mardi 27 mars 2018

La fête catholique des rameaux nous relie à la bible hébraïque !


La Semaine sainte a commencé par la fête des rameaux. Peu de gens pourtant attachés à ce bouquet végétal béni par le prêtre ont conscience de ce à quoi ils se retrouvent reliés, par-delà les siècles…

C’est un véritable concentré d’histoire sainte ! Chaque année à Jérusalem, le 10 du mois de tishri, commence pour nos prédécesseurs dans la foi une grande célébration pénitentielle afin de sortir de l’emprise du péché (Yom Kippourîm). La communauté vit pleinement le don de la miséricorde de Dieu, dans le jeûne, la prière et l’aveu des fautes.
 Lors de cette repentance, Dieu ne pardonnera que les péchés commis contre lui, car ceux qui concernent le prochain exigent une réconciliation personnelle. Jésus reprend cette même attitude dans le Notre Père : « pardonne-nous nos offenses, et pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Il ajoute même : « Si en présentant ton offrande tu te souviens que ton frère a quelque chose à te reprocher, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et viens ensuite présenter ton offrande à Dieu ».
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Entre le 15 et le 22 tishri, c’est la fête de Soukkôt, fête des cabanes. Tout se déroule alors sous le signe de la joie, car c’est la mémoire pascale de l’itinérance d’Israel au désert après la libération des servitudes d’Egypte. Passage de la mort à la vie qui se poursuit sous la guidance des 10 paroles du Sinaï. Soukkôt, c’est le rappel chaque année que nous sommes de passage sur terre et que nous nous dirigeons vers le Royaume des cieux, Olam haba.
Pour le célébrer, les membres de l’assemblée prennent en mains un bouquet de feuillages constitué d’une branche de palme(loulav), d’un rameau de myrte(hadas), d’un rameau de saule(arava) et d’un cédrat(etrog) : 4 sortes de feuillage qui symbolisent la réalité multiple du peuple de Dieu. Les rameaux parfumés évoquent les fidèles qui apportent l’odeur agréable de leurs bonnes actions. Les rameaux inodores signifient que d’autres, peu instruits de la Parole de Dieu, ne manifestent rien de méritoire. Or Dieu prend en compte l’ensemble du peuple dans son jugement bienveillant, car le parfum des uns se communique à tous les autres.
Ainsi, le peuple se trouve rassemblé dans la dynamique de la communion des saints. Dans la suite de la liturgie de Soukkôt, on chante le « hoshanna » (viens à notre aide !), et l’assemblée tourne 7 fois autour de l’autel du temple, en agitant les rameaux tenus à la main. Cela représente visuellement la présence enveloppante de Dieu pour ceux qu’il aime, il entoure son peuple et l’étreint dans sa miséricorde.
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Depuis la période apostolique, le jour des rameaux et de la passion de Jésus, les fidèles perpétuent les gestes de la liturgie juive, ils tournent autour du tombeau du Christ, les palmes à la main, pour exprimer dans la louange la relation de confiance avec le Sauveur et leur attachement au Dieu des pères qui poursuit son œuvre dans le monde des vivants.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, Commission judéo-catholique des évêques suisses, pour Dreuz.info.

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