dimanche 25 juin 2017

« Si tout va mal, c’est la faute des juifs »


Entre Alan Dershowitz et Oliver Stone, Dershowitz est inutilement correct.

Si nous voulons changer le sentiment général vis-à-vis des juifs, nous devons aborder avec honnêteté l’expression : si tout va mal, c’est la faute des juifs.
Scénariste, réalisateur et producteur de cinéma, Oliver Stone est une idole culturelle. Il a gagné de nombreux Oscars et a contribué à la réalisation de douzaines de films cultes qui ont aidé à définir nos points de vue sur la guerre, l’amour, la politique et autres sujets importants. Oliver Stone est aussi un antisémite.
Alain Dershowitz est un avocat, un écrivain, un conférencier talentueux et une idole culturelle de bon droit. Il est aussi un inébranlable supporter d’Israël. Lorsque Dershowitz a entendu dire que Stone avait blâmé Israël de s’être immiscée dans les dernières élections américaines, il a mis Stone au défi de participer à un débat sur la pertinence ou non de cette déclaration.
M. Dershowitz a défendu la cause d’Israël depuis de nombreuses années et son soutien est réconfortant et impressionnant. En 2005, il a mené un débat épique avec le « basher » juif israélien Noam Chomsky à l’Université d’Harvard, et il travaille sans répit pour soutenir Israël sur tous les fronts.
Tout de même, à en juger par la croissance exponentielle de l’antisémitisme aux États-Unis et dans le monde récemment, ces efforts n’ont aucun impact. Même si ces arguments sont raisonnables, ils n’atténueront jamais l’antisémitisme parce que la haine n’a besoin d’aucun argument pour se justifier elle-même.

La haine du juif n’est pas logique

Tout au long de l’Histoire, la haine du juif a pris différentes apparences selon les époques. Les juifs ont été accusés d’empoisonner les puits, de préparer les matzot avec du sang d’enfants chrétiens (et maintenant de musulmans), d’être des fauteurs de guerre, de pratiquer l’usure, de faire du trafic d’esclaves, de conspirer pour dominer le monde, et de répandre des maladies (allant de la peste noire à l’Ébola). Les juifs ont été aussi accusés de manipuler les médias selon leurs besoins, de déloyauté envers leurs pays hôtes, de faire la cueillette d’organes et de répandre le sida.
En outre, les juifs sont souvent accusés de « crimes » conflictuels. Les communistes les ont accusés d’avoir créé le capitalisme et les capitalistes d’avoir créé le communisme. Les chrétiens les ont accusés d’avoir tué Jésus, alors que les dissidents de l’Église les ont blâmés pour avoir inventé le christianisme. Les juifs ont été étiquetés comme fauteurs de guerre et comme lâches, comme racistes et cosmopolites, mous et rigides et de nombreuses autres contradictions.
Clairement, la haine du juif est irrationnelle et profonde
Pour changer les sentiments des gens au sujet des juifs et de leur nation, à savoir Israël, nous devons faire appel à leurs sentiments, à leurs cœurs et non à leur raison. Pour ce faire, nous devons aborder l’expression à laquelle Dershowitz s’est référé dans la publication citée plus tôt : si tout va mal, c’est la faute des juifs.

La haine de l’extérieur et celle de l’intérieur

Comme l’irrationalité de la haine du juif le démontre, les juifs ne sont pas une nation ordinaire. Depuis le début, ses plus éminents promoteurs ont été la cible d’agression et d’inimitié. Abraham a été jeté dans une fournaise après que son propre père, Terah, l’ait amené devant le roi pour être jugé. Terah n’a pas contesté le verdict. Joseph fut jeté dans une fosse pleine de serpents et ensuite vendu comme esclave par ses propres frères après qu’ils eurent renoncé à leur plan initial de l’assassiner. Moïse fut pourchassé par son grand-père adoptif, le Pharaon, et il fut souvent critiqué par son propre peuple.
Après Moïse, quand le peuple d’Israël a été établi comme une nation, il a souffert de conflits internes, qui ont été aussi mauvais, sinon pires, que les ennemis qu’il a rencontrés à l’extérieur. Le Premier Temple fut détruit à cause d’idolâtrie, d’inceste et de bains de sang. Même avant sa destruction, les rois hébreux Achaz et Ezéchias ont tous les deux pillé le temple et donné ses trésors à des rois étrangers.
Quant au Deuxième Temple, les Hellénistes, des juifs qui voulaient établir la culture et les croyances grecques en Israël, ont haï si férocement leurs frères, qu’ils les ont combattus jusqu’à la mort, au lieu des Grecs.
Finalement, la haine de soi a provoqué la ruine du Deuxième Temple et un exil qui a duré deux mille ans. Pis encore, Tiberius Julius Alexandre, le général commandant les armées romaines qui ont conquis Jérusalem, détruit le temple et exilé ses habitants, était un juif d’Alexandrie dont le père avait fait don d’or et d’argent pour les portes du Temple. En fait, avant que Tiberius Julius Alexandre ne se rue sur Jérusalem, il avait anéanti sa communauté native d’Alexandrie, causant « un carnage alors que le sang des 50 000 victimes, dont les corps avaient été entassés, coulait dans tout le quartier », selon l’historien juif romain Flavius Josèphe.
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Dans une chronique précédente, j’ai mentionné bon nombre d’évènements où les juifs se sont retournés contre leur propre peuple. Il se trouve que nous sommes uniques, non seulement en ce qui concerne la haine impitoyable et irrationnelle dont nous souffrons de l’extérieur, mais aussi de celle, profonde, que les juifs ressentent et affichent à l’égard de leurs frères. Ceci appelle une question : qu’y  a-t-il chez les juifs qui en font les objets d’une répugnance si omniprésente ?

