jeudi 8 décembre 2016

La contrefaçon se dévoile à Paris....


Elle prêtera autant à rire qu'à pleurer : l'exposition de l'Unifab ( Union des fabricants) au musée de la Contrefaçon de Paris dresse un bilan de la contrefaçon horlogère destiné au grand public. Et même sans être amateur de belle horlogerie, commentne pas sourire à la vue de contrefaçons particulièrement ridicules, comme desChanel en plastique ou une improbable copie de Breitling à quartz enfermée dans une boîte de BR01 de Bell & Ross.

Vision sociétale

Mais cette exposition vise surtout à, habilement, faire comprendre que la contrefaçon détruit. Elle détruit des ventes, donc des emplois, mais aussi des savoir-faire . C'est d'ailleurs l'un des axes forts de cette rétrospective : la pédagogie active, presque compassionnelle. Et une différence de fond avec la Suisse voisine, qui axeplutôt son discours sur les messages légaux et les images-chocs.
La France expose, à l'inverse, une vision plus sociétale : « Il faut avant toutexpliquer que la contrefaçon détruit des métiers , des pans entiers d'un véritableartisanat du luxe à la française . Que ces métiers disparaissent, pour certains à jamais. Ensuite , que la contrefaçon met en danger l'intégrité physique de ceux qui l'achètent. Les matériaux sont de piètre qualité , les traitements chimiques ne répondent à aucune norme, les risques d' allergie sont réels. 
Il faut informer sansfaire peur , car, au final, le client doit réorienter son achat vers des piècesauthentiques  », souligne l'organisation. « Il ne faut pas être anxiogène. »
Plusieurs maisons à résonance française ont d'ailleurs choisi de sponsoriser l'exposition, dont Hermès , ainsi que TAG Heuer et Hublot groupe LVMH), enparallèle d'Utinam ( horloges comtoises ) et Bodet. Et l'Unifab de rappeler judicieusement que le musée a été créé en 1951 à l' initiative d'un certain Gaston -Louis... Vuitton.


Le nouveau péril : l' assemblage distant

Du côté des consommateurs, les moyens de repérer une contrefaçon ne changent pas. Déjà, le prix : s'il est trop bas par rapport à celui généralement constaté sur le marché , il faut se poser des questions. Ensuite, le mouvement : toute montre qui marque les secondes pas à pas (le fameux tic-tac) au détriment d'une aiguille qui balaie les secondes de manière continue trahit un mouvement à quartz, et nonmécanique 
Ensuite, la technique : un tourbillon qui n'est qu'un balancier , un fond plein (pour cacher le mouvement quartz ) au lieu d'un fond saphir , sans même parler de finitions aléatoires, voire inexistantes. Enfin, restent... les modèles qui n'existent tout simplement pas dans les collections copiées !
Du côté de la fabrication, la contrefaçon se complique. L' import-export de faux assemblés ( livraison de la montre finie) n'a plus le vent en poupe : les risques desaisie sont devenus trop importants. 
La tendance serait donc à l'envoi des composants : d'abord, les aiguilles , puis le bracelet , le mouvement (à quartz le plus souvent), le verre (plastique), la boîte, etc
La prise de risque est donc au pire découpée, au mieux inexistante (il n'y a rien d' illégal à envoyer 10 000 aiguilles non marquées à un atelier d'assemblage). L' ensemble sera ensuite assemblé dans des filières encore mal identifiées, notamment dans les pays de l'Est. L' arsenal juridique va devoir rapidement s'étoffer.

Musée de la Contrefaçon, 16, rue de la Faisanderie, 75016 Paris

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