lundi 23 mai 2016

Raffineries bloquées : et ça continue, encore et encore…


Lundi, en fin de matinée, près de 85 % des départements de France métropolitaine étaient touchés par la pénurie.

Et ça continue, encore, et encore… chantait Cabrel.
Après les grèves SNCF, les voitures de flics brûlées, les militaires et les forces de l’ordre caillassés, les blocages de sites et les barrages filtrants par les chauffeurs routiers, voici les grèves dans les raffineries. Sur les huit que compte la France, six sont en grève. Une photographie de la situation lundi, en fin de matinée, indiquait que près de 85 % des départements de France métropolitaine étaient touchés par la pénurie, 800 stations-service étant à sec. Le responsable CGT-Pétrole affirmait, quelques heures plus tôt sur RMC, que rien ne « [bougerait] tant que la loi Travail ne [serait] pas retirée », précisant : « Cela va durer au moins toute cette semaine. » 
Mais attention, on va voir ce qu’on va voir ! « Il n’y aura aucune indulgence de la part du gouvernement », menace Michel Sapin. « Nous maîtrisons la situation. Nous allons continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts », affirme Manuel Valls. « Le durcissement du conflit ne nous fait pas peur », renchérit Alain Vidalies.
Mais bien sûr. On y croit, mes chéris. 
La vérité est qu’on va voir… ce qu’on a toujours vu : la débandade, le laisser-faire, le baisser de froc comme à chaque fois que ce gouvernement est censé faire entendre raison au creuset anarchiste, activiste, revendicatif dont il vient et dont il a gardé l’atavisme malgré les jolis costumes et les cravates rayées.
Déjà, toute la gauche qui n’est pas – ou plus – au gouvernement applaudit des deux mains, jette sa petite bûche dans le brasier, de Clémentine Autain à Cécile Duflot, en passant par Alexis Corbière, qui vitupère : « On ne peut pas mépriser le peuple ! », comme s’il ne s’en battait pas l’œil, lui, précisément, des « petites gens ». Comme si le maçon, le couvreur qui faute de pouvoir mettre de l’essence dans sa fourgonnette, voit son chantier paralysé et sa compta plombée, était Carlos Ghosn.
On se tamponne des artisans qui crèvent, des professions libérales qui morflent, des commerçants qui trinquent, des étudiants en examen qui galèrent et, de façon générale, de tous les « autres » Français qui sont forcés de vivre avec ces grondes sociales suspendues au-dessus de leur tête comme des catastrophes naturelles auxquelles il faut bien se résigner puisque, apparemment, personne n’y peut mais. 
Rien à cirer que les forces de l’ordre mobilisées, n’ayant pas le don d’ubiquité, fichent pendant ce temps une paix royale aux terroristes, libres ainsi de vaquer en toute tranquillité à leurs menus préparatifs pour le prochain sinistre feu d’artifices.
Car Alexis Corbière et ses amis sont d’éternels noctambules debout, vieux adolescents narcissiques et inconséquents ne pensant qu’à leur pomme.
Et ce n’est que le début… d’accord, d’accord.
La CGT vient d’appeler à une grève illimitée à la RATP à partir du 2 juin.
« Un responsable politique a le même rôle qu’un père de famille à l’égard de ses enfants », vient de déclarer à La Croix Najat Vallaud-Belkcacem. Elle a raison. À condition que celui-ci ne soit pas le père Thénardier qui passe tout à ses enfants naturels, ceux qu’il reconnaît de son sang, biberonnés à l’UNEF ou à la CGT, et exploite jusqu’à l’épuisement Cosette, la France qui passe la serpillière et se cogne toutes les corvées.

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