mardi 27 février 2018

Véronique Cohen: “Le chant prend place là où la parole fait défaut”


A l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars 2018, Tamar Abessira Conseillère du Maire de Jérusalem, Nir Barkat, reçoit pour 2 représentations exceptionnelles la cantatrice Mezzzo soprano 
Véronique Cohen.
Interview de femme à femme.
Tamar Abessira -Véronique Cohen racontez-moi comment devient-on chanteuse d’Opéra.
Chez nous la musique est une histoire de famille mon grand-père était violoniste. Chacun de nous étudiaient 2 à 3 instruments. J’ai commencé par le piano à 6 ans, le violon à 8 ans, la contrebasse à 14 ans. A 17 ans je me cherchais comme beaucoup d’adolescents et pensant combler un besoin existentiel, je trouvais une nouvelle passion “le théâtre”, je présente donc le conservatoire d’art dramatique où j’arrive en finale mais je suis recalée, un drame! C’est alors que j’entends parler d’une audition  au théâtre. Sans savoir où j’étais réellement ce qu’est-ce que je désirais je m’y suis présentée et leur ai proposé une tirade d’Antigone ce à quoi ils m’ont répondu: “Mademoiselle, nous recherchons des chanteurs. Vous êtes à l’OPERA” !
Un des membres du jury, me demande mon parcours: “Vous êtes donc musicienne, et savez-vous chanter” ? Je proposai Véronique Sanson ou Maxime le Forestier ! Malgré tout  le jury décida de me faire vocaliser sous la dictée du pianiste. Remplie de trac je réussis à capter leur attention. C’est ainsi que fièrement j’entrai à l’opéra de Lyon, par pur hasard. J’étais émerveillée par cet univers. Il était fait pour moi. Tout était réuni : le chant, le théâtre la musique, la scène.
Tamar AbessiraVéronique quel a été votre plus beau rôle ?
Peut-être à une époque celui de Carmen ou de Charlotte dans Werther. Tous les rôles que j’ai pu aborder sont des facettes de chacune des femmes que nous sommes. Mon plus beau rôle est celui d’une épouse, d’une mère qui cherche le Emeth aujourd’hui,  je suis en accord parfait avec mon intériorité mêlant musique et spiritualité en adaptant des Tehilim sur des airs de grands compositeurs.
Tamar AbessiraVous avez décidé il y a quelques années de renoncer à la carrière professionnelle qui s’offrait à vous pour vous produire devant un public féminin uniquement Pourquoi ?
J’étais dans une recherche de vérité et d’authenticité. La grande musique amène à une dimension de pureté  qui peut frôler le Divin. Je décidais d’aller chercher ailleurs, tout en restant focalisée sur ma carrière, mes lectures ont changé je découvrais l’histoire de mon peuple et surtout la Torah. Je décidais de ne plus chanter en soliste car j’appris qu’une femme ne pouvait dévoiler sa voix devant les hommes. Je n’étais pas prête à renoncer au chant. C’est alors que j’ai intégré les chœurs de  Radio France et l’opéra de Paris. C’était un bon compromis, je n’étais plus soliste et je pouvais continuer à chanter. Mais consciente que j’étais toujours dans la compromission et que je ne pouvais goûter pleinement à une vie de Torah je décidai de quitter cet univers. Je rentrai dans l’anonymat le plus total et jouai le rôle le plus important de ma carrière celui d’épouse et de mère qui qui veut fonder un foyer dans la pure tradition juive. Le chant est l’expression qui veut l’extériorisation de profondes émotions et prend place là où la parole fait défaut et nous permet de nous élever encore infiniment plus haut dans nos actes et de nous sanctifier dans le monde de nos pensées.

Tamar Abessira-Vous allez donner deux représentations à Jérusalem le 8 mars à l’occasion de la journée de la femme. Qu’est-ce que cela vous inspire hasard ou fatalité?
Ce n’est évidemment ni un hasard ni une fatalité, bien au contraire puisque le chant a toujours été pour moi l’instrument qui m’a permis de me révéler et d’aller plus loin dans mon intériorité et d’exprimer mon sentiment religieux . La halakha nous demande de réserver cette part d’intimité à un cercle purement féminin. Lorsqu’on peut avoir un lien d’une intimité parfaite avec Dieu dans une totale intégrité où s’associe l’intelligence du cœur avec l’intelligence de la pensée, la voix se met au service de la nechama, de l’âme. En attendant je suis sincèrement heureuse et impatiente de découvrir le public Yeroushalmi.

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