mardi 29 novembre 2016

Pourquoi Daesh s’agite à la frontière d’Israël? ©


Pourquoi Daesh s’agite à la frontière d’Israël?
Une démultiplication potentielle de « barouds d’honneur »? 
Nouvelle alerte, mardi 29 novembre, vers midi, à la frontière, mais qui s’est avérée être fausse. Toutes les possibilités sont étudiées, actuellement, pour essayer de comprendre pourquoi la fameuse brigade locale de Daesh, dans le sud de la Syrie, la Shuhada al-Yarmouk, qui a récemment changé de nom pour prendre celui de Brigade Khalid ibn al-Walid, a attaqué à la mitrailleuse lourde une patrouille des Golani en embuscade. Ce groupe de Daesh contrôle pas loin de 46 kms de frontières au sud de Quneitra et jusqu’à la zone des 3 frontières israélo-jordano-syrienne.
Il peut y avoir, en effet, des motivations d’ordre purement tactique : un départ de feu local, initié par un chef de bande isolé ; ou du domaine stratégique : menacé sur tous les fronts de l’Est, à Mossoul, Raqqah et Alep,  après même la perte symbolique de Dabiq, –où les « Musulmans » et les armées d’Occident sont censés se livrer l’affrontement majeur, selon la sourate 3 et certaines Hadiths, avant le combat final contre le Dajjal ou « trompeur », Antéchrist, ou faux-Messie Juif-, les cercles dirigeants de l’organisation architerroriste Etat Islamique, lancent le signal de déclenchement de la « Der des Der« , la « Bataille de la Fin des Temps ».
La vraie question, c’est : si ce mythe fondateur de la Fin des temps leur tient tellement à cœur, pourquoi, alors qu’ils subissent des pertes conséquentes sur plusieurs tableaux, les cerveaux de Daesh semblent, à ce point, demeurer (selon toutes les apparences) paralysés, au-delà des menaces proférées, dès qu’ils sont confrontés au dilemme d’Israël? Est-ce aussi parce que leur foi dans le djihad s’appuie autant sur la superstition (la peur de faire sortir le « diable juif » de sa boîte?), que sur des capacités opérationnelles qui ne se sont pas démenties, pourtant, sur bien des théâtres d’opération, face à toutes sortes de cibles et d’ennemis désignés? Si le Juif est l’ennemi eschatologique juré, pourquoi tant d’atermoiement? C’est, sans doute, qu’on ne mène pas les guerres selon un plan échafaudé plusieurs siècles auparavant, mais en fonction des données de terrain.
Au contraire, les pertes s’accumulant ailleurs, on devra redoubler de vigilance autour de toute cible juive ou israélienne potentielle, puisqu’elles semblent toutes désignées pour des opérations-suicidaires de type baroud d’honneur.
Nitzan Nuriel, général israélien à la retraite -très active, comme quand il s’est occupé de la sécurité du Festival de Cannes 2016, en France- déclare être resté perplexe par le sens de cette attaque, puisque Daesh devait bien s’attendre à ce que serait la réponse exacte d’Israël. L’ouverture d’un nouveau front de la part d’Israël est bien la dernière chose dont Daesh ait besoin à ce stade, actuellement ».
Nuriel, ancien directeur du Bureau de l’anti-terrorisme israélien affirme qu’il soupçonne que cette attaque est, plutôt l’idée de « têtes brûlées locales » plutôt qu’un changement complet de politique ordonné par AbuBakr Al Baghdadi.
Notons aussi que ces échanges de feu qui ont fait quatre morts, du côté des djihadistes, après une sortie aérienne de couverture, ont été déclenchés au moment où les pompiers israéliens et leurs confrères venus du monde entier ont commencé à maîtriser les incendies colossaux (« apocalyptiques ») qui ont embrasé tout le territoire d’Israël, entre mardi 22 et dimanche 27 novembre. Les réseaux sociaux arabo-musulmans se sont aussi « enflammés » partout au Moyen-Orient et Occident, illustrant ainsi parfaitement cette image d’Epinal, dans les cerveaux hantés par Daesh, de la « Mère des batailles ».  
Si la cause de ces feux de forêts est à chercher, d’abord et avant tout, dans le temps particulièrement sec et des vents violents, aidés sans doute, par la maladresse de cantonniers, on a rapidement découvert un phénomène pyromane-militant d’apprentis terroristes, soit venus des territoires palestiniens, soit issus de villages et villes arabes d’Israël, dont des étudiants de Haïfa (28 arrestations, au total). Le caractère apparemment « naturel » des incendies peut être interprété par des djihadistes, reclus de l’autre côté de la frontière, comme un « signe du Ciel », leur intimant de se lancer dans la phase inaugurale de la « dernière bataille ».
Sur le plan tactique, on peut évoquer trois scénarios possibles. Le premier est que la Brigade Golani en mission a été repérée par les membres des forces appartenant à Daesh, qui ont tellement convaincu l’un de leurs commandants locaux de l’opportunité de « faire un carton », parmi les troupes d’élite israéliennes, que celui-ci a délégué un camion 4×4 équipé d’une mitrailleuse lourde pour leur tirer dessus, soit pour les dissuader d’avancer plus loin ; soit, tout simplement, pour réussir un massacre en tuant et en blessant plusieurs d’entre eux. Ils auraient ainsi marqué un point psychologique important, d’emblée, dans le cadre d’une confrontation plus vaste.
The Golan Heights near the border with Syria (Photo: Eli Segal)
Les Hauteurs du Golan près de la frontière avec la Syrie (Photo: Eli Segal)

Si tel est bien le cas, cela signifie que l’unité Golani ne s’est pas camouflée suffisamment : le fait que les forces de Daesh aient eu un temps suffisant pour prévoir de préparer un camion équipé d’une mitrailleuse lourde, montre qu’ils savaient contre qui ils tiraient et où il fallait monter l’embuscade. Si c’est le cas, Tsahal doit enquêter et tirer les conclusions qui s’imposent, de telle sorte, qu’envoyant, la fois prochaine une patrouille d’infanterie d’excellence « normale », dans ces unités, comme les Golani en produisent à chaque promotion, elle améliore encore ses capacités d’adaptation au terrain.

