mardi 8 mai 2018

Israël laisserait le chef du nucléaire iranien en vie pour suivre ses activités....


Israël a peut-être décidé de ne pas tuer le responsable du programme d’armes nucléaires de l’Iran parce qu’il préfère le garder en vie et observer ses faits et gestes, même si d’autres experts nucléaires iraniens ont été tués ces dernières années dans des opérations attribuées au Mossad, selon un reportage télévisé israélien de vendredi soir.
Révélant qu’Israël avait récupéré dans un entrepôt à Téhéran de nombreuses archives concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré lundi soir que le Dr Mohsen Fakhrizadeh, professeur de physique et officier des Gardiens de la Révolution iranienne, était le directeur du projet. « Souvenez-vous de ce nom, Fakhrizadeh », a insisté Netanyahu, en montrant les documents qui, selon lui, prouvent de manière irréfutable que l’Iran a menti lorsqu’il a affirmé ne pas avoir cherché à se doter d’armes nucléaires et que l’accord nucléaire de 2015 était fondé sur la « duperie iranienne ».
Netanyahu est revenu sur ce même Fakhrizadeh peu de temps après dans ses déclarations, soulignant le caractère central du travail du chef de projet sur le programme iranien.
« Si l’Iran choisissait de se doter d’armes (enrichissement), Fakhrizadeh serait considéré comme le père de la bombe iranienne », a déclaré un diplomate occidental à l’agence de presse Reuters il y a quatre ans.
Etant donné que beaucoup de ses proches collaborateurs ont été éliminés au fil des ans dans des assassinats en lien avec le Mossad, il était « raisonnable de supposer » que Fakhrizadeh aurait également été « choisi » pour être abattu par le Mossad depuis des années, a déclaré Ronen Bergman, expert du renseignement sur la Dixième chaîne d’information israélienne.

Un entrepôt à Shorabad, dans le sud de Téhéran, où des agents du Mossad ont découvert et extrait des dizaines de milliers de dossiers secrets concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran (Cabinet du Premier ministre).
Puisque Fakhhrizadeh est toujours en vie, a précisé Bergman, « on pourrait dire qu’il y avait vraisemblablement un projet d’assassinat ». Et apparemment, il a été rejeté pendant les années où Ehud Olmert était Premier ministre, a ajouté Bergman, choisissant soigneusement ses mots, étant donné les limites de la censure militaire lorsqu’il s’agit de questions de sécurité nationale.
« Il semblerait qu’il y ait eu des gens qui soient allés voir Olmert… et qui lui ont dit, écoutez, il y a un risque que l’opération échoue ; il y a un risque que les forces au sol soient détectées ».

Ronen Bergman (Crédit : Dana Kopel)
Olmert a évidemment choisi de tenir compte de ces considérations et de ne pas approuver une telle opération, a déclaré Bergman, un journaliste bien informé sur le renseignement et la sécurité israéliens qui a récemment publié un livre de référence, « Rise and Kill First », sur « l’histoire secrète des assassinats ciblés d’Israël ».
Olmert a été Premier ministre jusqu’en 2009, date à laquelle Netanyahu lui a succédé.
Aharon Ze’evy Farkashash, ancien chef du renseignement militaire de l’armée israélienne, a déclaré à la chaîne de télévision Hadashot que Fakhrizadeh aurait probablement été surveillé de près au fil des ans – pour savoir où il allait, ce qu’il faisait, et pour relever les zones où il disparaissait de la vue.
Israël n’a jamais reconnu avoir assassiné des personnes impliquées dans le programme nucléaire iranien.
Les reportages de la télévision israélienne vendredi soir ont fourni plus de détails sur l’opération Mossad ; il y a trois mois, l’agence d’espionnage israélienne a récupéré dans un entrepôt à Téhéran une énorme quantité de documents sur les armes nucléaires de l’Iran, dans une opération saluée par Netanyahu comme l’une des plus grandes de l’histoire du renseignement israélien. Les rapports ont indiqué qu’une centaine de personnes auraient été impliquées dans l’opération, y compris sa planification, du début à la fin.
Mishka Ben-David, un ancien officier supérieur des opérations du Mossad, a déclaré à la Dixième chaîne qu’Israël « recueille des informations » sur le programme nucléaire iranien « sans interruption depuis plus de 20 ans », y compris en envoyant « nos agents pour surveiller » les activités suspectes.
Les reportages télévisés ont laissé entendre que les agents du Mossad auraient pu avoir besoin d’entrer dans l’entrepôt plus d’une fois, afin d’être certains qu’ils seraient en mesure d’ouvrir les coffres-forts dans lesquels les archives étaient entreposées.
Les rapports indiquent que les services de renseignements israéliens ont surveillé les archives et planifié l’opération dans le cadre d’un processus qui s’est poursuivi pendant deux ans avant qu’elle n’ait lieu en janvier. Le matériel – dont les États-Unis ont confirmé l’authenticité cette semaine – a apparemment été chargé dans des camions et renvoyé en Israël sans accroc. D’après les rapports, beaucoup de documents ont été laissés sur place.
« Il est clair que si les [agents israéliens en Iran] avaient été surpris », a dit Ben-David, « le prix aurait été colossal, presque inimaginable… Des agents israéliens, utilisant de fausses identités, dans un pays où la seule conséquence [s’ils avaient été pris] aurait été la potence ».
La Dixième chaîne a cité des sources anonymes disant que les Iraniens étaient horrifiés de constater qu’ils étaient aussi « infiltrés » et conscients « que le long bras du Mossad pouvait les atteindre ».
« Le Mossad est actif presque partout où l’on peut imaginer », a déclaré Ram Ben Barak, ancien chef adjoint du Mossad, à la télévision Hadashot. « Nous pouvons aller n’importe où. »
« Je n’envie pas » le responsable de la sécurité des archives, a confié Bergman. En effet, Bergman a déclaré que quelqu’un lui avait dit cette semaine que cet individu « ne sera pas licencié. Il va se faire tirer dessus. »
Le Mossad a sorti clandestinement les documents et les fichiers numériques avec des agents iraniens « sur leurs talons », a rapporté Hadashot plus tôt cette semaine, sur la base des informations fournies par des responsables israéliens.
Netanyahu a révélé l’opération lundi en présentant les documents lors d’une émission.
L’opération a nécessité une vaste infrastructure opérationnelle sur le territoire iranien, a indiqué Hadashot.
L’entrepôt de stockage des fichiers était situé dans la banlieue de Shorabad, dans le sud de Téhéran, dans une zone industrielle. Le Mossad a découvert l’entrepôt en février 2016, et avait placé le bâtiment sous surveillance depuis lors. Avant d’arriver sur le site, les archives secrètes avaient été déplacées plusieurs fois par les autorités iraniennes dans le but de garder le secret sur leur localisation.
À la fin du mois de janvier de cette année, les agents du Mossad ont reçu des informations précises les dirigeant vers certains coffres-forts dans un conteneur spécifique à l’intérieur de l’entrepôt. L’équipe est ensuite entrée par effraction, a récupéré les dossiers et les a transférés dans un autre endroit.

