
Hainaut Elisabeth
Je n`ai pas servi dans Tsahal autrement que quelques jours à la Gadna à BeHora au nord d`Eilat. 30 ans plus tard, je me rappelle encore mes peurs quand j`allais prendre mon tour de garde la nuit.
Je n`ai pas connu le bonheur de la paternité, et de fait non plus les angoisses de savoir mon fils en découdre avec des terroristes barbares sanguinaires.
J`ai fait mon alyah il y a moins de 3 ans, réalisant un vœu d`adolescent mais que je n`ai pu concrétiser plus tôt.
Je crois que chaque juif qui monte, contribue à l`avènement du Mosiah et qu`il doive défendre Israël en fonction de ses moyens, à défaut de pouvoir rejoindre Tsahal.
Je n`ai jamais eu aucun doute quant à la légitimité d`Israël en tant que patrie et foyer national juif.
Je pense souvent à mes grands-parents et autres 6 millions de Juifs détruits dans les camps nazis et qui n`auront pas vu le soleil se lever en Eretz Israël sur le drapeau bleu et blanc un certain 14 mai 1948.
J`ai étudié l`histoire de notre Peuple, et celle de notre état en reconstruction, ses guerres, ses morts, ses héros, ses réussites et ses échecs.
Aujourd`hui je lis partout, tant sur les blogs que dans les medias et les réseaux sociaux l`expression de notre angoisse teintée d`amertume, suite à l`accord signé par nos élus (élus démocratiquement) quant à Gilad et à la mise en liberté d`assassins qui sont dans la négation de l`humain.
Combien de fois ces 5 dernières années, ne me suis-je pas posé cette question, comme beaucoup d`entre nous : faut-il ou ne faut-il pas négocier la libération de Gilad. Ai-je le droit de me poser cette question ?
De prime abord j`abondais naturellement dans le sens de la déclaration de Bibi à l`ONU en 1985, ou de Golda Meier plus tôt.
3 niveaux de réponses se sont toujours imposés à moi.
- Quel père, quelle mère, quel frère ou quelle sœur, ne se battrait pas contre tous les périls du monde pour sauver la chair de sa chair ? quelle mère en Israël accepterait d`abandonner son enfant ?
Comment peut-on gérer cette absence, ce silence, cette attente entre espoirs et désespoirs. Ces nuits sans sommeils, ces larmes versées, ces crampes de la douleur du manque de l`enfant aimé ?
Cette absence de savoir : vit-il ou ne vit-il pas ? Souffre-t-il ou pas ? A-t-il été torturé ou respecté ?
Avons-nous le droit de mettre sur leurs épaules les futures victimes ?
PAS de réponse…
- Quel dirigeant sacrifierait-il la vie de ses concitoyens au bénéfice de la vie d`un seul ?
Faut-il ou ne faut-il pas avoir des principes ? Peut-on envoyer un message à tous les soldats, à tous les parents, que s`ils se font prendre nous les abandonnons simplement ?
Donne-t-on l`impression de céder ? De plier ? Que dire aux familles endeuillées, meurtries et mutilées par ces terroristes ? Que le temps des assassins de leur enfant est révolu et qu`ils vont pouvoir retourner à la vie civile comme s`il ne s`était rien passé ? A-t-on le droit de poignarder à nouveau ces victimes dans leur âme et dans leur cœur ?
PAS de réponse…
- Que dire aux orphelins qui ont perdus leurs parents dans des attentats suicides ? Que dire aux parents qui ont survécu à la mort de leur enfant, que dire aux veuves et veufs, aux blessés, aux mutilés, aux traumatisés à vie ? Avons-nous le droit de leur faire cela ? Avons-nous des mots ?
PAS de réponse…
Avons-nous le droit ces jours, nous citoyens qui avons marché aux côtés de Noam et Aviva à travers Israël, de jeter l`opprobre sur celui à qui nous avons exigé qu`il fasse tout pour nous ramener Gilad, et en vie ?
Combien d`éditoriaux dans les mois passés clamaient qu`il fallait accepter de sortir de prison ces 1000 terroristes, que la vie d`un seul israélien vaut plus que ces 1000 vies ?
J`entends aujourd`hui nombre de ces éditorialistes crier que le prix payé est trop élevé, que ces barbares vont débouler à nouveau sur Israël pour lancer de nouvelles attaques suicides et que Bibi va être redevable de ces morts autant que Gilad !
Les questionnements, les critiques, les interrogations, les explications demandées sont salutaires, notamment dans un état démocratique de droit tel que le nôtre.
Sommes-nous entrain de perdre le sens commun. Ou sommes-nous seulement guidés par nos émotions, sans plus de hauteur de réflexion ?
Les terroristes du Hamas ou du Hezbollah, tant que ceux de l`OLP et du Fatah n`ont pas besoin de ces 1000-là pour préparer de nouveaux attentats, ils ne s`en sont pas privés jusqu`à aujourd`hui, et il ne se passe pas un jour sans que nous n`en déjouions-en pas !
Oui, j`ai mal depuis cette nuit ; j`ai mal d`avoir vu certains noms sur cette liste maudite du service pénitentiaire.
Oui, j`eus souhaité que nous les ayons tués plutôt qu`arrêtés.
Oui, j`ai mal pour toutes celles et tous ceux qui ont lu le nom des assassins de leurs enfants en voie de « rédemption ».
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