vendredi 4 août 2017

Congrès : les Palestiniens en perte de vitesse ©


Husam Zomlot n’a pas un poste facile. C’est le représentant de l’Organisation de Libération de la Palestine face au Washington de Donald Trump. Et, malgré la promesse, sans doute, précoce de Trump de chercher par tous moyens à conclure l’accord final amenant la paix sur la Terre Sainte, son administration est complètement absorbée par des sujets bien plus pressants.
Le plus gros problème que rencontre Zomlot ces derniers temps se présente sous la forme d’un article de Loi appelé le Taylor Force, un ancien officier de l’armée américaine qui s’est fait  poignarder à mort en 2016, alors qu’il se trouvait à Tel Aviv sur la Tayelet de Jaffa, en tournée avec ses camarades étudiants diplômés de l’Université de Vanderbilt.
Lorsque le Sénateur républicain Lindsey Graham a appris que la famille du meurtrier allait recevoir un pension à vie de la part du programme palestinien visant à verser des allocations aux familles des soit-disant « martyrs » et aux prisonniers sécuritaires dans les prisons israéliennes, il a rédigé un projet de loi pour mettre un terme à l’assistance économique américaine envers l’Autorité Palestinienne jusqu’à ce qu’elle cesse ces versements indus.
Le projet de loi poursuit son chemin tortueux à travers tout le processus législatif et,  sous une forme ou une autre, aboutira sur le bureau ovale du Président. Alors que l’Administration Trump doit encore prendre position le concernant, Zomlot assume la mission malheureuse de devoir défendre les prébendes des martyrs devant le Congrès.
Lors d’une interview avec lui la semaine dernière, il m’a confié son argumentaire expliquant pourquoi l’Autorité » Palestinienne budgétise plus de 300 millions de $ pour la prochaine année fiscale entièrement alloués aux familles de terroristes et autres prisonniers maintenus sous perfusion financière par le contribuable. « C’est un programme qui est utilisé pour les victimes de l’occupation », m’a t-il dit. « C’est un programme consistant à donner aux familles une vie digne, on les subventionne à cette fin, de façon à ce qu’elles-mêmes et leurs enfants puissent nous conduire à un avenir meilleur ».
Il m’a affirmé que l’argent sert à offrir des ordinateurs portables et des frais de scolarité aux enfants, qui, sans cela, seraient confrontés à un avenir morne, ainsi que de reconstruire un logis à des familles dont les maisons sont rasées par les Israéliens dans le cadre des sanctions pour avoir engendré un terroriste.
Zomlot prétend que cela ne constitue pas du tout une incitation au terrorisme. En effet, m’a t-il assuré, certains bénéficiaires du « programme » sont aussi des responsables de haut-rang de la sécurité palestinienne qui ont coopéré avec les Forces de Défense Israéliennes (Tsahal)-. L’OLP administre ces versements aux « martyrs » sous une forme ou sous une autre, depuis 1965 : d’où, ces anciens terroristes recyclés continuent-ils de toucher le reliquat de leurs actions terroristes passées-. Et le pire, dit-il, c’est que, si l’Autorité Palestinienne ne subventionne pas ces familles de prisonniers, il est probable que des groupes terorristes plus radicaux combleront ce vide.
Tout cela soulève une question évidente : si l’Autorité Palestinienne veut offrir des ordinateurs portables et leurs frais de scolarité aux enfants pauvres, pourquoi ne pas le faire directement? Pourquoi créer un fonds spécial d’allocation uniquement pour les enfants et les familles de Palestiniens qui tuent des Juifs?
Et, sur ce point, Zomlot touche au cœur du sujet : « Beaucoup de responsables et de députés américains nous jugent comme si nous nous trouvions dans un scénario d’après-conflit, comme si nous devions nous comporter comme un Etat-Providence, ce que nous ne sommes pas », m’a t-il confié. « C’est toujours une situation conflictuelle ».
C’est bien cela, en effet. On n’a besoin d’aucune preuve de plus que les affrontements de ces deux dernières semaines contre les mesures de sécurité israéliennes sur le Mont du Temple à Jérusalem, à la suite de l’assassinat de deux policiers à coup de rafales, commis par trois Arabes Israéliens, sur le complexe qui accueille la Mosquée Al Aqsa, présumé « 3ème Lieu Saint de l’Islam ».
Ajoutez à cela le poids de la présence israélienne dans les territoires « disputés » (il ne le dit pas ainsi). Sur la Rive Ouest du Jourdain, les Palestiniens accusés de crimes divers sont déférés devant les tribunaux militaires israéliens et sont presque toujours condamnés. La plupart de ces prisonniers ont commis des actes macabres, mais beaucoup n’en ont pas commis, explique Zomlot. De ce point de vue, il pense que le Congrès devrait, au contraire, accroître son aide qu’il distribue à l’Autorité Palestinienne, parce que malgré tous ces crimes, les forces de sécurité palestinienne contribuent à maintenir l’ordre sur la rive ouest du Jourdain.
Et dans le fond, c’est vrai. Mais c’est tout aussi vrai que le Président palestinien Mahmoud Abbas, a, aucours de ces dernières années, encouragé à « résister à l’occupation », ce qui se mesure en versement de sang juif. Son Autorité Palestinienne honore les meurtriers en nommant des rues et des parcs d’après leurs patronymes. Quand Israël a libéré des prisonniers violents, en 2013, correspondant à une incitation à reprendre les négociations de paix, on a assisté à des célébrations officielles à Gaza et sur la rive ouest du Jourdain.
Deux de ces prisonniers libérés, les cousins Mohammed et Hosni Sawalha, avaient été arrêtés alors adolescents, après être entrés dans un bus et avoir commencé à poignarder les passagers. Un autre libéré s’appelait Al-Haaj Othman Amar Mustafa, qui, aux côtés de deux autres agresseurs-terroristes, avaient posé sur une photo à l’extérieur de l’implantation d’Ariel avec Frederick Steven Rosenfeld, un Marine américain qui avait émigré en Israël. Ils ont avoué avoir poignardé Rosenfeld et l’avoir laissé pour mort.
Quand ces prisonniers ont été libérés en 2013, Abbas les a rencontrés personnellement et les a embrassés sur la joue, serrés dans ses bras. « Nous nous félicitons ainsi que nos familles du fait que nos frères aient quitté l’obscurité des prisons pour la lumière du soleil et de la liberté », se réjouissait Abbas à l’époque.
Abbas devait probablement proférer ce genre de choses pour survivre. Les Palestiniens célèbrent ce genre de « martyrs » depuis des décennies. Ne serait-ce que parler honnêtement du genre de types que sont Mustafa et les Sawalhas serait immédiatement perçu comme une trahison. Mais Graham et ses partisans ne sont pas otages de telles « contraintes ». Ils voient Mustafa et les Sawalhas pour ce qu’ils sont en réalité : des meurtriers sans vergogne.
Par Eli LakePour contacter l’auteur de ce récit :

Eli Lake à elake1@bloomberg.net

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