samedi 24 décembre 2016

☆ Résolution ONU: les organisations juives US "indignées" par l'abstention d'Obama....


Les principales organisations juives américaines ont déclaré que le président américain Barack Obama avait miné l'héritage de son action concernant Israël et ont vigoureusement critiqué la décision de l'administration de ne pas s'opposer à la résolution votée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU qui appelle à l'arrêt des implantations israéliennes en Cisjordanie.
La Ligue Anti-Diffamation (ADL), qui avait débattu ces dernières semaines avec le président élu Donald Trump sur le choix de l'ambassadeur en Israël, David Friedman, a pleinement condamné la résolution et la décision du gouvernement Obama de s'abstenir.
Le directeur de l'ADL, Jonathan A. Greenblatt, a déclaré que l'organisation était "indignée par l'échec des États-Unis à opposer un veto à cette résolution biaisée et non constructive sur Israël du Conseil de sécurité".
Greenblatt déplore que la résolution "ne fera que renforcer l'intransigeance palestinienne dans les négociations directes avec Israël pour des initiatives unilatérales".
"L'administration Obama a affirmé à maintes reprises qu'une solution au conflit ne peut pas être imposée aux parties mais doit venir directement des parties elles-mêmes", a conclu Greenblatt. "Il est profondément troublant que cette résolution biaisée semble être le dernier mot de l'Administration sur cette question".
De nombreuses autres organisations juives vont dans le même sens. Pour elles, l'héritage d'Obama a été altéré par cette décision prise au cours du dernier mois des huit années de son mandat.
"Il est tragique que l'Administration ait choisi de gâcher son héritage de soutien à l'Etat juif et de porter atteinte aux perspectives de paix israélo-palestinienne", ont fait savoir, dans un communiqué, les Fédérations juives d'Amérique du Nord, pourtant peu habitées à critiquer Obama
Les fédérations se disent "profondément déçues que les États-Unis se soient abstenus lors du vote sur la résolution unilatérale et anti-israélienne aujourd'hui par le Conseil de sécurité", fustigeant "la décision de l'Administration de saper un principe fondamental de la politique étrangère américaine qui a été adoptée par les Administrations démocratiques et républicaines pendant des décennies, à savoir que le seul moyen de parvenir à une solution au conflit israélo-palestinien sont des négociations directes entre les parties".

"Une trahison des relations Israël-USA"

Les dirigeants de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines ont également condamné l'abstention de l'administration Obama. "Il n'y a aucune justification ou explication qui valide l'échec des États-Unis à opposer un veto à la résolution unilatérale et offensive adoptée aujourd'hui par le Conseil de sécurité", a écrit le président de la Conférence Stephen Greenberg et son directeur Malcolm Hoenlein.
"Le vote des États-Unis sera perçu comme une trahison des fondamentaux de la relation spéciale qui continuera néanmoins à caractériser les liens étroits entre les peuples des deux pays", poursuit le communiqué.
Le directeur du Comité juif américain David Harris a également souligné que "la décision de l'administration de ne pas bloquer une mesure anti-israélienne au Conseil de sécurité de l'ONU pour la première fois depuis huit ans est profondément inquiétante".
Harris a déploré qu'"encourager la stratégie palestinienne qui consiste à tout faire pour éviter Israël, tout en multipliant les déclarations hostiles contre l'Etat hébreu à l'ONU et au sein d'autres organisations internationales, est contre-productive pour parvenir à une paix durable qui profitera aux Israéliens et aux Palestiniens".
Sans surprise, les organisations de gauche ont, de leur côté, appuyé fermement la position de l'administration.
"Les Américains pour la Paix" ont estimé que la résolution est "pro-israélienne au sens le plus profond du terme, car elle soutient l'existence et la sécurité d'Israël et se dresse contre ceux qui sacrifient sur l'autel des colonies au profit d'un agenda idéologique et expansionniste". Le groupe "se félicite de la décision de l'administration Obama de rester fidèles aux anciens présidents des États-Unis depuis 1967 qui ont maintenu l'opposition du pays aux colonies et qui réaffirme le positionnement et le langage des États-Unis au Conseil de sécurité sur cette question".
L'organisation J Street a également accueilli avec bienveillance la décision américaine.
La résolution, selon l'organisation, "est conforme à la politique américaine bipartite de longue date, qui inclut un fort soutien à la solution des deux États et une opposition claire aux actes irresponsables et dommageables, comme l'incitation à la violence, le terrorisme palestinien, l'expansion des colonies israéliennes et les démolitions de maisons palestiniennes".
J Street a répondu aux déclarations du président élu Donald Trump après le vote, qui a laissé entendre qu'il changerait la position des USA sur ses engagements à l'ONU.
"Nous exhortons tous les acteurs, y compris la prochaine administration américaine à reconnaître que cette résolution est désormais la référence établie par la communauté internationale et doit être respectée en tant que telle", a averti J Street. "Des mesures pour l'abroger ou l'ignorer non seulement nuiraient à l'avenir d'Israël et aux perspectives d'une solution à deux États, mais porteraient atteinte aux intérêts des Américains dans le monde".

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