mardi 3 juillet 2018

Israël envoie un message à Assad : n’entrez pas dans la zone démilitarisée....


Le déploiement par l’Etat juif de renforts sur le plateau du Golan est un message adressé au dictateur syrien Bashar al-Assad alors que ses forces ne cessent de s’approcher de la frontière israélienne, a indiqué un analyste israélien dimanche.
« Maintenant que votre armée vient vers le sud, ne l’envoyez pas dans la zone démilitarisée qui a été établie dans l’accord de cessez-le-feu de 1974. Israël considérera cela comme une grave violation », a déclaré le spécialiste de la défense de la chaîne Hadashot, Roni Daniel, explicitant le message qui, selon lui, est transmis par Israël à Assad.
L’armée israélienne a envoyé des tanks et des canons d’artillerie supplémentaires vers la frontière syrienne dimanche dans le contexte d’une nouvelle offensive du dictateur Bashar el-Assad et des soldats russes contre les bastions rebelles qui persistent dans le sud-ouest du pays.
« C’est un message à Assad », a déclaré Daniel. « Lorsque l’armée israélienne déploie des renforts, qu’il annonce les renforts, il n’y a qu’un seul destinataire : Assad ».
Une photo prise depuis le plateau du Golan israélien montre un camp pour Syriens déplacés à proximité du village de Burayqah, dans la province de Quneitra, au sud du pays, le 30 juin 2018 (Crédit : AFP Photo/Menahem Kahana)
Cette initiative n’est pas inattendue. Depuis le début de la nouvelle campagne de terrain menée par Damas contre les villes rebelles de la province de Deraa, le mois dernier, avec le soutien aérien de la Russie et l’assistance de terrain assurée par les milices appuyées par l’Iran, ce sont environ 160 000 ressortissants syriens qui ont fui leurs habitations et qui se sont rendus aux frontières des deux pays, cherchant un refuge.
Plusieurs centaines de Syriens en fuite se sont installés dans des campements de tente adjacents à la frontière israélienne, au coeur de la zone démilitarisée établie après la guerre de Yom Kippour, en 1973, avec l’espoir apparent qu’Israël réagira pour mettre en oeuvre l’accord de séparation et empêcher les militaires syriens de pénétrer dans le secteur.
Des Syriens fuyant les bombardements des forces gouvernementales dans la campagne du sud de la province de Daraa se déplacent en tracteurs et camions près de la ville de Shayyah, au sud de la ville de Daraa, vers la zone frontalière entre les hauteurs du Golan et la Syrie le 28 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)
Selon Daniel, Israël ne se limite pas à envoyer indirectement son message par le biais de manœuvres militaires : le ministre de la Défense Avigdor Liberman aurait appelé son homologue russe Sergei Shoigu pour lui demander de transmettre explicitement son contenu à Assad.
Les renforts israéliens de dimanche ont été envoyés pour renforcer les capacités de la 210e Division Bashan, qui défend le plateau du Golan, a expliqué l’armée.
Un tank de l’armée israélienne déployé sur le plateau du Golan, à proximité de la frontière syrienne, le 1er juillet 2018 (Crédit : Armée israélienne)
« [Cet envoi] est entré dans le cadre des préparations de l’armée israélienne au vu des développements sur le plateau du Golan syrien, à proximité de la frontière », ont fait savoir les militaires dans un communiqué.
Ils ont promis d’apporter une « réponse déterminée » à toute frappe – qu’elle soit délibérée ou accidentelle – provenant de Syrie et pénétrant sur le territoire israélien.
De la fumée s’élève au-dessus des zones tenues par l’opposition de la ville de Daraa pendant les frappes aériennes des forces du régime syrien, le 30 juin 2018. (AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED)
« L’armée accorde une grande importance au maintien de l’accord d’armistice entre Israël et la Syrie signé en 1974 », ont expliqué les militaires, ajoutant que « l’armée israélienne va continuer à respecter son principe de non-implication dans les événements en Syrie et continuera à mettre en oeuvre une politique prônant une réponse déterminée en cas de violation de la souveraineté de l’Etat d’Israël et de menaces envers ses citoyens ».
Israël comme la Jordanie ont annoncé qu’ils n’accepteraient pas les réfugiés mais ils ont fourni de l’aide humanitaire aux populations déplacées.
La semaine dernière, l’armée israélienne a annoncé qu’elle avait livré plusieurs tonnes d’aide humanitaire – alimentation, vêtements, médicaments – dans le sud de la Syrie au vu de la situation qui ne cesse de se détériorer dans les camps pour les populations déplacées qui ont été installés à la hâte à la frontière.
Israël a également fait entrer dans la nuit de vendredi six Syriens blessés dans le pays – dont quatre enfants devenus orphelins lors des attaques menées par les Syriens et par les Russes – pour qu’ils soient pris en charge dans les hôpitaux de l’Etat juif.
« Israël donne de l’aide humanitaire depuis des années et continuera aujourd’hui à le faire au vu de cette absolue nécessité », a dit l’armée.
Des Syriens déplacés par les bombardements des forces gouvernementales dans la province de Daraa, dans le sud du pays, arrivent près de la municipalité de Shayyah, au sud de la ville de Daraa, alors qu’ils se rendent à la zone frontalière entre le plateau du Golan occupé par Israël et la Syrie, le 29 juin 2018 (Crédit :. / AFP PHOTO / Mohamad ABAZEED
Dimanche matin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répété qu’Israël offrira son aide mais ne permettra pas aux réfugiés d’entrer dans le pays.
« Nous continuerons à défendre nos frontière. Nous élargirons l’aide humanitaire au maximum de nos capacités. Nous ne permettrons pas l’entrée sur notre territoire et nous demanderons que l’accord de séparation de 1974 passé avec l’armée syrienne soit strictement maintenu », a-t-il commenté au début de la réunion hebdomadaire de cabinet.
Le Premier ministre a ajouté que lui-même, le ministre de la Défense et le chef d’Etat-major étaient tous en contact constant avec les Etats-Unis et la Russie – les deux principales puissances en Syrie – concernant les combats dans le sud-ouest du pays.
Depuis le 19 juin, appuyé par la Russie, le régime de Damas a mené une campagne de bombardements meurtriers dans le sud de la Syrie alors qu’il tente de reprendre la zone stratégique adjacente à la Jordanie et au plateau du Golan israélien.

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