samedi 7 juillet 2018

Si les pro-palestiniens étaient vraiment pro-palestiniens, ils hurleraient de la façon dont leurs protégés sont traités au Liban....


Encore un article important publié par Dreuz info, relatant des faits dont vous n’entendriez jamais parler si vous vous contentiez, comme ils vous encouragent à le faire, à ne lire que la presse traditionnelle.

Synaps Network (1) décrit la dramatique situation de la jeunesse palestinienne au Liban avec des détails inédits. Aucun n’est jamais rapporté dans la presse.

Pourquoi ?
Parce que les journalistes veulent donner à croire que les Israéliens se conduisent comme des monstres vis-à-vis des musulmans palestiniens. Qu’ils les traitent comme des chiens, les écrasent et les massacrent, alors bien-sûr, ils ne vont pas vous montrer que c’est par leur propre famille que les Palestiniens sont traités comme des chiens.
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Au Liban, en Syrie et en Jordanie, les droits de l’homme les plus basiques leurs sont confisqués. Et quand la réalité contredit les médias, ils ne la montrent pas.
Le temps où les journalistes recherchaient les faits a disparu. Tellement disparu qu’ils doivent maintenant faire voter des lois « anti-fausses nouvelles » pour préserver ce qui reste de leurs machines à désinformer. Ils ne sont plus là pour vous dire les choses mais pour vous forcer à penser comme eux.
Si les pro-palestiniens soutenaient vraiment le peuple palestinien, c’est contre la cruauté que vous vous apprêtez à lire qu’ils seraient révoltés.

Des discriminations révoltantes

Malgré leur degré d’assimilation, les jeunes Palestiniens souffrent de mesures discriminatoires imposées par le gouvernement libanais précisément pour empêcher leur intégration progressive et, craint le gouvernement, permanente.

L’aspect peut-être le plus oppressant de l’environnement dans lequel vivent les Palestiniens est de nature psychologique. Les différentes sectes du Liban ont tendance à considérer leur assimilation comme une menace.
  • Les maronites ont conservé le traumatisme de la guerre civile qu’ils accusent à juste raison les Palestiniens d’avoir déclenchée, et au cours de laquelle les milices palestiniennes ont fait du Liban un terrain propice à leur lutte contre Israël, en commettant au Liban des crimes odieux débouchant, entre autres, sur le massacre de Sabra et Shatila.
  • Les chiites, pour leur part, ont lutté âprement contre les milices palestiniennes et craignent également que l’intégration d’une communauté palestinienne à prédominance sunnite ne perturbe l’équilibre sectaire délicat du pays.
  • Les sunnites libanais sont mécontents de la concurrence accrue sur un marché du travail souvent très sectaire, où les sunnites se disputent plus souvent les uns contre les autres que, disons, les maronites.
Dans l’ensemble, les Libanais considèrent les Palestiniens avec une négativité écrasante.
Le plus grand obstacle qui empêche les jeunes Palestiniens de s’épanouir au Liban est l’accès restreint à l’emploi :
  • Il leur est formellement interdit de travailler dans au moins 39 professions différentes : les soins de santé, les transports, la pêche, la comptabilité, l’ingénierie et la justice.
  • Une loi de 2001 a même interdit aux Palestiniens d’acquérir des biens sur le sol libanais.
  • Ces restrictions ont des répercussions sur la capacité de la jeunesse palestinienne d’atteindre une forme normale d’âge adulte, puisque l’obtention d’un emploi et l’achat d’un bien immobilier sont les portes traditionnelles du mariage.
En sus de ces restrictions, il leur est difficile de trouver un emploi en raison des discriminations dont ils sont victimes, dans un environnement où jusqu’à 35 % des Libanais sont déjà à la recherche d’un emploi, et les palestiniens ont encore plus de difficultés.

