mardi 29 mai 2018

Iran : les frappes israéliennes passent à la vitesse supérieure ©


Les opérations israéliennes en Syrie contre l’Iran et le Hezbollah passent à la phase suivante

Israël élargit la portée de sa guerre contre l’Iran et le Hezbollah en Syrie à d’autres régions et même éventuellement en dehors des frontières de la Syrie. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a précisé, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement israélien, le dimanche 27 mai : “Nous travaillons pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires, contre la présence militaire iranienne en Syrie, contre nous … et contre le transfert d’armes meurtrières de Syrie au Liban ou leur fabrication au Liban. Toutes ces armes sont destinées à être utilisées contre l’Etat d’Israël et c’est notre droit, fondé sur le droit de légitime défense, d’empêcher leur fabrication ou leur transfert”.
Un jour plus tôt, le journal saoudien Asharq Al-Awsat, faisant autorité, a révélé : “Tel Aviv (Jérusalem) a informé Moscou de sa décision d’étendre la portée de ses lignes rouges en Syrie en empêchant l’Iran de consolider sa présence militaire et celle de ses milices, y compris le Hezbollah, à travers toute la Syrie et plus seulement dans le sud». Cette publication est liée à la maison royale saoudienne et quand elle cite des « sources diplomatiques occidentales », il faut présumer qu’elle a vérifié auprès de l’homme fort saoudien, le prince héritier Muhammad bin Salman, avant de passer à l’impression.
L’effort militaire israélien – généralement non reconnu officiellement – se limitait jusqu’ici à des opérations contre des bases iraniennes, des centres de commandement et des livraisons d’armes dans le sud et le centre de la Syrie ou contre des installations partagées par le Hezbollah et les unités des Gardiens de la Révolution iranienne. Tous les signes indiquent donc que, dorénavant, les opérations d’Israël doivent être étendues jusqu’à la frontière syro-irakienne et à l’ouest jusqu’à la frontière libanaise, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les voisins de la Syrie. Cela irait de pair avec le fait que les forces iraniennes dans l’est de la Syrie dépendent des forces combattantes et des approvisionnements provenant des milices pro-iraniennes chiites en Irak, tandis qu’à l’ouest, elles sont fortement soutenues par le Hezbollah du Liban.
Ce changement marque le début de la prochaine phase de la campagne militaire israélienne pour l’éradication de la présence militaire de l’Iran en Syrie, après le début de la première phase de quatre mois, qui a débuté en février. Cela peut ne jamais être entièrement reconnu, mais le fait est que l’opération de Tsahal a sérieusement handicapé les déploiements et les centres de commandement iraniens dans des zones allant de Damas jusqu’à la frontière israélienne dans le sud-est, et détruit les capacités radar iraniennes. D’énormes dégâts ont également été causés à d’importants chargements iraniens de missiles de surface de longue portée Fatteh 330 et à des missiles antiaériens avancés de type Bavar-373, version iranienne du S-300 russe. Mais encore, Téhéran a été en mesure de préserver l’épine dorsale de ses formations de commandement militaire en Syrie et ils sont pleinement opérationnels.
La date exacte de début de la prochaine phase est impossible à établir avec certitude. Peut-être a t-elle déjà été franchie, avec la frappe de l’aéroport militaire près de Hama le 18 mai, qui a été menée par une force terrestre plutôt que par des forces aériennes ; ou la frappe aérienne, le vendredi 25 mai, sur la base aérienne militaire de Dabaa où se trouvaient le Hezbollah et des miliciens pro-iraniens étrangers. Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a plus tard, accusé les avions de combat israéliens de cette attaque. Ni l’Iran ni le Hezbollah ne semblent avoir encore décidé comment aborder la deuxième phase de l’offensive israélienne en Syrie – surtout lorsque leur principal soutien, Moscou, a été mis au courant, directement par Israël.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Turquie : crise de doutes pour Erdogan.....

Le chef de l’Etat, homme fort du pays depuis quinze ans, se voit pour la première fois menacé lors des élections générales anticipées q...