mardi 13 mars 2018

En Syrie, de plus en plus d’enfants sont tués dans la guerre, déplore l’Unicef...


De plus en plus d’enfants périssent dans la guerre en Syrie, a déploré lundi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), alors que le conflit entre cette semaine dans sa huitième année.
L’Unicef souligne dans son rapport une augmentation de 50 % du nombre d’enfants tués en 2017 par rapport à l’année précédente.
« En 2017, la violence aveugle et extrême a tué le plus grand nombre jamais connu d’enfants – 50 % de plus qu’en 2016 », affirme l’Unicef, ajoutant que 2018 s’annonçait plus sombre encore.
Près de 200 enfants ont été tués dans l’enclave rebelle de la Ghouta orientale depuis février dans des bombardements des forces du régime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Les enfants représentent 20 % des victimes civiles de cette offensive, selon l’OSDH.
Dans son rapport, l’Unicef cite Sami, un enfant du sud de la Syrie aujourd’hui réfugié en Jordanie.
« Je suis sortie jouer dans la neige avec mes cousins. Une bombe est tombée. J’ai vu les mains de mon cousin s’envoler devant mes yeux. J’ai perdu mes deux jambes », raconte-t-il.
Les enfants handicapés « font face au risque très réel d’être négligés et stigmatisés alors que le conflit se poursuit sans répit », souligne le directeur régional de l’Unicef, Geert Cappelaere.
Selon l’Unicef, quelque 3,3 millions d’enfants sont exposés aux engins explosifs à travers le pays, tandis que des dizaines d’écoles ont été touchées en 2017 seulement.
Le président syrien Bashar al-Assad, à gauche, le président russe Vladimir Poutine et le ministre russe de la Défense Sergei Choigou inspectent un défilé militaire lors de leur visite à la base aérienne russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, le 11 décembre 2017. (Crédit : Mikhail Klimentyev / AFP)
Assad poursuit son avancée dans le fief rebelle morcelé de la Ghouta
Les forces du régime syrien ont poursuivi lundi leur progression dans l’enclave rebelle désormais morcelée de la Ghouta orientale, pilonnant en particulier deux villes de l’ouest du fief insurgé, près de Damas.
L’offensive du régime syrien qui vise à reprendre l’intégralité de ce dernier bastion rebelle en banlieue de la capitale a fait depuis le 18 février 1 144 morts, dont 240 enfants, et plus de 4 400 blessés, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Fort du soutien de l’allié russe et profitant de l’impuissance d’une partie de la communauté internationale, les forces du régime de Bachar al-Assad ont enchaîné les victoires ces dernières années contre les rebelles et les jihadistes, parvenant à reprendre le contrôle de plus de la moitié du pays.
Dans la Ghouta, région stratégique bordant la capitale, ces troupes étouffent chaque jour davantage l’enclave soumise à un siège asphyxiant depuis cinq ans. Damas en contrôle désormais près de 60%, d’après l’OSDH.
A la faveur de bombardements aériens, de tirs d’artillerie et de combats au sol, le régime est parvenu à isoler les principales villes du secteur, scindant en trois parties le fief insurgé.
Depuis le début de la guerre en Syrie, le régime a cherché à étouffer les différents fiefs rebelles, parfois jusqu’à la famine. Il l’a fait notamment à Alep (nord), deuxième ville du pays, qu’il a reprise en décembre 2016 après un siège asphyxiant et des bombardements dévastateurs.
Le conflit en Syrie a été déclenché par la répression de manifestations pro-démocratie et s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de puissances étrangères et de groupes jihadistes.
D’après un dernier bilan de l’OSDH fourni lundi, « 353 935 personnes ont été tuées depuis le 15 mars 2011 », date du début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad.
Parmi ces victimes figurent 106 390 civils dont 19 811 enfants, a précisé l’Observatoire.
Le président français François Hollande (au centre) après avoir dévoilé une plaque commémorative devant le café Comptoir Voltaire sur le Boulevard Voltaire à Paris, le 13 novembre 2016. (Crédit : Pool/Christophe Petit Tesson)
Hollande : Les Occidentaux ne font pas assez pression sur Moscou et Ankara
L’ancien président français François Hollande estime que l’Otan et les pays européens doivent faire davantage pression sur la Russie, y compris par la « menace », et sur la Turquie pour obtenir l’arrêt des offensives dans la Ghouta orientale et l’enclave kurde d’Afrine en Syrie.
« C’est la Russie qui est la puissance principale (en Syrie, ndlr) et le risque est sérieux d’une escalade si aucune limite ne lui est fixée », déclare François Hollande dans une interview au quotidien Le Monde publiée lundi.
« On doit parler à Vladimir Poutine (…) Mais ce n’est pas une raison pour la laisser (la Russie) avancer ses pions sans réagir. La position de Donald Trump n’est ni claire ni prévisible, c’est donc à la France, à l’Europe, à l’Otan de se mettre en mouvement », martèle M. Hollande qui critique au passage la ligne diplomatique de son successeur Emmanuel Macron.
« La Russie se réarme depuis plusieurs années, et si elle est menaçante, elle doit être menacée », poursuit l’ancien président socialiste (2007-2012), qui était en fonction au début du conflit syrien en 2011.
Selon François Hollande, les Occidentaux peuvent faire pression sur « les sanctions, les règles commerciales, la question du pétrole et du gaz ».
« Je ne veux pas compliquer un jeu qui l’est déjà beaucoup. Mais je pense que les puissances démocratiques – j’insiste sur ce mot, démocratique – doivent prendre conscience de leur responsabilité, de ce que peuvent être leur influence et leur rôle », insiste-t-il.
L’ancien chef de l’Etat dénonce aussi l’opération de la Turquie, pays membre de l’Otan, contre les Kurdes syriens, qui ont été alliés des Etats-Unis et des Européens dans le combat contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, et critique un certain laisser-faire des Occidentaux face à Ankara.
« Si j’ai soutenu les Kurdes dans le cadre de la coalition (internationale sous commandement américain, ndlr), ce n’est pas pour les laisser dans la situation où ils sont », assène-t-il.
« Si j’ai été aussi dur sur le régime de Bachar Al-Assad, et je l’ai été avec constance, ce n’est pas pour le laisser liquider son opposition et massacrer son peuple », ajoute-t-il.
A la différence de son prédécesseur, Emmanuel Macron ne fait plus du départ de Bachar al-Assad un préalable à la recherche d’une solution politique en Syrie.
Dans la Ghouta orientale, comme à Afrine, François Hollande plaide pour l’instauration de zones d’exclusion aérienne afin de faire cesser des bombardements sur hôpitaux et civils, en notant que les « lignes rouges ne peuvent concerner les seules armes chimiques ».

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