lundi 18 juillet 2016

Les méfaits du politiquement correct. Ephraïm Herrera...


policier nice
Le Monde, au lendemain de l’attentat meurtrier de Nice, titrait : « Attentat de Nice, en direct : 84 morts, l’état d’urgence prolongé de trois mois », et sous-titrait : « Un homme au volant d’un camion a foncé dans la foule… ». 
Aucun rappel du fait qu’il s’agissait d’un Musulman, originaire de Tunisie. Le Figaro, lui, titrait : « Attentat de Nice : comment la police a arrêté le tueur au camion ». S’il rappelle qu’il s’agit d’un attentat, le titre ne donne aucune information sur « le tueur », en particulier sur le fait qu’il s’agit d’un citoyen français, à savoir un citoyen qui, comme la plupart des terroristes du Bataclan et ceux de l’aéroport de Bruxelles, étaient passés au service de l’ennemi islamique.
En France, il n’est pas de bon ton de désigner la nature de la guerre, comme elle s’exprime pourtant explicitement dans les publications de l’État islamique. L’an dernier, le titre de sa revue en français était : « Qu’Allah maudisse la France ! ». 
Al-Adnani, le porte-parole de Daech, a récemment lancé cet appel aux Musulmans d’Occident : « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français…, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire, frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le ». À la lumière de cet appel, on ne peut que s’étonner de la question qui revenait sans cesse durant les émissions télévisées et radiophoniques : « Pouvait-on prévoir un tel attentat ? ».
Deux jours avant cette horrible tuerie, le chef des services de renseignements français avait estimé, lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, que les partisans de l’État islamique passeraient au stade de véhicules piégés, et avait même osé prophétiser : « Vous aurez une confrontation entre l’ultra-droite et le monde musulman – pas les islamistes, mais bien le monde musulman ». 
Ses propos n’ont pas fait la une des journaux français, bien qu’il ait aussi estimé dans son intervention que 400 à 500 djihadistes étaient revenus d’Irak et de Syrie et résidaient maintenant en France. Des enquêtes montrent que les jeunes Musulmans en France sont plus religieux et plus extrémistes que leurs parents et leurs grands-parents. 
Le coordinateur entre les polices d’Europe a estimé qu’environ 5 000 djihadistes s’étaient infiltrés parmi les centaines de milliers de migrants arrivés en Europe en 2015. Sur la base de ces données alarmantes, l’attentat de Nice risque de ne pas être le dernier.
Mais les autorités françaises ne sont pas prêtes à nommer la racine du problème : l’islam, tel qu’il est enseigné sur le sol français, dans des mosquées et dans des banlieues qui sont depuis longtemps devenues des zones de non-droit. Les moyens mis en œuvre, plus de force de sécurité et plus d’efforts de renseignements, ne suffiront pas, face aux méthodes de combat inventées par Abou Moussab al-Souri, l’idéologue de l’État islamique : 
le loup solitaire, qui n’est pas formellement affilié à Daech, mais qui met en pratique la doctrine de l’organisation – semer la terreur dans le cœur des mécréants. Le terroriste de Nice, comme l’a confirmé le Ministre de l’Intérieur français, s’est radicalisé très rapidement, et a appliqué une des méthodes prônées par al-Adnani, ne laissant aucune chance aux services de renseignements.
Le politiquement correct tue : quand on ne combat pas de front les Frères musulmans et les salafistes, quand on ne fait rien contre les chaînes satellites qui diffusent le message islamiste, ni contre les réseaux sociaux, sites Internet et mosquées qui enseignent le devoir de combattre « les Croisés et les Juifs » et d’imposer politiquement l’Islam au monde, on en peut s’étonner des conséquences tragiques....
L’an dernier, avant que je commence une conférence sur le Djihad dans une communauté proche de Nice, une dame est venue me dire : « ne nous faites pas trop peur ! »
Celui qui ferme les yeux ne voit pas le terroriste qui fonce sur lui au volant d’un camion.
Ephraïm Herrera est docteur en histoire des religions, diplômé de la Sorbonne et vient de publier « Les maîtres soufis et les peuples du livre » aux Éditions de Paris, ainsi que « Le Jihad, de la théorie aux actes » et « Étincelles de Manitou » aux éditions Elkana.

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