mercredi 28 septembre 2016

Qui fut le premier milliardaire en dollars ?


Il y a 100 ans et pour la première fois, un homme accumulait une fortune dépassant le milliard de dollars. Selon "Forbes", ils sont aujourd'hui 1 810 à travers le monde.


Il y a peu, Amancio Ortega, le fondateur de Zara, détrônait Bill Gates et devenait l'homme le plus riche de la planète, avec 80 milliards de dollars en poche. Un siècle plus tôt, le 29 septembre 1916, le quotidien américain The New York Timesannonçait l'avènement du premier milliardaire de l'histoire en dollars...

John Davison Rockefeller (père)

On aurait pu croire au magnat des chemins de fer américains Cornelius Vanderbilt, au fondateur du constructeur automobile Henry Ford ou encore au tycoon de l'acier Andrew Carnegie. Mais c'est bien John D. Rockefeller qui aurait franchi ce seuil en premier. Lui qui a construit le trust peut-être le plus influent de l'histoire en allant jusqu'à posséder 90 % des exploitations pétrolières du pays sous le nom de la célèbre Standard Oil Company.
Comme ses autres congénères précédemment citées, John D. Rockefeller est l'une des incarnations de l'American Dream. D'origine anglaise et allemande, fils d'un père marchand de « médicaments miracles », il étudie la comptabilité et ne cache pas ses ambitions : amasser 100 000 dollars et vivre jusqu'à 100 ans. Il atteindra un seul de ses objectifs. Diplômé à 16 ans, en 1855, il fait ses armes à la maison de commerce en gros de céréales et de charbon de Cleveland. À 18 ans, il est déjà comptable en chef.

Le premier industriel de l'or noir

Rockefeller va ensuite profiter de la ruée vers l'or noir pour construire son empire. Les premières extractions de pétrole par forage datées sont attribuées au « colonel Drake » en 1959, qui, avec l'aide d'un puisatier, crée le premier système de derrick. Mais celui-ci oublie de breveter son invention... et il s'ensuit le développement anarchique de l'exploitation pétrolière aux États-Unis. D'abord sceptique, le jeune ambitieux décide finalement en 1862 d'investir dans le pétrole avec deux camarades. Après avoir racheté la part des deux autres en 1867, il crée trois ans plus tard la Standard Oil Company.
Sa stratégie est simple : racheter petit à petit tous les puits de l'Ohio, puis jouer sur les bas coûts de production, s'arranger sur le prix des transports pour affaiblir ses concurrents et les forcer à vendre un à un. Pour devenir l'empereur incontesté de l'or noir, il investit dans l'acheminement et la commercialisation du pétrole, ce qui lui permet de contrôler toute la chaîne, de l'extraction à la vente. Il prend sa retraite en 1896, laissant son empire aux manettes de son fils, John D. Rockefeller junior. En 1900, sa société détient un quasi-monopole sur le pétrole américain.

Un « philanthrope » mal aimé

Comme les autres magnats de cette époque, il s'est lui aussi construit une image de philanthrope. Il fait notamment construire l'université de Chicago, qu'il dote d'une réserve de 80 millions de dollars (ce qui équivaudrait à 2 milliards d'euros actuellement), et crée de nombreuses fondations. Le nom de Rockefeller est également associé aux œuvres architecturales à Manhattan, symbole de la Gotham new-yorkaise. Cependant, son âpreté dans les affaires laisse une image déplorable de sa personne. Pollution des sols, sabotages, trusts : il devient « l'homme le plus détesté des États-Unis ».
En 1911, sa société est dissoute par une loi antitrust. Elle est redivisée en de nombreuses filiales gardant le nom de « Standard Oil », d'autres changent comme Esso (pour SO de Standard Oil), BP, ExxonMobil... Sa société reste dans l'imaginaire collectif le symbole de cet impérialisme entrepreneurial, caricaturé jusque dans Tintin et l'Oreille cassée pour l'influence de sa compagnie sur les guerres du Chaco entre Bolivie et Paraguay en 1932.
Le titre de « premier milliardaire américain » fait cependant débat, et le débat reste ouvert chez certains historiens qui attribuent cette place à Henry Ford. Son milliard de 1916 correspondrait à 30 milliards de dollars en tenant compte de l'inflation. À sa mort, à l'âge de 97 ans, ses actifs égalaient 1,5 % du PIB américain, ce qui équivaudrait à 340 milliards de dollars aujourd'hui. Ce qui est indéniable, c'est qu'il fut l'un des personnages les puissants économiquement à travers l'histoire.

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