mardi 7 février 2017

Obama a autorisé l’Iran à développer des missiles pour frapper Israël mais pas l’Europe...


Alors que les Iraniens viennent de conduire de nouveaux tests de missiles qui pourront emporter des têtes nucléaires, Memri révèle qu’Obama leur a donné l’accord non-écrit de développer des missiles qui n’ont pas plus de 2 000 km de portée, c’est à dire capables de frapper Israël mais pas l’Europe…
Trois chercheurs et dirigeants de Memri sont les auteurs de ce rapport dont nous citons de larges extraits : A. Savyon and Yigal Carmon and U. Kafash*

Introduction

Le 30 janvier 2017, des sources américaines annoncent que l’Iran a testé un nouveau missile balistique le Khorramshahr.
Selon les rapports publiés, le missile a explosé après 965 km de vol [1]. Le ministre des Affaires étrangères iraniennes Zarif et le ministre de la Défense Dehghan ont déclaré que l’Iran «n’a de permission à recevoir de personne concernant son programme de défense.»[2]
Il convient de corriger deux choses.
  1. Un missile qui peut atteindre une cible à 2 000 km est une arme strictement offensive et stratégique, et non, comme le soutient l’Iran, défensif. C’est d’ailleurs pourquoi l’Iran a constamment été condamné par l’ONU et l’UE pour leur développement.
  2. Chaque test de missile a essentiellement un objectif : les perfectionner, améliorer leur précision, leur capacité à atteindre la cible visée.
Rappelons que le Dr Hassan Abbasi, théoricien du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran (IRGC) déclarait en 2004 : «Notre stratégie est la destruction de la civilisation anglo-saxonne».
«Nos missiles sont capables de frapper leur civilisation, et dès que le leader [Ali Khamenei] nous en donnera l’ordre, nous lancerons nos missiles sur leurs villes et leurs infrastructures… Le front global des infidèles est un front contre Allah et les musulmans, et nous devons utiliser tout ce que nous avons pour frapper ce front, avec des opérations suicide ou avec nos missiles.»[3]
  • Le 14 juin 2004, le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat confirmait que le projet de missiles longue portée Shihab 4 et Shihab 5 avait été relancé sur ordre du leader suprême Ali Khamenei. [4]
  • Le 14 décembre 2013, un rapport de l’agence iranienne Mehr précisait que «les missiles Shihab 3D, avec une portée de 2 200 à 3 000 km peuvent facilement atteindre les territoires occupés [Israël]… et ils couvrent toute la région.» Le rapport évoquait que les Shihab 4 ont une portée de 3 000 km et peuvent lancer un satellite sur orbite, tandis que peu d’informations étaient publiées concernant le Shihab 5 et le Shihab 6. [5]

L’administration Obama a approuvé uniquement le développement de missiles de 2 000 km de portée –c’est à dire capables d’atteindre Israël

En novembre 2013 à Genève, après le début des négociations sur le nucléaire, les officiels Iraniens ont commencé à mentionner que le programme de développement des missiles dont la portée est supérieure à 2 000 km a été restreint.
Immédiatement après l’accord intérimaire de Genève du 10 décembre 2013, le commandant de l’IRGC Mohammad Ali Jafari, se référant à cet accord, déclarait que l’Iran est capable de produire des missiles avec une portée supérieure à 2 000 km, mais Khamenei a limité leur production à 2 000 km de portée : «Nous voulons augmenter la portée de nos missiles, mais le Leader [Khamenei] nous a limités à 2 000 km. Nous avons la capacité d’augmenter leur rayon d’action, et nos missiles doivent évidemment atteindre Israël… mais c’est la ligne rouge que le régime nous a demandé de ne pas franchir durant les discussions sur le nucléaire avec le groupe P5+1 et les accords de Genève.» [6]
Confirmant cela, le directeur de la division aérospatiale et missile de l’IRGC Amir Ali Hajizadeh déclara l’an dernier après un tir de missile : «Pour nous, il est totalement évident qu’Israël est un fléau, et la portée de 2 000 km de nos missiles est destinée à affronter le régime sioniste.»[7]
De nombreuses citations du régime iranien confirmant le slogan qu’Israël doit être rayé de la surface de la Terre peuvent être consultées en suivant ces deux liens :
Le 17 novembre 2014, l’agence iranienne Tasnim précisait : «Le régime sioniste est l’ennemi le plus important de l’Iran dans la région, et il se trouve à moins de 1 200 km de distance. Par conséquent, des missiles de courte et moyenne portée sont suffisants pour frapper les bases américaines près de l’Iran, et les missiles longue portée sont suffisants pour frapper les territoires occupés [Israël]…»[8]
Le ministre de la Défense Hossein Dehghan confirmait le 18 août 2015 : « Nous ne produisons pas de missiles qui ont plus de 2 000 km de portée.»[9]

L’accord d’Obama fait à l’Iran de développer des missiles qui peuvent atteindre Israël– mais pas l’Europe est-il écrit ou oral ?

Les Américains nous ont dit : « Ne parlez pas de vos affaires de missiles, et si vous faites des tests ou des manœuvres, n’en faites pas état.»

