mardi 19 juillet 2016

Attentat de Nice: C'est tout le tourisme français qui va morfler......


CONSEQUENCES Après Paris qui était déjà boudée par les touristes étrangers, c’est la Côte d’Azur et le reste de la France qui risquent d’être délaissés…

Américains, Tunisiens, Suisses, Russes… De nombreux touristes figuraient parmi les victimes de l’attentat de Nice jeudi soir. Pas sûr que ceux qui avaient décidé avant le drame de se rendre prochainement dans l’Hexagone, conserveront leurs projets estivaux.
Alors que la France subit depuis des mois une perte d’attractivité, liée notamment aux troubles sociaux qu’elle a subis, les professionnels du tourisme craignent que l’attentat de Nice ait un fort effet sur leur activité. « Il y a déjà des annulations, mais les semaines qui viennent vont être décisives pour mesurer l’impact de l’événement », estime Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme. 
« La répétition des attentats fait que les conséquences sur le tourisme vont se ressentir sur une période plus longue », imagine déjà Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage. Un fléau pour la France qui était jusqu’à aujourd’hui le pays le plus visité au monde avec 84,5 millions d’arrivées de touristes internationaux en 2015.

Après Paris, la province est touchée



Jusqu’alors, c’était surtout Paris que les étrangers évitaient, estimant que la ville était au cœur de tous les dangers. Selon une étude de la société spécialisée ForwardKeys publiée en mars, les réservations de visiteurs étrangers ont ainsi accusé une baisse de 22 % à Paris entre novembre et mars 2016, par rapport à la même période de l’année précédente. Mais jusqu’à présent, la province tirait mieux son épingle du jeu. La tendance y était même redevenue positive, avec +11 % d’arrivées aériennes au cours des 10 premiers jours de juillet, après +5 % en juin et +2 % en mai. 
Mais après le drame de jeudi soir, la géolocalisation des dangers par les touristes risque de ne plus être la même : « La destination France va être impactée dans son ensemble », prévoit ainsi Georges Panayotis, président du cabinet d’étude spécialisé dans le tourisme MKG.

Deuxième destination après Paris, la Côte d’Azur risque de payer le prix fort. Car la moitié des visiteurs y sont étrangers. Le tourisme y représente 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près de 10 % des emplois. Nice est d’ailleurs la première ville touristique de France après Paris, avec 5 millions de visiteurs chaque année. « Dès le samedi,les hôteliers de Nice et de Cannes ont enregistré une baisse de 10 % de leur activité. Elle était de 24 % le dimanche. 
Les annulations ou les départs précipités ont surtout lieu dans les établissements de luxe, car la clientèle haut de gamme peut se permettre de perdre les arrhes qu’elle a versées », indique Georges Panayotis. « On peut estimer que la baisse de fréquentation dans les hôtels de luxe de la Côte d’Azur va être de l’ordre de 15 à 30 % cet été et on peut craindre un effet négatif sur environ six mois », renchérit Didier Arino. Mauvais signe : le voyagiste allemand TUI a proposé à ses clients ayant une réservation pour Nice jusqu’au 31 juillet de modifier ou d’annuler gratuitement leur séjour. 
Et certains bateaux de croisières américains qui faisaient habituellement escale dans la rade deVillefranche-sur-Mer, ne le font plus depuis vendredi.

Un gros manque à gagner à prévoir


Si l’on peut s’attendre à une baisse de toutes les clientèles étrangères, « ce sont surtout celles qui viennent de loin et qui dépensent le plus, comme les touristes chinois, japonais et américains, qui manqueront à l’appel », indique Jean-Pierre Mas. 
« D’autant, que dans certains Etats américains, les assurances refusent désormais de couvrir les voyageurs partant en France », souligne Didier Arino. « Il est fort à craindre aussi que la clientèle arabe, qui allait d’abord sur la Côte d’Azur avant de se rendre à Paris, choisisse de faire l’impasse sur cette destination cette année », s’inquiète aussi Georges Panayotis. Quant à nos voisins européens, certains d’entre eux devraient aussi se montrer plus récitents à venir visiter l’Hexagone : « les Européens du Nord risquent d’aller davantage en Espagne, auPortugal en Italie et en Croatie », estime ainsi Jean-Pierre Mas.
Une baisse de la clientèle qui pourrait avoir des répercussions très négatives sur l’économie française, le tourisme représentant 6,5 % du PIB français et deux millions d’emplois directs et indirects. « Les petites structures pourraient notamment être fragilisées », souligne Jean-Pierre Mas. 
« Tout comme les établissements déjà endettés car ils ont fait des travaux importants d’accessibilité et d’adaptation de leur système de sécurité incendie ces dernières années », indique Hervé Becam, vice président de l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). 
Plusieurs voix commencent d’ailleurs à s’élever pour demander des aides à l’Etat. « Il faut mettre en place rapidement des mesures de communication positive sur la France pour valoriser la destination auprès de la clientèle étrangère », estime ainsi Hervé Bécam. « Il faut aussi prendre des mesures pour renforcer la sécurité des touristes, à l’instar des Espagnols qui ont annoncé cette semaine qu’ils allaient sécuriser leurs plages
Il serait aussi utile de baisser provisoirement la TVA pour aider les hôteliers à amortir leurs charges », suggère de son côté Georges Panayotis. Des vœux pieux ?

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