Qui est juif ?

Il est écrit dans le livre Yaarot Devach (partie 2, Drouch n° 2) que le mot Yehudi (juif) vient du mot hébreu Yihudi, qui signifie uni. Quand Abraham le Patriarche a d’abord établi son groupe, il l’a fait sur la toile de fond d’un éclat d’égoïsme dans l’empire babylonien où il était né. Le livre Pirké de Rabbi Eliezer, décrit comment les constructeurs de la tour de Babel « voulaient se parler entre eux, mais ils ne connaissaient pas la langue de l’autre. Et que s’est-il passé ? Ils ont sorti leur épée et ils se sont entretués. En effet, la moitié du monde a été massacré là-bas et à partir de là, ils se sont dispersés dans le monde entier ».
Pour venir en aide aux Babyloniens, Abraham a mis au point une méthode pour relier les gens entre eux. Il a réalisé que l’égoïsme s’était intensifié plus rapidement que ce que le peuple pouvait supporter. Par conséquent, plutôt que de tenter de restreindre leur ego, Abraham a suggéré qu’ils se concentrent sur la connexion. De cette façon, il espérait que ses compatriotes surmonteraient leur égoïsme et se relieraient.
Bien qu’Abraham ait été expulsé de Babylone (ayant survécu à la fournaise), il a continué à faire circuler ses idées alors qu’il se dirigeait vers la Terre d’Israël. Dans Mishneh Torah (chapitre 1) Maimonide écrit que : « Petit à petit, Abraham, avec sa femme Sarah, a rassemblé des dizaines de milliers de personnes, tous versés à s’unir au-dessus de leur ego. »
Cette caractéristique particulière aux disciples d’Abraham, de faire de l’unité et de la fraternité, le moyen tout comme la fin, est devenue l’essence du judaïsme. C’est pourquoi Hillel l’Ancien a dit à l’homme qui voulait se convertir : « Ce que tu hais, ne le fais pas aux autres, c’est l’entièreté de la Torah » (Shabbat31a) et c’est pourquoi Rabbi Akiva a affirmé : « Aime ton prochain comme toi-même, c’est la grande règle de la Torah » (Talmud de JérusalemNédarim, 30b)
Nous sommes devenus une nation lorsque nous avons fait le vœu d’être comme « un seul homme dans un seul cœur » et immédiatement après, nous avons reçu la tâche « d’être une lumière pour les nations », de diffuser notre unité particulière à tous. Tout comme Abraham avait l’intention de le faire à Babylone, lorsqu’il a voulu propager l’unité sans discrimination, nous avons reçu la tâche d’être une lumière pour toutes les nations, de répandre l’unité partout dans le monde.
Par conséquent, notre nationalité consiste en deux principes : 1) être unis comme un seul homme dans un seul cœur, 2) de partager la méthode pour atteindre l’unité avec l’humanité entière. Si nous ne respectons pas ces deux règles, nous ne sommes pas juifs.
Comme ces deux principes ont été l’essence de notre peuple depuis ses débuts, toute accusation que les juifs infligent du mal au monde, comme l’expression que Dershowitz a mentionnée, si tout va mal, c’est la faute des juifs, est une déclaration (habituellement inconsciente) que les juifs ne sont pas des juifs. En d’autres termes, ils ne projettent pas l’unité et la fraternité, mais bien leur opposé.
Dans certains cas, la sensation des antisémites, que l’égoïsme des juifs est un problème, est si intense, qu’ils peuvent la verbaliser. Le philosophe et anthropologue allemand, Ludwig Feuerbach a écrit dans L’essence du christianisme : « Les juifs ont gardé leur particularité jusqu’à maintenant. Leur doctrine, leur Dieu sont les principes les plus pratiques dans le monde, à savoir l’égoïsme. »
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Si c’est cela que nous projetons, est-ce étonnant que nous soyons haïs ? Nous avons pu nous acquitter du « verdict » d’être « une lumière pour les nations », mais les nations ne nous en ont jamais acquittés. Leurs accusations, les normes morales élevées selon lesquelles elles jugent Israël et les juifs, leur admiration et leur peur parlent d’elles-mêmes. Cela ne nous aidera pas d’essayer d’être comme elles, nous ne serons pas acceptés comme telles. Les nations s’attendaient, s’attendent et s’attendront toujours à ce que nous soyons un phare d’unité, « une lumière pour les nations ».
Jusqu’à ce que nous nous unissions au-dessus de notre haine, tout comme nos ancêtres l’ont fait, il y a des millénaires, nous continuerons d’être les parias du monde.
Aucun argument convaincant, aucune preuve concluante ou solide évidence ne convaincront les Oliver Stone de ce monde qu’ils ont tort. Dans leurs cœurs, ils savent qu’ils ont raison, que les juifs sont à blâmer pour tout ce qui se passe de mauvais dans le monde. Pour M. Stone, ce qui est mauvais est représenté par l’élection de Donald Trump comme président. Mais, même avant que Trump ne soit élu, Stone a trouvé des raisons de détester les juifs, prouvant une fois de plus que la haine s’accroche à tout prétexte pour se justifier, en dépit des vérités objectives.
Par conséquent, si nous voulons éradiquer l’antisémitisme, nous devons faire ce que nous voulons le moins : nous unir avec nos frères à la tribu, nos compatriotes juifs, au-delà de nos disputes, aliénation et haine.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michaël Laitmann pour Dreuz.info.

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