lundi 13 février 2017

4 candidats problématiques pour la Présidence ©



Les quatre principaux candidats de la prochaine élection présidentielle, en France, ont tous pris des positions problématiques à l’encontre d’Israël, les Juifs de France ou les deux. Le premier tour de l’élection se déroulera le 23 avril. Si aucun candidat n’obtient la majorité [ce qui reste le plus vraisemblable], les deux candidats disposant des scores les plus élevés auront une explication lors du second tour, le 7 mai.
Les sondages de ces derniers mois indiquent que Mariner Le Pen, la dirigeante du Front National, parti de Droite nationaliste, arrivera au second tour. C’est une prédiction relativement sûre, puisque les sondages démontrent que beaucoup de ceux qui ont l’intention de voter pour elle, ne vont probablement pas changer d’avis avant l’élection[1]. Pourtant, en même temps, les sondages montrent que l’autre candidat qui parviendra au second tour , qu’il s’agisse de l’ancien Premier Ministre François Fillon, ou du Centriste indépendant Emmanuel Macron, vaincra facilement (environ 65/35) Le Pen pour la Présidence[2].
Marine Le Pen insiste pour dire que les positions de son parti ont évolué depuis qu’elle en a pris la responsabilité. Son père Jean-Marie Le Pen, le fondateur du parti, est un négationniste notoire de la Shoah et un antisémite convaincu. Il a désigné à plusieurs reprises les chambres à Gaz comme un « détail de l’histoire[3]« . Marine Le Pen a pris ses distances à son égard et l’a même exclu du parti en août 2015[4].  Elle a aussi condamné un attentat-terroriste à Jérusalem[5] et s’est exprimé contre BDS[6]. Pourtant, en 2010, elle a critiqué le Blocus israélien de Gaza[7]
En outre, en 2012, alors qu’elle appelait à bannir le voile islamique en public, elle a déclaré que les kippot devaient aussi disparaître[8]. Elle a réitéré cette exigence ce mois-ci[9], requérant aussi qu’il soit mis fin à toute double-nationalité franco-israélienne.
La communauté juive de France a maintenu une attitude de long terme hostile envers le FN. Le président du CRIF, à l’époque, Roger Cukierman, a d en 2015 qu’il n’y avait rien à reprocher à Marine Le Pen en tant que telle. Il faisait remarquer, cependant, que « derrière elle, on trouve, des négateurs de la Shoah, des adhérents à l’idéologie de Vichy et des cipels du Collaborateur des Nazis, Pétain. Il concluait que le FN « est un parti à éviter, mais s’il n’a pas commis de violence[10]« .
Fillon, le candidat républicain, est sous pression, à cause de la publication par le’hebdomadaire satirique  Le Canard Enchainé, de documents montrant que sa femme Pénélope aurait reçu 900.000 €, au fil des années, en tant qu’assistante parlementaire[11]. Le dilemme repose sur le fait qu’elle aurait fait très peu qui justifie de ces émoluments. 
Un sondage montre que la grande majorité des Français ne croit plus Fillon quand il affirme qu’elle a réalisé un précieux travail contre cet argent[12]. Alors que le soutien dont il dispose dans les sondages continue de diminuer, il se peut que Fillon finisse par retirer sa candidature.
Fillon has attacked Halal and kosher slaughter in 2012. He said that Jews and Muslims must drop their ancestral traditions of slaughter, which are not very relevant nowadays.The Jewish umbrella organization CRIF came out against him on this issue.
Fillon, en son temps, avait attaqué l’abattage aussi bien Halal que Casher, en 2012. Il disait alors que Juifs comme Musulmans devaient abandonner leurs traditions ancestrales d’abattage, qui ne seraient plus pertinentes de nos jours[13].  Le CRIF, là encore, l’avait fustigé sur cette question[14].
Le Centriste Macron a été Ministre de ‘Economie, entre 2012 et 2014, au sein du gouvernement socialiste du Premier Ministre Manuel Valls. Il a déclaré que de plus en plus de parents envoient leurs enfants dans des écoles religieuses qui leur enseignent la « haine de la République française ». Il a ajouté que ces écoles enseignent essentiellement en Arabe ou n’enseignent exclusivement que la Torah sans jamais enseigner les savoirs fondamentaux[15].
La vaste Organisation du Fonds Social Juif Unifié (FSJU) a publié un communiqué de presse, disant que les déclarations de Macron était »profondément insultantes, inexactes et relevaient de la caricature ». Son Président, Ariel Goldman a réaffirmé que « L’enseignement privé juif suit le programme scolaire établi par le Ministère de l’Education Nationale ». 
Le FSJU a aussi tenu à souligner que l’augmentation du nombre d’élèves dans les écoles juives est la conséquence directe de l’accroissement de l’antisémitisme dans les écoles publiques. L’équipe de campagne de Macron a ensuite prétendu que ses propos auraient été interprétés à tort[16].
Macron a ensuite visité Israël et déclaré, après-coup : « En Israël, il y a une culture du risque, qui a parfois été oublié dans gênes de la France. Il devrait y avoir une capacitié à ranimer ce goût du risque. Sans lui, on ne peut rien entreprendre. Nous devons aller vite parce que notre pays ne peut plus attendre[17].
Le candidat socialiste, Benoît Hamon, qui a vaincu Valls à la primaire, est en quatrième place dans les sondages. Il a été, un cours laps de temps, le Ministre de l’Education et il appartient à l’extrême-gauche de ce parti.
Hamon est le candidat le plus négatif en ce qui concerne Israël.Il dispose d’un palmarès sans précédent de remarques antisionistes. Après la flottille sur Gaza, il a accusé Israël d’avoir commis un bain de sang[18]. Il a été l’un des principaux instigateurs de la reconnaissance de l’Etat Palestinien au Parlement français, en 2014.
Plus récemment, il a exprimé une joie extatique à propos du vote de la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU[19]. Il a fait plusieurs autres déclarations anti-israéliennes au fil des années. La position d’Hamon peut se résumer au fait qu’être un anti-Israélien déclaré est un bon moyen de récupérer les électeurs musulmans français, qui ont été perdus au cours de la Présidence Hollande[20].
L’actuel gouvernement français a fréquemment adopté des postures pro-palestiniennes. Il a lancé l’inutile Conférence de Paris pour la Paix au Moyen-Orient et a agressivement condamné la construction dans les territoires, y compris à l’Est de la capitale Jérusalem[21]. D’un point de vue israélien, un hypothétique Président Hamon serait bien pire que si Marine Le Pen était élue. Pourtant le gouvernement israélien évite tout contact avec le Parit du FN. Il ne veut pas légitimer un mouvement d’extrême-droite aux origines fascistes[22].
De ce qu’on mentionne ci-dessus, on peut aussi constater que les attitudes des candidats envers Israël et envers les Juifs locaux ne sont pas nécessairement parallèles. Sur le long terme, cela peut créer un fossé entre Israël et une portion significative des Juifs en France. Globalement, comme on l’a dit, tous les candidats sans exception sont problématiques, ce qui reflète la situation générale des Juifs de France et l’attitude de leur gouvernement envers Israël.
Par Manfred Gerstenfeld

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Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

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