samedi 17 juin 2017

Double attentat à Jérusalem: une militaire morte, trois assaillants abattus.....


Trois agresseurs palestiniens ont été abattus et une garde-frontières israélienne a été tuée, et un de ses collègues grièvement blessé, vendredi soir à Jérusalem, au terme d’une double attaque menée à l’entrée de la vieille ville pour la première, et le long de l’avenue de Sultan-Suleiman (à quelques centaines de mètres de là) pour la seconde. 

Selon les premiers témoignages de touristes présents sur place, un ou plusieurs Palestiniens ont ouvert le feu sur les soldats de l’Etat hébreu avec une mitraillette artisanale Carl-Gustav (arme fabriquée clandestinement en Cisjordanie occupée) alors qu’un ou deux autres ont poignardé une jeune fille en uniforme de faction devant la porte de Damas. 
Daesh a revendiqué l’attentat mais rien ne permet de confirmer que l’organisation islamique est bien à l’origine de l’attaque. Le Hamas de Gaza a également endossé l’attaque en affirmant que certains des membres du commandos étaient affiliés au FPLP et au Fatah.

«Certes, ces dix-huit derniers mois, il y a eu plusieurs tentatives d’attaques au couteau devant la porte de Damas, mais c’est la première fois que nous sommes confrontés à un plan plus élaboré incluant des tirs à l’arme automatique, a déclaré le commandant de la police de Jérusalem, qui s’est immédiatement rendu sur place en compagnie du maire de la ville, Nir Barkat (Likoud). Nous devrons tenir compte de cette nouvelle donne et agir en conséquence. Si des mesures plus sévères sont nécessaires, nous les mettrons en place sans hésitation.»

«Cette mansuétude n'a plus lieu d'être»

A l’occasion de la fête du ramadan, la police israélienne a considérablement renforcé son dispositif de sécurité à Jérusalem-est, la partie arabe de la ville occupée depuis 1967. Jeep blindées, patrouilles équestres, multiplication des contrôles, tout a en effet été mis en œuvre pour impressionner les Palestiniens de Jérusalem et leur faire comprendre qu’ils n’avaient pas intérêt à bouger le petit doigt. 
D’ailleurs, les trois premières semaines de la fête musulmane se sont déroulées sans le moindre incident et quelques heures avant l’attentat de ce jour, plus de 160 000 fidèles musulmans avaient pu prier sur l’esplanade des mosquées, le deuxième lieu saint de l’islam.
En raison du calme apparent, le Shabak (Sûreté générale) et l’armée israélienne avaient d’ailleurs également autorisé, pour la première fois depuis près de vingt ans des autocars palestiniens à venir directement des villes de Cisjordanie occupée jusqu’à la vieille ville de Jérusalem.
«Etant donné ce qui vient de se passer, cette mansuétude n’a plus lieu d’être. Pour la dernière semaine du ramadan, les contrôles aux barrages redeviendront plus sévères et les patrouilles dans la vieille ville seront renforcées, explique Rony Daniel, le chroniqueur militaire de la deuxième chaîne de la télévision israélienne. L’expérience du Shabak et de l’armée montre que le risque sécuritaire augmente au fur et à mesure que l’on s’approche de la fin de la fête.»

Les domiciles seront rasés


Au moment où ces lignes sont écrites, les services de sécurité israéliens n’étaient en tout cas pas en mesure de déterminer si les trois Palestiniens, dont les identités étaient encore gardées secrètes, faisaient partie d’une organisation ayant pignon sur rue. Ou s’ils s’étaient, comme beaucoup d’autres ces derniers mois, mobilisés par le biais des réseaux sociaux.
Selon nos informations, le Shabak et l’unité antiterroriste de la police israélienne ont en tout cas déclenché une vague de perquisitions et d’arrestations peu après la fin de la double attaque de vendredi soir. Conformément à la législation israélienne, le domicile des auteurs de l’attentat sera rasé. 
Ou rendu inhabitable s’il s’agit d’un appartement. S’ils résident à Jérusalem-est, leurs proches seront privés de tous leurs droits sociaux et, peut-être de leur statut de résident. Ce qui équivaut à les expulser en Cisjordanie occupée ou dans un pays arabe voisin.
Nissim Behar à Tel-Aviv

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