets. Depuis longtemps, les régimes arabes perçoivent le souverain comme le substitut de Dieu, et on ne peut tenir le substitut de Dieu responsable de ses actes. Les régimes arabes sont nés d’une conception percevant le souverain comme le cheikh de la tribu, et selon les normes tribales, la tribu ne peut remettre en question les décisions du cheikh. Les régimes arabes sont nés d’une conception qui considère le souverain comme le père de famille, et il est inapproprié pour une famille de remettre en cause les décisions du père. Par conséquent, pour parvenir à un changement historique, nous devons modifier notre perception du souverain. [...]
Ceux qui ont écrit notre histoire ont commis un crime contre nous, en ignorant – accidentellement ou délibérément – ou en omettant de narrer la manière dont l’islam s’est propagé à l’Est par des moyens exemplaires. En outre, comment la biographie du Messager d’Allah, un être humain, s’est-elle transformée en une biographie d’invasions ? Comment la vie du Messager a-t-elle été reliée à la bataille de Badr, à la bataille de Uhud, à la bataille de Hunayn, à la bataille de la Tranchée, et ainsi de suite ? Dans les livres de la sira [biographie de Mahomet], nous ne voyons pas le Prophète comme un modèle humain. Nous le voyons dans d’autres livres. La sira s’est transformée en une liste de batailles. Notre histoire a été associée à des batailles. Par conséquent, lorsque les groupes extrémistes ont émergé – Al-Qaïda, l’Etat islamique, Al-Nosra et ainsi de suite – ils ont évoqué l’aspect violent de notre histoire. Ils n’ont trouvé aucune trace de la propagation de l’islam par des moyens humains. [...]
Les régimes [arabes] nous gouvernent depuis des décennies, sans rectifier le problème [sectaire] par le biais de leurs systèmes éducatifs et médiatiques. Ils l’ont laissé comme une femme de chambre qui balaie la poussière sous le tapis. Ces régimes arabes, ces Etats arabes, sont coupables d’exploiter le problème [communautaire] pour obtenir un contrôle plus strict sur les gens, et [sont coupables] éviter de gérer ce problème depuis des décennies. Ils n’ont pas su transformer [leurs] peuples en nations, en lieu et place d’une mosaïque de tribus et de sectes, auxquelles une seule étincelle suffit pour se dresser l’une contre l’autre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Interpol: Israël s'attaque à la demande d'adhésion de l'Autorité palestinienne......

Interpol est une organisation intergouvernementale représentant les bureaux de police de 190 Etats Suite à son refus d’adhésion à...