lundi 7 novembre 2016


Sapin puis Le Drian voient en Valls un candidat "naturel" si Hollande ne se représente pas. Le président a-t-il renoncé à briguer sa propre succession ?


On n'attend plus que Stéphane Le Foll pour que le dernier triangle de fidèles soit au complet. En l'espace de trois jours, Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian ont déclaré tout le bien qu'ils pensent de Manuel Valls comme possible candidat en 2017. Quand on sait à quel point les relations entre les locataires de l'Élysée et ceux de Matignon sont exécrables, ce concert à deux voix a tout pour intriguer. 

Interrogé sur la présidentielle sur France Info jeudi 3 novembre, Michel Sapin estime que le meilleur représentant « de la gauche de responsabilité, par définition, c'est le président de la République ». Jusque-là, rien d'anormal. Puis le ministre de l'Économie et des Finances précise que cette « gauche de responsabilité est incarnée d'abord par le président de la République et ensuite par le Premier ministre. 

Ce sont les deux, dans cet ordre, qui l'incarnent sous la Ve République. » Donc, si François Hollande n'est pas candidat, « le Premier ministre sera évidemment un candidat parfaitement naturel ». Et voilà, c'est dit !
Trois jours passent. Dimanche 6 novembre, Jean-Yves Le Drian, autre ami de longue date, entonne le même refrain lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Les Échos/i>Télé : « Si d'aventure le président de la République estimait ne pas devoir se présenter, alors à mon avis Manuel Valls serait naturellement, (...) évidemment à ce moment-là, je pense, le mieux placé pour assurer cette fonction. » 
Les « à ce moment-là » et autres « je pense » ne sont là que pour adoucir le message de fond : Valls candidat ! Le ministre de la Défense, en effet, ne semble pas spécialement emballé par l'idée que le chef de l'État se présente à nouveau : « Je respecte complètement le délai que souhaite avoir le président de la République et je respecterai son choix. (...) S'il estime qu'il doit être candidat, je le soutiendrai. »

Missiles anti-Ségolène

Cette façon inattendue de mettre le Premier ministre sur le devant de la scène électorale est peut-être aussi destinée à calmer les appétits de la ministre de l'Écologie. Ségolène Royal s'amusait publiquement, il y a deux semaines, que son nom soit cité avec insistance pour une candidature de gauche à la présidentielle de 2017: « Le moment n'est pas venu, assurait-elle sur le plateau de France 3. 
Pour l'instant, c'est François Hollande qui est candidat. Je l'ai dit aux entourages qui poussaient : il faut arrêter de lancer la campagne avant l'heure. » Puis elle ne résistait pas au plaisir de ranger Manuel Valls au magasin des accessoires trop clivants. « Peut-être qu'autour de lui certains ont envie qu'il accélère mais (...) ce serait une fort mauvaise stratégie », estimait-elle.
Cette résurrection précoce n'a peut-être pas été du goût de tout le monde… Dans ce contexte, les derniers fidèles de Hollande cherchent-ils à se placer auprès de Manuel Valls au cas où…? 
Où tentent-ils une dernière fois de déblayer le terrain pour le compte d'un président affaibli et abandonné des siens. Dans tous les cas, ces débats passionnés pour choisir avec quel futur perdant aller au combat a quelque chose, au choix, de pathétique ou de presque touchant !

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