mercredi 7 décembre 2016

« La Fiancée orientale » adaptée du roman « Sépharade » d’Eliette Abécassis au Théâtre du Gymnase........


« Je te présente Madame Delouya, et ça c’est ma fille Rachel, c’est suédois comme prénom, ah ah ah… » Il y avait du monde à la première de la pièce « La Fiancée orientale » au Théâtre du Gymnase, ce dimanche 4 décembre au soir, et les spectateurs venus en famille, entre amis, conversaient en attendant l’ouverture des portes dans une ambiance aussi chaleureuse qu’une fin de Kippour.
Adaptée du roman « Sépharade » d’Eliette Abécassis, mise en scène par Ninon Brétécher, et interprétée par Elisa Tovati, Olivier Sitruk et Abbès Zahmani, la pièce raconte l’histoire d’amour entre un homme et une femme que tout rapproche et qui pourtant va tourner au vinaigre casher. Esther et Charles, c’est Roméo et Juliette à la sauce marocaine.
Les relations filiales, parents-enfants, le poids des traditions, les superstitions ancestrales, les contradictions, les tiraillements, les peurs, les doutes, l’histoire des Juifs sépharades, tout s’enchevêtre dans la pièce comme dans un zlabia au miel.
On découvre une Elisa Tovati tantôt sensuelle, tantôt joueuse et tantôt grave, chantant parfois telle la cantatrice chaude, face à un Olivier Sitruk séducteur, pragmatique et franc. En plus d’être servie par un texte ciselé, la pièce est ponctuée de chants, chansons, musiques, danses et de jeux de lumières qui en font un spectacle enveloppant.
La salle rit parce qu’elle se reconnaît quand sont évoqués des mets orientaux, des rivalités intra-communautaires ou des expressions et comportements familiaux  « tchypiques ». C’est dire comme la pièce sonne juste et appuie là où ça fait du mal et du bien à la fois. Des youyous ont même résonné à la fin du spectacle.
Moi, je n’ai pas fait de youyous, j’étais trop occupée à ne pas laisser transparaître mes émotions. Ayant des origines constantinoises et non marocaines, j’avais réussi à rester détachée tout au long de la pièce. Mais quand à la tirade finale, la comédienne a dit qu’elle se sentait toujours déracinée, jamais à sa place, jamais pleine de certitudes comme les autres, toujours timide, tout ça parce que le sang de ses ancêtres criait en elle, là, là, il y a un paquet d’eau qui m’est monté aux yeux. Et sans un minimum de maîtrise, ç’aurait été Aquaboulevard au Théâtre du Gymnase. J’ai su me retenir. Ingrid sauvée des eaux.
La Fiancée orientale, Théâtre du Gymnase, 38 boulevard Bonne Nouvelle 75009 Paris, jusqu’au 30 janvier
Dimanche à 18h, lundi et mercredi à 20h, durée : 1h30

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