mercredi 12 juillet 2017

Klarsfeld : « Si Israël avait existé, il n’y aurait pas eu de Vel d’Hiv »


Si Israël avait existé, il n’y aurait pas eu de Vel d’Hiv », a déclaré lundi l’historien Serge Klarsfeld à l’AFP, estimant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait « toute sa place » aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv.

Samedi, le Parti communiste a déploré la venue de M. Netanyahu à la cérémonie prévue dimanche à l’emplacement de l’ancien Vélodrome d’hiver, en présence du président Emmanuel Macron, au motif qu’elle devait « envoyer un message fort de paix », et que le Premier ministre israélien « est un homme de guerres et de violences ».

« Si j’avais à répondre d’une phrase, je dirais que s’il y avait eu un État d’Israël, un État juif, à l’époque, il n’y aurait pas eu de Vel d’Hiv », a dit M. Klarsfeld, dont les travaux d’historien et les actions de « militant de la mémoire » ont contribué à faire connaître le processus de mise en œuvre de la Solution finale en France.
L’Etat d’Israël n’a vu le jour qu’en 1948, après la Shoah, à l’issue d’un vote de l’ONU. Pendant la Seconde guerre mondiale, les Juifs européens ont été exterminés sans possibilité d’être défendus par leur Etat.
Benjamin Netanyahu « a tout à fait sa place et je suis heureux que, pour la première fois, un Premier ministre d’Israël soit présent à cette cérémonie », a ajouté l’historien de 81 ans, rappelant qu’en signe de « réconciliation », l’ambassadeur d’Allemagne et celui de Pologne assistaient à la cérémonie depuis plusieurs années.
L’ex-avocat a aussi récusé l’affirmation du PCF selon qui la commémoration devait « envoyer un message de paix ».
« Ce n’est pas du tout un message de paix ! Quelle paix ? S’il y a un message en ce qui concerne les Juifs c’est qu’il faut se défendre », a-t-il ajouté, rappelant que ces derniers n’avaient « même pas eu une arme pour se défendre » contre les persécutions pendant la Seconde guerre mondiale.
« Le message devrait être qu’on devrait laisser en paix les Juifs et l’Etat juif. Le monde arabe devrait accepter de faire la paix et reconnaître l’Etat d’Israël », a-t-il encore dit.
Les 16 et 17 juillet 1942, 13 152 hommes, femmes et enfants juifs avaient été arrêtés à la demande des nazis et sur ordre du pouvoir français en place pendant l’Occupation.
La rafle, la plus massive jamais organisée sur le territoire français, représente à elle seule près du tiers des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942. Seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire