lundi 5 décembre 2016

Un sefer Torah vieux de 180 ans! De Tlemcen à Jérusalem....


Mercredi 30 novembre, Rosh Hodesh kislev, une soirée extraordinaire s’est tenue à Jérusalem, au Centre mondial du Judaïsme nord-africain: l’intronisation d’un sefer Torah, vieux de 180 ans, qui a voyagé de Tlemcen jusqu’à Jérusalem en passant par Paris.
En novembre 1962, André Charbit, le fils du Grand Rabbin Yaakov Charbit, z »l, quitte l’Algérie et plus précisément Tlemcen.  »A l’époque où nous avons été contraints de partir pour la France, il ne restait plus qu’une seule synagogue en service à Tlemcen, celle du Rav Ephraïm Enkaoua, z »l. J’ai demandé au Rabbin du lieu, le Rabbin Touati, d’emporter avec moi un Sefer Torah ».
Ainsi, ces rouleaux sacrés arrivent à Paris et la Torah y est lue régulièrement pendant de nombreuses années, dans la synagogue où M. Charbit est président. Et ce sefer Torah est un miraculé:  »Un incendie a ravagé la synagogue une année. Seuls les Sifré Torah et la Teba sont restés intacts », s’étonne encore André Charbit.
Ce fils de Grand Rabbin s’est décidé, il y a plus de 30 ans, à jouer un rôle communautaire important pour perpétuer la mémoire de son père et la tradition algérienne. Ainsi lorsque le Centre mondial du Judaïsme nord-africain lui a demandé s’il voulait donner un nom à sa synagogue, M. Charbit a tout de suite pensé au Rav Ephraïm Enkaoua.
Et c’est naturellement que le fameux Sefer Torah devait arriver un jour dans ce lieu, dans la capitale de l’Etat Juif.  »J’ai décidé de faire venir le Sefer Torah, le Rabbin Isaac Chouraqui l’a donné à des experts. Ils l’ont daté de 180 ans ».

Aujourd’hui, malgré sa belle apparence, on ne peut plus lire dans le Sefer Torah; l’écriture y est tellement typique du judaïsme d’Algérie que cela s’avère difficile de le réparer. Mais une bonne place lui est gardée dans le hehal de la synagogue Ephraïm Enkaoua à Jérusalem.
Pour André Charbit, ce soir de Rosh Hodesh, c’est sa mission qu’il a réussi à accomplir. Et la foule, nombreuse, le surprend et l’émeut, lui qui attache une importance suprême à la transmission du patrimoine algérien et de Tlemcen en particulier.
Photos: Irène Tubiana

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