jeudi 7 juillet 2016

Les ados francais et l’Alyah, une chance de plus ou une épreuve de trop ? Par Bely.....


L’Avion, (un avion qui mérite une majuscule) vient de se poser. « Toute la famille est enfin arrivée »…Parents et enfants marquent un temps avant que d’oser fouler ensemble, quasiment « religieusement », « LEUR TERRE » pour la première fois. Ensemble au même moment, ensemble dans une seule et même langue maternelle, ensemble perdus et ravis à la fois, ensemble physiquement pour se rattraper aux branches de leur expatriation volontaire, ensemble pleins d’espoir….

Six mois ont passé… L’aube des vacances d’été s’alanguit plus que de coutume alors que se pointe à l’horizon les premiers résultats scolaires obtenus en Eretz. L’oulpan est terminé. (Parler d’oulpans au pluriel serait plus exact). Dans une classe conçue tout exprès pour répondre à leur condition d’adultes, des cours adaptés à leur niveau linguistico-hébraïque, Père et Mère, un peu déstabilisés tout de même de se retrouver sans travail, pis, assis sur les bancs de l’école, ont fait de leur mieux,.
Ils ont bien travaillé. Ils ont fait consciencieusement tous leurs devoirs, repris scrupuleusement chacune des leçons l’une après l’autre et recommencer encore et encore…
Mais même si d’anciens « nouveaux arrivants », (Olym Hadachim en hébreu) les avaient pourtant prévenus , ils sont bien obligés de constater… Qu’ils se débrouillent infiniment moins bien que leurs charmants bambins…Et pour cause ! L’obligation de réussir à communiquer le plus vite possible avec leurs futurs copains. Ajouter à cela qu’une jeune tête est prête à tout absorber et la différence se fait irrattrapable…Ce phénomène n’arrange rien aux problèmes relationnels classiques. Les ados ne sont pas gente facile à mener d’une façon générale et l’exode de la famille n’arrange rien. C’est le moins que l’on puisse dire. Ni meilleur endroit, ni meilleur moment pour s’attendrir… Pas non plus pire !
Pourtant, une grande majorité de parents, se retrouve encore davantage en décalage avec leurs « treize-quinze ans » s’ils ne saisissent pas immédiatement que l’école en Israël est un élément affectif incontournable dans la vie des adolescents. Bien plus qu’en France. Et de se souvenir comment et combien de fois leurs chères têtes blondes avaient rechigné à aller en classe, avaient dû maitriser une angoisse palpable parce que vérification des connaissances avec annotation spéciale, parce que jour d’examen avec verdict des plus sévères infligé par des profs qui ne trouvaient rien à redire au fait d’être craints. Bien au contraire. Et même si les parents ne saisissent pas immédiatement l’importance du phénomène, il leur est interdit de passer à côté de cette nouvelle alchimie qui fait que des élèves tombent en amour pour des profs tellement plus humains que leurs homologues français.
Ce qui n’empêche aucunement l’Alya d’avoir de temps en temps de sacrés « ratés » ! C’est un phénomène redouté à juste titre, mais pris très au sérieux, il est de mieux en mieux cerné, connu et contrôlé. 
« Les autorités dont le directeur francophone du ministère de l’intégration, monsieur Freddo Pachter, en poste depuis neuf ans, explique au « Jérusalem Post » que « L’échec scolaire est un signal d’alarme dont il faut prendre toute la mesure ; l’indicateur d’un danger qui guette l’enfant et nécessite un accompagnement adapté.
Quelques chiffres évocateurs : Sur Netanya, par exemple, on dénombre 1 200 élèves francophones dans les écoles, soit 600 dans le primaire, 300 au collège, 300 au lycée dont environ 8 % d’entre eux sont en échec scolaire. Les villes les plus touchées par ce phénomène sont non seulement Netanya, mais aussi Ashdod, Ashkelon et quelques petites agglomérations excentrées et pauvres.
« Zéirout » (Attention !)……………….. Il est indispensable d’arrêter ce processus au plus vite, avant qu’il ne mène nos ados à la petite délinquance, à l’alcool, la drogue, les jeux d’argent, et la prostitution….
Mais pas seulement…
Libérer la parole (et dans ce cas, ce doit être une forme d’humour voulue !), identifier les signes avant-coureurs de cette dérive peuvent aider les parents à entretenir un dialogue salutaire, et devrait permettre d’éviter que les enfants ne basculent dans la délinquance. Les pouvoirs publics, préoccupés par le problème, ont mis un budget à disposition des acteurs de terrain compétents.
Ajoutez à cela une difficulté supplémentaire de taille dont évoqué plus haut : Du fait de la barrière de la langue, les parents ne peuvent plus aider leurs enfants et assurer le suivi scolaire habituel dont ils ont tant besoin. Mais c’est aussi le système scolaire israélien, très différent du système français, qui est déstabilisant.
Selon Freddo Pachter, « En Israël, l’école n’a lieu qu’en matinée, de 8 à 13 heures-13 h 30. L’après-midi relève de la responsabilité des parents, et bien souvent ceux-ci ne savent pas comment occuper leurs enfants.
Il y a six ou sept ans, les enfants en échec scolaire qui échappaient au contrôle parental étaient âgés de 13-14 ans à 17 ans. Mais plus le temps passe, plus ils sont jeunes, et aujourd’hui, on peut trouver des enfants de 11-12 ans en échec scolaire qui se marginalisent. Cette délinquance concerne pour 65 à 70 % les garçons et pour 30 à 35 % les filles. Cela s’exprime par des enfants qui sèchent l’école ou qui font acte de présence une à deux heures par jour, le matin pour l’appel. Puis ils traînent en bandes sur le kikar (la place de l’Indépendance de la ville) dans des salles de jeux où « ils parient beaucoup » !
Beaucoup trop…
Et même si c’est difficile à entendre, voire insupportable à envisager, il est vrai que de très bons élèves en France se retrouveraient cancres en Israël, si un électrochoc humain voire un souffle divin ne remettait rapidement l’ado entre les buts !

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