vendredi 20 janvier 2017

Tsahal n’a jamais été aussi puissante..Yoni Chetboun...



Yoni Chetboun est bien connu dans le monde francophone pour son rôle très actif auprès de cette population, lorsqu’il était député mais aussi depuis qu’il ne l’est plus. L’intégration des olim de France tient à cœur à ce fils d’anciens français, et son agenda en témoigne.
Il y a un autre domaine qui est cher à Yoni Chetboun : l’armée. Héros de la deuxième guerre du Liban, il est aujourd’hui haut-gradé de réserve et remplit ses obligations militaires avec fierté et volontarisme.

Le P’tit Hebdo: Avons-nous des raisons de nous poser des questions quant à la capacité et à la motivation de Tsahal?
Yoni Chetboun: Je vis au cœur du système depuis plus de 20 ans. Je peux vous assurer que la force de dissuasion de Tsahal est non seulement intacte mais surtout de plus en plus importante. L’armée n’a jamais été aussi entraînée, aussi préparée, les équipements sont parfaitement entretenus, les stratégies toujours brillantes. Nous avons atteint un niveau inédit, et je peux en témoigner de l’intérieur.
Lph: Comprenez-vous la stupéfaction, au minimum, si ce n’est le rejet de certains, face à une armée qui juge un de ses hommes comme elle l’a fait pour Elor Azaria?
Y.C.: Le problème que rencontre Tsahal ces derniers temps est celui de la volonté de certains organismes de la gauche radicale et d’associations féministes d’influencer l’armée de l’extérieur et ainsi de la délégitimer. Ils veulent introduire de nouveaux concepts, de nouvelles idées, s’immiscer dans les valeurs que l’on transmet aux soldats. Notre armée est forte mais il existe des éléments externes qui veulent la déstabiliser.
Lph: Pourtant c’est bien l’armée, avec le Chef d’Etat-major et le Ministre de la Défense, qui a entretenu l’affaire Azaria?
Y.C.: A mon grand regret, certains officiers tombent dans ce piège. Dans cette histoire, il s’agit d’un soldat qui n’a pas agi selon les règles, en opération. Cela arrive. Quel soldat peut prétendre ne jamais avoir commis d’erreurs? Ce soldat est bon mais a mal réagi à ce moment précis.
Depuis, ce qu’on lui fait vivre ainsi qu’à sa famille est une véritable torture! Les hommes politiques, les medias, les réseaux sociaux, tout le monde s’est servi de cette affaire. Ils lui ont conféré une importance beaucoup trop grande. Elor Azaria aurait dû recevoir une peine militaire, la purger puis réintégrer son unité.
Lph: Quelles sont les conséquences selon vous d’un tel déroulé des évènements?
Y.C.: Nous devons en tirer les leçons pour que ce genre de situations ne se reproduise plus. Il n’y a aucune raison de traiter de la sorte un soldat qui commet une erreur, cela nuit à notre Etat, cela nuit à Tsahal. Regardez les titres des journaux étrangers à la suite du verdict!
Lph: Mais peut-on parler d »’effet Azaria » quand on voit des soldats s’enfuir du lieu d’un attentat comme à Armon Hanatsiv?
Y.C.: Non, je n’y vois aucun lien. Les gens qui ont observé cette vidéo et qui tirent des conclusions n’ont souvent aucune idée de ce qu’est le terrain.
C’était, là aussi, une erreur de diffuser partout ces images. C’est mauvais pour Tsahal, d’autant plus que ce que l’on ne voit pas c’est que les soldats proches de la scène, ont agi exactement comme il se doit.



Lph: On ne peut quand même pas ignorer ces images de soldats en fuite. Comment les analysez-vous?
Y.C.: Ce sont des images qui traduisent une peur. C’est exactement le but du terrorisme: nous faire peur. De ce fait, l’armée doit absolument enquêter. S’il s’avère que des soldats ont fui, alors ils ne méritent pas d’être officiers. Certes, ils suivent un cours d’officiers non combattants mais cela ne change rien. Un soldat, même s’il est destiné à être derrière un ordinateur, est un soldat et ne doit pas fuir d’une scène dangereuse.
Je pense, effectivement, que s’il s’était agi d’officiers combattants, les choses se seraient déroulées autrement. L’armée doit s’interroger sur la façon dont elle éduque ces unités non combattantes. Ils doivent quand même avoir cet esprit de combat. Je veux croire que l’armée fera comme il faut son examen de conscience.
Lph: Cette fois, contrairement à ce qui s’était passé après le tir d’Elor Azaria, le chef d’Etat-major et le ministre de la Défense n’ont fait aucun commentaire sur l’attitude de ces soldats. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose?
Y.C.: J’attends de ces personnalités qu’elles réagissent dans ce cas aussi et pas uniquement quand il s’agit d’évènements comme celui de Hevron. Il ne sera pas acceptable de ne pas les entendre, au moins, une fois l’enquête terminée.
Lph: Pour vous l’esprit de Tsahal tant admiré est-il en danger?
Y.C.: Tant que nous savons garder notre cap, il n’y aucune raison de s’en faire. Nous devons, la société et les hommes politiques, prendre du recul par rapport à toutes les petites phrases, les petits films dont on nous abreuve sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas ainsi que l’on dirige un pays, une armée.
Notre peuple est uni, mettons cela en avant, les gens s’aiment, s’entraident. Nous vivons, je pense, à l’époque où le peuple est le plus attaché à sa terre et à son armée, si tant est que nous ne nous laissions pas influencer par ceux qui tentent de faire passer des événements marginaux pour des événements courants.
Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

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