Des coffres-forts dans un entrepôt à Shorabad, dans le sud de Téhéran, où des agents du Mossad ont découvert et récupéré des dizaines de milliers de dossiers secrets concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran (Cabinet du Premier ministre).
A partir de ce moment-là, une opération complexe d’exfiltration a commencé.
Selon Hadashot, les responsables iraniens se sont rendu compte que l’opération avait été réalisée avant que les dossiers ne sortent du pays. Les agents du Mossad ont réussi à faire sortir clandestinement les documents d’Iran avec les autorités « sur leurs talons », les recherchant.
L’entrepôt a été créé en 2009 par l’Organisation du Renseignement de l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique, créée en 2009 par le Guide suprême iranien Ali Khamenei et dirigée par Hossein Taeb, religieux chiite iranien et militaire.
Ehud Ya’ari, le spécialiste du monde arabe de Hadashot, a déclaré que les responsables occidentaux sont convaincus que Taeb et d’autres responsables qui avaient la garde des dossiers top secrets qui ont été volés, risquent gros.
Zvi Yehezkeli, correspondant de la Dixième chaîne d’information pour le monde arabe, a déclaré mardi que les autorités iraniennes avaient lancé une vague d’arrestations après les révélations de Netanyahu et que les responsables pourraient être exécutés.
Hadashot a ajouté que, bien qu’Israël ait tenu à fournir les données qu’il a obtenues aux États-Unis, à l’Europe et à d’autres alliés, son principal public pourrait être l’Agence internationale de l’énergie atomique. Les dirigeants israéliens ont l’intention de démontrer à cette institution la profondeur de la tromperie iranienne et de lui révéler le tissu de mensonges sur lequel Téhéran a conclu son accord nucléaire avec les puissances mondiales en 2015.
Hadashot a déclaré que la décision de rendre public le contenu du vol de renseignements a été prise lors d’une réunion entre Netanyahu, le ministre de la Défense Avigdor Liberman, le chef du Mossad Yossi Cohen, Gadi Eizenkot, chef d’état-major de Tsahal, et Tamir Hayman, chef de la Direction du renseignement militaire.
Tous se sont dits d’accord pour que les données soient rendues publiques avec « le plus grand bruit possible ».
Netanyahu est passé lundi soir à la télévision pour présenter les dossiers dérobés, affirmant qu’il s’agissait des archives iraniennes prouvant que Téhéran a travaillé au développement d’un arsenal nucléaire et a effrontément menti à la communauté internationale à ce sujet – des faits qui, selon le Premier ministre, ont totalement sapé la légitimité de l’accord nucléaire de 2015 entre Téhéran et six puissances mondiales.
Le président américain Donald Trump a jusqu’au 12 mai pour décider si les États-Unis doivent se retirer de cet accord.

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