IDF soldiers near the Golan border following the shooting incident (Poto: Avihu Shapira)
Soldats de Tsahal près de la frontière du Golan à la suite de l’incident d’échanges de tirs(Photo: Avihu Shapira)

Une autre possibilité, moins probable serait que le groupe appartenant à Daesh, qui occupe le sud des hauteurs du Golan, se sente de plus en plus désespéré, qu’il se trouve même partiellement coupé des quartiers-généraux centraux de Daesh, qui résident dans la ville syrienne de Raqqah (actuellement en voie d’encerclement par l’arrière-pays, par les Forces Démocratiques Syriennes, dirigées par les unités de Protection du Peuple kurde -YPG- avec l’appui de la coalition pro-américaine).
Voire même que Daesh, en globalité, se trouve en situation très pénible, de telle sorte que ses chefs bunkérisés décident de frapper Israël, dans un acte de désespoir. Daesh, dans ce cadre, pourrait planifier des attentats terroristes à grande échelle contre Israël, à partir du Golan et testerait alors ses défenses, en vue d’infiltrations à venir -quitte à sacrifier 4 éléments de chair à canon-. 
Dans ce cas, Israël doit se préparer à faire face à des attaques-surprise, telles qu’elles sont devenues classiques sur d’autres champs de bataille, comme le recours aux camions-piégés, etc., lancés en direction de villages ou communautés druzes et juives du côté israélien.
A cette heure, du moins, le porte-parole de Tsahal,  Général de Brigade Moti Almoz a confirmé que l’armée pense que la confrontation de dimanche avec l’Etat Islamique en Syrie, ne ferait pas partie d’une poussée plus vaste, décidée par l’échelon supérieur du groupe terroriste sunnite. « Nous ne percevons aucun changement significatif pour Daesh ni aucun autre groupe terroriste important Syrie », a t-il déclaré au site saoudien Elaph, basé à Londres.
Et il reste au moins une troisième possibilité, où des forces rebelles rivales, plus « modérées » que Daesh et combattant actuellement Daesh en Syrie ait tenté de provoquer Tsahal de façon à ce que l’armée israélienne mène ses représailles et fasse ainsi le boulot des rebelles syriens à leur place.
Le plus probable est sans doute qu’il s’agissait d’une attaque locale prenant pour cible l’unité Golani, ce qui a provoqué la réplique des Forces aériennes israéliennes, en éliminant proprement quatre des terroristes de Daesh. Quoi qu’il en soit, la vigilance d’Israël et des communautés juives à travers le monde doit être accrue, et toutes les mesures de vérification des camouflages doivent être renforcées de manière à ne jamais laisser l’opportunité à aucun chef local de ces groupes islamistes la possibilité d’imaginer frapper et d’exhiber leur esprit agressif/combatif.
Israël et les Juifs mènent un combat alors très concret contre cette entité et d’ordre métaphysique, depuis les débuts du Coran médinois et ses repreneurs hanbalites, puis salafistes, depuis le XIIè siècle, dont ceux que nous connaissons actuellement, se veulent la réincarnation.
L’approche talmudique, s’adaptant continuellement à des conditions inédites, est, en effet, l’exacte antithèse de la « jouissance djihadiste », selon Amélie Boukhobza, qui écrit :
« La Fin des Temps ouvrant à la conquête définitive du monde par l’extension du Dar al-islam, passe par la venue d’un Messie politique qui vaincra l’Antéchrist incarné par un Juif, dont tous les disciples sont aussi des Juifs. Le jihadisme est inséparable d’un montage mental et psychique qui suscite un noyau archaïque de Violence et de Mort. Les paradis offerts par la Mort en Guerrier dans le nom de Dieu sont ceux de la Jouissance absolue. 
Le judaïsme talmudique, celui auquel s’oppose le Coran médinois, semble être l’antithèse absolue du montage des jouissances jihadistes […]La Haine-du-Juif inhérente à la lecture radicale du Coran et des Hadiths se trouve potentialisée par les discours complotistes-antisémites, véhiculée par les réseaux sociaux et certaines prêches[1] ». 
[1] Thèse d’Amélie Boukhobza : Jouissance Djihadiste, Genèse d’une haine Intellectuelle, Thèse de doctorat en Psychologie clinique et pathologique, sous la Direction de Mohamed Ham. Soutenue le 08 décembre 2015 à Nice, dans le cadre de École doctorale Lettres, sciences humaines et sociales (Nice) , en partenariat avec Laboratoire LIRCES-EA 3159 (Nice)(laboratoire) et de Laboratoire Interdisciplinaire Récits- Cultures et Sociétés / LIRCES (laboratoire)
Sources :  réflexion tactique et stratégique de Ron Ben-Yishaï et une méditation de plus long terme d’Amélie Boukhobza..

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