mercredi 19 juillet 2017

Les troupes russes défient Israël à Quneitra ©


Des unités de l’armée russe se préparent à se mettre ne mouvement vers la ville syrienne de Quneitra dans les jours à venir et à prendre position juste en face de la frontière syro-israélienne du Golan, selon les sources militaires exclusives de Debkafile. Leur fonction est de maintenir l’ordre sur la seconde zone du Sud-ouest de la Syrie prévue pour établir le cessez-le-feu conclu entre les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine quand ils se sont rencontrés à Hambourg le 7 juillet.
Quneitra  se trouve à juste 5 kms de la frontière israélienne  et des lignes où Tsahal est positionné pour la défendre.
Israël a notifié autant Washington que Moscou que l’Etat Hébreu s’oppose catégoriquement à la présence d’unités russes à ses frontières. Cependant, les officiers russes et américains coordonnant l’instauration du cessez-le-feu se sont mis d’accord pour recommander expressément ce déploiement de soldats russes. La Maison Blanche et le Kremlin ont donné leur feu vert à cet ordre de déploiement, en l’imposant de façon arbitraire à Israël envers et contre sa volonté.
Leur argumentaire est uniquement de dire que la première one de cessez-le-feu établie la semaine dernière sur le front de Dera’a à la frontière jordanienne ne va pas manquer de rapidement s’effondrer si elle n’est pas immédiatement consolidée par une seconde zone à Quneitra.
Mais ces deux zones diffèrent sous bien des aspects, selon les points sur lesquels insistent nos sources des renseignements militaires.
L’entente conclue concernant Dera’a, entre les Etats-Unis,la Russie et la Jordanie, comprenait une clause contraignant explicitement au retrait des forces iraniennes et pro-iraniennes, y compris le Hezbollah, vers un autre point à plus de 40 kms à l’ouest ou nord de la ville démilitarisée.
Cette clause n’a jamais été appliquée, et ce à aucun moment. Comme Debkafile l’a dévoilé en exclusivité le 16 juillet, même à la suite des mouvements de troupes russes et tchétchènes dans Dera’a, dimanche, les forces syriennes et iraniennes ont bien fait mouvement pour s’en aller, mais une unité d’élite du Hezbollah, la Katibat Radwan est restée. Les Etats-Unis, la Russie et la Jordanie ont décidé collectivement de laisser béante cette brèche dans l’accord de cessez-le-feu, de ne pas lui apporter de réponse tout en tentant de laisser ce point aussi obscur que possible.
Tout en agissant afin d’obtenir l’acceptation jordanienne quant à ce nouveau format de l’accord, les deux grandes puissances se sont abstenues de se tourner vers Jérusalem pour lui demander son avis. Eles savaient d’avance qu’elles seraient reçues par un rejet catégorique, à cause d’une faille antérieure : celle de la clause devant imposer un retrait d’au moins 40 kms de Dera’a, pour tout membre de troupes iraniennes ou pro-iraniennes, qui a été complètement laissée de côté, en ce qui concerne la zone de Quneitra – sans prêter la moindre attention aux exigences israéliennes de son intégration à tout accord.
L’absence de tout engagement de Trump et/ou Poutine sur ce point laisse Israël totalement exposé à la présence de forces iraniennes et du Hezbollah à portée de mortier de ses frontières sur le Golan dans une zone supervisée par leur alliée l’armée russe.
C’est bien ce danger qui a poussé le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a faire connaître publiquement la totale opposition d’Israël à ce cessez-le-feu de Trump et Poutine pour le sud-ouest syrien, au cours de sa visite à Paris, lundi 17 juillet, après ses pourparlers avec le Président Emmanuel Macron.
Dans une tentative cherchant visiblement à calmer les préoccupations d’Israël, le Ministre russe des Affaires étrangères a proféré une déclaration habituelle pour un diplomate russe : « Je peux garantir que nous avons fait tout ce qui est en notre pouvoir et que la partie américaine a fait tout ce qu’elle pouvait pour s’assurer que les intérêts d’Israël dans ce cadre sont pleinement pris en considération », a t-il dit lundi en soirée.
Une lecture attentive de ce communiqué a révélé à nos sources qu’il avait été fait dans le contexte d’un précédent accord de cessez-le-feu promu par les Russes et faisant de la Turquie et de l’Iran ses « co-parrains ». Au lieu de produire l’effet de réassurance recherché, ce commentaire a été interprété en Israël comme une tentative de vérifier que l’arrivée des troupes russes à Quneitra en dépit des objections acharnées d’Israël se passerait en douceur.

DEBKAfile Exclusive Reportage exclusif, 18 Juillet 2017, 11:03 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski
http://jforum.fr/les-troupes-russes-defient-israel-a-quneitra.html

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