En plus de la discrimination officielle inscrite dans la loi, les jeunes Palestiniens sont confrontés à des préjugés informels implacables.
« Un de mes amis connaît quelqu’un qui dirige une entreprise de cocktails dans un quartier chrétien, et ils avaient besoin d’un serveur », dit Mohammed. « Eh bien, j’ai essayé. Je suis allé leur parler, et ils ont refusé, même si c’est légal d’être un serveur palestinien. »
Les conversations sur le travail abordent souvent les mêmes thèmes : « Personne ne me rappelle ». « Ils ne me demandent même pas mon CV si je leur montre que je viens d’un camp ».
Ce sentiment d’oppression et d’injustice définit l’expérience de la jeunesse palestinienne au début de l’âge adulte.
Résultat, les jeunes sans emploi passent souvent des années à recevoir de l’argent de poche de parents qui craignent de les voir sombrer dans la délinquance et la dépendance de la drogue.

Apathie, indifférence et désespoir

Le Liban où ils ont grandi est tout ce que les jeunes Palestiniens connaissent, et il les rejette, même après sept décennies.

Les « réfugiés » palestiniens de troisième et quatrième générations semblent perdus. La Palestine, aussi chère soit-elle pour eux, est en grande partie une abstraction : c’est certainement leur cause, mais c’est la mémoire de quelqu’un d’autre.
« J’ai appris à chanter l’hymne national libanais avant l’hymne national palestinien », déclare Ahmed*, un jeune travailleur social du camp de Rashidiye dans le Sud liban.
« J’ai accepté les lois libanaises avant celles de Palestine. J’ai appris à prononcer le mot « banadoura » au lieu de « bandora » [Cette référence aux variantes subtiles du mot tomate porte de lourdes connotations symboliques : Pendant la guerre, les Palestiniens étaient exécutés par les milices libanaises uniquement sur la base de la façon dont ils prononçait ce mot.
Ahmed continue :
« J’ai plus d’amis libanais que d’amis palestiniens. Mais je n’ai aucun droit dans le pays où je suis né, où mes parents sont nés. »
Il n’y a pas de meilleure illustration de l’apathie croissante chez les jeunes Palestiniens que leur réaction à la décision américaine, fin 2017, de reconnaître Jérusalem comme capitale officielle d’Israël.
Des groupes de jeunes sont descendus dans les rues devant l’ambassade des États-Unis, et la faction libanaise Hezbollah a organisé une manifestation de masse sur son territoire dans la banlieue sud de Beyrouth, mais les camps palestiniens sont restés silencieux, indifférents.
Dans l’ensemble, ces événements ont démontré à quel point la cause palestinienne semble être partout sauf entre les mains des Palestiniens, dont le destin – maintenant plus que jamais – est l’otage des calculs des autres.
Coupés de la Palestine et pressurisés par le Liban, beaucoup de jeunes palestiniens considèrent l’émigration comme la seule option restante.
« Vous entendrez les mêmes mots dans toutes les familles du camp », dit une femme du camp de Beddawi. « Tous les jeunes veulent partir. » Le voyage vers un nouvel exil est complexe et coûteux. Les pays occidentaux – qui offrent la seule perspective plausible de réinstallation car les pays arabes ne veulent pas des Palestiniens, ont érigé de nouveaux obstacles depuis la crise syrienne. Une route populaire actuelle mène en Espagne via la Turquie et l’Equateur – un chemin rendu possible par le fait que Quito permet aux Palestiniens d’entrer sans visa. Tarif en vigueur : de 8 000 à 12 000 dollars pour devenir migrants et toucher ensuite le gros lot.
Le marché du travail, l’immense difficulté de surmonter les aspects pratiques du mariage, le coût de l’émigration, la crise du logement, les factions politiques apathiques mais solidement ancrées : tout montre que même les ambitions les plus modestes des jeunes Palestiniens sont en grande partie irréalisables. L’indifférence, l’amertume ou même des réactions autodestructrices deviennent alors monnaie courante.

