jeudi 6 juillet 2017

Israel : La ruée vers Magav: Les filles s’engagent.....


L’unité des gardes-frontières au sein de la police israélienne – « Mishmar Hagvoul » (Magav) – attire un nombre croissant de jeunes. Cette hausse se ressent particulièrement concernant le nombre de jeunes filles qui demandent à s’enrôler. Selon les chiffres fournis par le Département des ressources humaines de Tsahal, une jeune fille sur trois qui demande aujourd’hui à effectuer un service militaire dans une unité combattante souhaite le faire dans le cadre des gardes-frontières. 

Ainsi dans la promotion d’incorporation du mois d’août, ce ne sont pas moins de 220 jeunes filles qui vont rejoindre les rangs des « bérets verts ». Un record de tous les temps et une augmentation de 70% par rapport aux années précédentes! A tel point qu’il est question maintenant de créer une nouvelle compagnie au sein de cette arme.
Nous analysons le phénomène avec Barouh, porte-parole de  »Magav ».

Le P’tit Hebdo: Pour commencer, qu’est-ce que « Magav »? Quelles sont vos missions?
Barouh: Magav est un corps au sein de la police, dans lequel on peut effectuer son service national et même faire carrière.
Aujourd’hui, Magav ce sont 7500 combattants et combattantes répartis du nord au sud d’Israël.
Nos missions recouvrent la lutte contre le terrorisme essentiellement, mais aussi les délits commis sur les terres agricoles. Nous avons des unités d’enquête et des « mistaravim », des infiltrés en Judée-Samarie, à la frontière égyptienne et dans Jérusalem.

Lph: Comment expliquez-vous le fait que de plus en plus de filles veuillent s’enrôler au sein de Magav?
Barouh: Tout d’abord, je tiens à préciser que la volonté de s’enrôler dans Magav a augmenté en général, pas uniquement chez les filles.
Ce qui explique cette augmentation c’est certainement le fait que les jeunes qui veulent être combattants recherchent des missions avec du sens. Chez Magav, nous sommes toujours en action, sur le terrain. Malgré le nombre important d’attentats contre nos policiers, la motivation des jeunes ne faiblit pas et augmente même. Voilà une magnifique preuve, s’il en fallait une, du patriotisme de notre jeunesse!
Concernant les filles plus spécifiquement, il faut préciser que chez Magav, nous avons été les premiers, en 1995, à ouvrir nos rangs aux combattantes. Nous ne faisons aucune différence avec les garçons, toutes les unités de gardes-frontières leur sont ouvertes et elles sont considérées sur un pied d’égalité pendant les classes et sur le terrain.

Lph: Les filles gardes-frontières ont payé un lourd tribut lors des derniers attentats… Pensez-vous qu’elles sont davantage prises pour cibles par les terroristes?
Barouh: Aucune donnée ne permet d’affirmer que les terroristes vont plus facilement attaquer une fille qu’un garçon. Au contraire. Si elles sont attaquées c’est parce que nous sommes en première ligne.
Lph: Les combattantes se distinguent aussi par leur héroïsme. On pense par exemple à Allison, ola hadasha de France, qui avait neutralisé un terroriste et sauvé un de ses équipiers. Pensez-vous que l’on traite différemment l’événement si c’est une fille qui se trouve au centre?
Barouh: Il est vrai que nous avons tendance à être plus impressionné lorsque c’est une fille qui réussit. En tout cas, l’événement fait les gros titres et est salué par plus de monde. Je ne pense pas que cela soit près de changer… Pour notre part, nous sommes fiers de nos combattants et de nos combattantes de la même façon.
Lph: Quels sont les avantages qu’un tel corps de police soit mixte?
Barouh: La plupart de nos missions sont à l’intérieur des frontières de notre pays. Nous sommes au contact avec la population dans son quotidien. Le fait que nos patrouilles soient composées de filles et de garçons facilite le travail sur le terrain. Cela nous permet d’intervenir sur l’ensemble de la population tout en préservant la sensibilité des personnes que nous appréhendons (fouilles, interrogatoires,…).
Lph: Comment les garçons accueillent-ils leurs co-équipières?
Barouh: Celui qui s’enrôle dans Magav sait que la mixité existe. Les garçons se rendent vite compte que les filles ont un niveau qui n’est pas inférieur. Il y a beaucoup de respect. Les filles répondent aux mêmes critères et doivent se plier aux mêmes exigences. Elles y arrivent très bien, certaines deviennent officiers, certaines font carrière au sein de la police.
Lph: Des classes mixtes, des patrouilles mixtes: comment gérez-vous cette mixité totale avec des jeunes gens?
Barouh: Magav est mixte depuis plus de 20 ans, nous avons une bonne expérience! Dire que cela ne crée pas des défis serait mentir. Mais nous savons établir un équilibre et créer les conditions nécessaires pour que les filles et les garçons puissent servir ensemble. Nous savons adapter et être à l’écoute. Par ailleurs, certaines missions de terrain ne sont pas mixtes, dans certains lieux, pendant plusieurs jours, parce qu’elles ne se prêtent pas à la mixité pour des raisons d’intimité, mais jamais pour des raisons physiques: les filles sont autant capables que les garçons!

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