dimanche 17 juillet 2016

Sommes-nous au delà du point de non retour ?


Lorsque je regarde la France, depuis la distance que m’offre l’Ouest américain, je suis consterné et inquiet.

Un sursaut aura peut-être lieu lors des élections de 2017, mais je tiens à écrire : peut-être

Le pays semble se mobiliser après l’attaque djihadiste de Nice, mais c’est la troisième attaque djihadiste majeure à survenir dans le pays depuis janvier 2015, et d’autres crimes djihadistes ont eu lieu dans le pays au fil des mois récents.
Des crimes djihadistes atroces ont eu lieu ailleurs sur la planète pendant la même période, en Israël, à Bruxelles, à Orlando, à Istanbul. Néanmoins, le printemps a été marqué par le crétinisme du mouvement Nuit debout à Paris, par des grèves et des manifestations qui ont conduit à des émeutes. Le tout s’est achevé dans l’euphorie artificielle procurée par des matches de football.
Le moins qu’on puisse dire est que la gravité de la situation a été vite oubliée et laissée de côté. Je m’attends à ce qu’il en aille de même après ce qui s’est passé à Nice. Je m’attends à ce que dans quelques semaines, plus personne ne parle du fait que l’islam radical est en guerre contre le monde occidental et entend poursuivre son action de destruction. Je m’attends à de prochains attentats et à une poursuite de la déliquescence qui marque le pays. Un sursaut aura peut-être lieu lors des élections de 2017, mais je tiens à écrire : peut-être.
Lorsque je regarde l’Europe, je suis tout aussi consterné et inquiet : c’est toute l’Europe qui est aujourd’hui malade.
La montée de l’islam qui touche la France touche d’autres pays, Belgique, Pays Bas, Royaume-Uni, Allemagne, Autriche. Partout les réactions sont les mêmes. L’Union Européenne est de plus en plus nettement contestée, et des référendums sont envisageables dans le sillage du Brexit britannique, mais des tendances lourdes sont à l’œuvre.
  • Les flux de « migrants » continuent à déferler, avec leur cortège de désordres et de violences.
  • Les tendances démographiques indiquent un vieillissement des populations de souche et un lent mais sûr remplacement.
  • Les sursauts nationalistes sont souvent teintés de socialisme et de protectionnisme et annoncent plutôt des crispations et des risques de stagnation et de déclin économique.
  • Les médias sont presque partout aux mains de tenants d’un « politiquement correct » qui dissémine aveuglement et égarements.
Si la France est en déliquescence, l’Europe ne se porte guère mieux dans l’ensemble, et prend peu à peu des allures de zone crépusculaire et déchue. Des sursauts auront peut-être lieu ailleurs qu’en France. Mais le mot peut-être est un mot sur lequel je dois insister : je n’ai guère d’illusions.
Lorsque je regarde le Proche-Orient, ma consternation et mon inquiétude ne disparaissent pas.
  • Israël reste une île de démocratie, de développement et de liberté au milieu d’un océan de chaos qui ne cesse d’être ce qu’il est.
  • L’Etat islamique semble reculer un peu, mais c’est au profit de l’Iran des mollahs. Et des terroristes issus de l’Etat islamique sont disséminés dans de nombreux pays, prêts à frapper.
  • Erdogan en Turquie a été confronté à ce qui a ressemblé à un coup d’Etat raté, qui n’était peut-être pas un coup d’Etat raté, mais une manœuvre permettant à un homme cherchant les pleins pouvoirs d’avancer cyniquement vers ses objectifs.
  • Poutine place ses pions et il est, plutôt, un ami d’Israël, mais la réalité est ce qu’elle est : la Russie est confrontée à de grandes difficultés, perd de la population chaque année, n’est pas un pays développé, et compte sur son sol une plus grande proportion de musulmans que les pays d‘Europe occidentale.
  • La Chine, un peu plus loin en Asie, ne se porte pas très bien, a de plus en plus de mal à concilier dictature et croissance économique, et est confrontée à des troubles dans ses zones musulmanes.
  • Le monde musulman est lui-même une zone crépusculaire, déchue et porteuse de risques qui ne sont pas près de s’éteindre. Il n’y a en lui rien qui ressemble à une possibilité de sursaut, bien au contraire.
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Lorsque je regarde les Etats-Unis, ma consternation et mon inquiétude s’accentuent.
J’ai tiré le bilan, accablant, des années Obama dans un livre récemment paru, Après Obama, Trump ?* Le bilan s’est fait plus accablant encore ces derniers jours, avec le comportement ouvertement crapuleux d’Obama et d’Hillary Clinton dans le dossier du serveur d’email illégal, que cette dernière avait installé chez elle pour gérer ses divers trafics, et avec les meurtres de policiers commis à Dallas, résultats directs du climat de haine anti blanche et anti forces de l’ordre distillé par Obama, Hillary Clinton et des organisations criminelles telles Black Lives Matter.
Les divisions n’ont pas été depuis longtemps aussi aiguës dans la société américaine. D’un côté, il y a la très grande majorité de la population blanche, des policiers, des soldats, quelle que soit leur couleur de peau, et de ce côté-là on souhaite un rétablissement de l’ordre et un retour à la grandeur de l’Amérique. 
De l’autre, il y a l’écrasante majorité des noirs et des autres minorités ethniques, l’essentiel des journalistes et des bobos des grandes villes, et de cet autre côté, on soutient Obama, on votera Hillary Clinton, quoi qu’il se passe : parce que chez les noirs et chez les membres des minorités ethniques, la haine anti blanche et anti forces de l’ordre distillée par Obama, Hillary Clinton et des organisations criminelles telles Black Lives Matter est très ancrée, et parce que pour les journalistes et bobos, l’idée que les Etats-Unis sont un pays raciste et chargé d’injustice sociale est omniprésente.
J’explique dans Après Obama, Trump ? Ce qui a porté Donald Trump jusque là et ce que sont ses chances de l’emporter, et j’explique que s’il l’emportait, la société américaine pourrait fort bien s’embraser, tant tout a été fait pour cela depuis huit ans. Il faudrait à un Trump devenu Président un courage et une détermination immenses pour redresser le pays. J’explique aussi ce qui se passerait si Hillary était élue, et les chances d’Hillary sont très réelles. Hillary Clinton, dois-je le dire, n’est pas une ennemie de l’islam radical et est, sur ce plan, l’adepte d’une ligne proche de celle incarnée par Obama.
Je n’ose pas imaginer ce que deviendraient les Etats-Unis et ce que deviendrait le monde si Hillary était élue.
Les Etats-Unis cesseraient d’être un Etat de droit (ils n’en sont d’ores et déjà plus un que très partiellement). Le déclin global des Etats-Unis s’accélérerait. Le monde n’aurait plus du tout de puissance hégémonique à même de maintenir un minimum d’ordre. Les tensions raciales se feraient plus intenses encore, et le poids des minorités ethniques deviendrait tel qu’aucun conservateur n’aurait encore une chance d’inverser la tendance avant, sans doute, très longtemps. Les risques inhérents au monde musulman s’exacerberaient. La zone crépusculaire et déchue qu’est l’Europe sombrerait davantage, et plus rapidement. Les Etats-Unis deviendraient eux-mêmes une zone crépusculaire et déchue. Un sursaut y reste possible. J’espère ce sursaut.
Je vis dans l’Ouest américain, et la vie y reste infiniment plus vivable qu’en France et en Europe. La question qui me hante est simple : pour combien de temps ? Si le sursaut n’a pas lieu, ce temps pourrait être compté.
L’autre question qui me hante est tout aussi simple : sommes-nous au-delà du point de non-retour ? Je puis ajouter : la barbarie est-elle en train de l’emporter sur la civilisation ? La civilisation garde-t-elle une chance de l’emporter sur la barbarie ?
© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
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