Encore plus de discrimination

Les Palestiniens sont exclus de la Caisse nationale de sécurité sociale libanaise

Les donateurs sont fatigués des structures archaïques de l’UNRWA, et du fait que l’agence des Nations Unies se consacre uniquement aux affaires des réfugiés palestiniens. Ajouté aux récentes compressions budgétaires l’UNRWA au Liban à réduit brusquement les remboursements des dépenses de santé de 100 pour cent à 90 ou 85 pour cent.
Cette décision a réveillé une discrimination encore plus insoutenable : les Palestiniens sont exclus de la Caisse nationale de Sécurité sociale libanaise – une discrimination d’autant plus exaspérante que les employeurs sont légalement tenus de verser près de 15 % des salaires de leurs employés palestiniens à une caisse dont les employés palestiniens eux-mêmes ne peuvent pas bénéficier.

« Nous n’avons pas assez d’espace pour enterrer nos morts »

L’étau se resserre, non seulement métaphoriquement, mais aussi physiquement. Alors que les populations augmentent, les camps eux-mêmes – établis sur des terres louées par l’UNRWA pour une période de 99 ans – sont bordés par leurs limites actuelles, et les Palestiniens ne sont pas autorisés à vivre ailleurs. Construites à la périphérie des villes libanaises, beaucoup d’entre elles ont depuis été absorbées par elles : Shatilah et Bourj al-Barajneh sont maintenant attachés à Beyrouth, tout comme Ain al-Heloue à Saïda, Beddawi à Tripoli ou Rashidiye à Sur.
Les réfugiés syriens ainsi que de nombreux Libanais pauvres ou de classe moyenne inférieure, se sont installés dans ces camps, car la bulle immobilière du pays a rendu le logement prohibitif.
Le surpeuplement a finalement atteint des extrêmes. « Nous n’avons pas assez d’espace pour enterrer nos morts », a déclaré un responsable du camp de Beddawi. « Nous avons dû négocier avec quelqu’un pour faire don d’un terrain pour le transformer en cimetière. »
Les rues étroites rapprochent les fenêtres des appartements les unes des autres, ce qui prive les familles de leur dignité et de leur intimité. « Avec nos voisins, nous ouvrons les fenêtres à tour de rôle », explique un jeune militant de Nahr al-Bared. « Nous avons les matins. Ils prennent la garde de l’après-midi. »
Les jeunes ont également du mal à trouver de quoi se loger pour devenir plus indépendants et créer une famille.
Et les retombées de la guerre en Syrie ont encore aggravé la situation. Les camps palestiniens déjà surpeuplés ont encore grossi, les réfugiés d’à côté fuyant le conflit. Selon les recensements du LPDC, plus de 60% de la population de Shatilah est composée des réfugiés palestiniens arrivant de Syrie. A Bourj al-Barajneh, la proportion est d’un peu plus de la moitié. Un représentant de l’UNRWA a déclaré que cette dernière vague de réfugiés comprenait jusqu’à 45 000 de Palestiniens syriens, un certain nombre d’autres sources estimant à environ 30 000. Naturellement, les camps – en termes d’espace, d’emplois, d’infrastructures et de services – n’étaient pas du tout préparés à absorber ce débordement.
Les pénuries d’eau et l’accumulation des ordures ménagères sont parmi les manifestations les plus évidentes de ces nouvelles pressions, tandis que d’autres sont plus insidieuses. Les salles de classe de l’UNRWA, qui accueillaient entre 20 et 30 élèves, en accueillent aujourd’hui plus de 50.

Et pour finir, la désinformation sur le nombre de réfugiés palestiniens

En décembre 2017, les résultats du recensement du Comité de dialogue libano-palestinien (LPDC) (2) ont révélés la réalité des chiffres. Le recensement a révélé que les réfugiés palestiniens et leurs descendants représentent quelque 175 000 personnes, et non le demi-million de personnes que la propagande avance régulièrement.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.
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(1) http://www.synaps.network/the-other-lebanese
(2) http://www.lpdc.gov.lb/selected-articles/lebanon-conducts-first-ever-census-of-palestinian/401/en
* nom changé

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