Dans un communiqué, des officiels de l’IRGC affirment que les restrictions sur la portée des missiles iraniens pour qu’ils puissent atteindre Israël mais pas l’Europe font partie des accords.
Par exemple, Mohammad Ali Jafari, commandant de l’IRGC, fait référence à la résolution 2331 du Conseil de sécurité de l’ONU du 2 novembre 2015 : «Un des aspects de cette résolution concerne les restrictions pour lesquels certains militaires avaient des craintes. Donc nous avons eu des réunions avec le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, et avec le Leader [Khamenei]. Nos négociateurs [iraniens] ont dit aux Occidentaux qu’ils n’étaient pas d’accord avec ces restrictions [sur la portée des missiles]. 
Les Occidentaux ont déclaré que le sujet doit être inclus dans les résolutions. Quand j’ai rencontré le Leader, il m’a répondu qu’il n’y a aucune restriction sur le développement de nos capacités de défense. Les seules restrictions concernent nos missiles nucléaires, dont évidemment nous n’avons jamais voulu.» [10]
Le lendemain, le 3 novembre, Hassan Firouzabadi, haut responsable de l’armée iranienne, confirmait : «Je confirme les déclarations du commandant de l’IRGC que l’activité des missiles n’est pas restreinte. Nous respecterons deux restrictions : la première est mentionnée dans les accords préliminaires sur le nucléaire, concernant le planning nucléaire, et la seconde consiste à limiter à 2 000 km la portée des missiles, ce qui a déjà été indiqué par l’Iran.»[11] [12]
Il convient d’ajouter que la résolution 2231 de 2015 du Conseil de sécurité de l’ONU représente un compromis supplémentaire fait par Obama à l’Iran par rapport à la résolution précédente, 1929 de 2010.
  • La résolution 1929 interdit à l’Iran de «conduire des activités de missiles capables d’emporter une tête nucléaire»,
  • tandis que la résolution 2231 a remplacé le mot «capable,» qui implique des spécifications objectives et mesurables, par les mots «avec l’intention,» qui sont sujets à interprétation et aux déclarations politiques.
Après son test de missile du 9 mai 2016 auquel Obama n’a pas réagi, et qui a eu lieu postérieurement à la mise en place des accords sur le nucléaire, le directeur de la division aérospatiale et missile de l’IRGC Amir Ali Hajizadeh a déclaré : «Les Américains nous ont dit : “Ne parlez pas de vos affaires de missiles, et si vous faites des tests ou des manœuvres, n’en faites pas état.»[13]
Toutes ces déclarations montrent que si la permission donnée à l’Iran de développer des missiles capables de frapper Israël n’est pas une annexe secrète des accords préliminaires sur le nucléaire, il s’agit tout de même d’un consentement non écrit qui fait partie intégrale de l’accord sur le nucléaire iranien. Ne pas le publier par écrit constituait un avantage pour les deux parties :
  • Pour l’Iran parce qu’il affirme que son programme de missile est défensif alors qu’il est offensif
  • Pour l’administration Obama parce que les répercutions auraient été catastrophiques si le monde avait appris qu’il avoir donné la permission de développer des missiles capables de frapper Israël, tout en interdisant ceux capables de frapper l’Europe.
traduction et adaptation © Alain Leger pour Dreuz.info.
*A. Savyon is Director of MEMRI’s Iran Media Project; Y. Carmon is President of MEMRI; U. Kafash is a Research Fellow at MEMRI.
[1] Foxnews.com, January 30, 2017.
[2] Yjc.ir, January 31, 2017; Tasnim (Iran), February 1, 2017.
[4] A military source in the Iranian Defense Ministry stated: « In a meeting last week with Revolutionary Guards commanders, Khamenei said that Israel was planning to attack Iran’s nuclear installations and the Iranian military soon, and therefore defense and military preparedness should be boosted as soon as possible. Khamenei stressed that the increase in petroleum prices allowed Iran to allocate a larger budget to its military projects. [Iran’s] Ministry of Defense received $1 billion to resume its Shihab 4 and Shihab 5 project. It is known that in the past, Iran conducted an experiment with Shihab 3 missiles whose range is 1,200 kilometers [and which can reach Israel], but [President] Khatami halted the project of the Shihab 4, whose range is 2,800 [which covers Western Europe], and the Shihab 5, whose range is 4,900-5,300 km [and which can reach the U.S.], because he thought it was a project incompatible with Iran’s strategic interests and defense needs. » Al-Sharq Al-Awsat (London), June 14, 2004.
[5] Mehrnews.com, December 14, 2013.
[6] ISNA (Iran), December 10, 2013.
[7] Fars (Iran), March 9, 2016. See MEMRI Special Dispatch No. 6349, Iran Launches Long-Range Missiles Emblazoned With Slogan: ‘Israel Should Be Wiped Off The Face Of The Earth’, March 16, 2016.
[9] Yjc.ir, August 18, 2015.
[10] Fars (Iran), November 2, 2015.
[11] Mashregh (Iran), November 3, 2015.
[12] Hebrew.irib.ir, November 4, 2015.
Source : memri.org

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