jeudi 10 août 2017

3ème guerre du Liban : Israël n’a pas le droit à l’erreur ©


Une enquête approfondie, de Gideon Sa’ar et Ron Tira, a étudié les menaces qui pèsent sur Israël. Celle posée par l’acquisition par le Hezbollah d’armes de haute précision (qu’il pourrait bientôt fabriquer lui-même), celle de la présence du groupe terroriste et des forces iraniennes, le long de la frontière israélo-syrienne. Tout indique la forte probabilité d’une autre guerre comme le conflit de 2006, mais plus dévastatrice pour les deux parties.
Sa’ar et Tira pointent que la guerre risquerait de ne pas aboutir à une victoire décisive. Ils soulignent également la nécessité de prendre le risque d’une guerre préventive, afin d’empêcher le Hezbollah et ses alliés d’acquérir encore davantage d’armes de pointe et des plus sophistiquées..
 Ils écrivent : À certains égards, Israël n’est pas préparé à faire face à des armes de pointe.
Israël est un pays occidental doté d’infrastructures avancée sensibles. Et d’autre part, c’est un petit pays doté d’infrastructures sensibles, concentrées et de peu de redondance. Par exemple, les six plus grands sites générateurs d’électricité en Israël (y compris les compagnies privées) génèrent 51% de la capacité nationale de production d’électricité.
Par conséquent, la menace que représente un petit nombre de missiles de précision qui échapperaient à une contre-offensive ou aux système de défense israéliens et viendraient frapper ces infrastructures sensibles, telles que celle de la production d’électricité, pourrait être sans précédent. Il en irait de même pour d’autres infrastructures sensibles.

C’est pourquoi, Israël ne doit pas craindre l’escalade qui pourrait aboutir à une guerre, car cela permettrait de contrarier l’accumulation d’armes de précision par le Hezbollah. Sinon Jérusalem pourrait devoir faire face à une situation beaucoup plus grave que ne l’étaient celles des guerres asymétriques contre une armée de guérilla, auxquelles il a fallu faire face jusqu’ici.
La capacité militaire renforcée de l’Iran et du Hezbollah en Syrie, et la production d’armes de pointe au Liban, peuvent être interprétées comme une volonté de l’Iran et du Hezbollah de créer une nouvelle équation stratégique symétrique avec Israël, sinon pire.
En effet, il est possible que la suspension temporaire et partielle du programme nucléaire iranien stimule ce qui ressemble à une tentative de parvenir à un équilibre stratégique contre Israël dans d’autres domaines militaires. Ce qui pourrait entraîner une dynamique d’escalade. Ces processus pourraient très bien mettre l’équation régionale à la croisée des chemins et augmenter la probabilité de guerre.
Pour aggraver les choses, Sa’ar et Tira pointent que la Russie étant alliée avec l’Iran et le Hezbollah, cela pourrait considérablement compliquer les enjeux.
Une extension des combats, qui ouvrirait un front Israël-Hezbollah, en Syrie, par exemple, pourrait interférer avec les tentatives russes de stabiliser la Syrie en y confortant sa main mise. Par conséquent, la Russie pourrait essayer de limiter la liberté politique, stratégique et même opérationnelle d’Israël d’agir. .
Au cours des six conflits antérieurs [depuis 1993 contre le Hezbollah et contre les terroristes palestiniens], même si Israël a commis des erreurs, le prix de ces erreurs était supportable en termes stratégiques. Mais l’utilisation d’armes de pointe et la participation de la Russie, pourraient changer fondamentalement les caractéristiques du prochain conflit, de sorte que ce ne sera pas simplement un «septième conflit de plus». Il est possible qu’Israël n’ait plus droit à l’erreur dans ses prises de décisions, comme cela a été le cas par le passé, car le prix à payer d’une erreur sera beaucoup plus élevé.
Institute for National Security Studies
Mosaïc traduction JForum
http://jforum.fr/la-troisieme-guerre-du-liban-se-profile.html

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