mercredi 30 novembre 2016

La Normandie teste les "urgences" sans urgentistes....


Les déserts médicaux progressent, mais ils ne se limitent plus aux généralistes. Faute d'urgentistes, le service des urgences de l'hôpital de Cherbourg -en-Cotentin fonctionne avec une quinzaine de médecins alors qu'il en faudrait vingt-quatre. Le recours aux intérimaires – 650 euros par jour – est régulier. 

Pire, à Valognes, gros bourg de 7 000 habitants à 20 km au sud de Cherbourg, l'hôpital (158 lits ) a vu ses urgences fermer à l' été 2015. « Ce service accueillait 14 000 patients par an », regrette l' association pour la défense de l'hôpital public du Cotentin.

 « Mais seulement 80 % des patients constituaient de véritables urgences. Et, entre 20heures et 8 heures, on
enregistrait parfois seulement sept entrées », nuance la direction.
Plusieurs mois après la fermeture des urgences de Valognes, qui s'est traduite par un pic de fréquentation à Cherbourg, l' agence régionale de santé (ARS) de Normandie a lancé un nouveau concept médical . Visant à désengorger les véritables services d'urgence, le premier centre de soins non programmés a ouvertses portes à Valognes. 
Avec un généraliste, un infirmier et une secrétaire , ce centre est ouvert de 8 heures à 18 h 30 du lundi au vendredi en vue de consultations rapides pour une plaie externe ou un traumatisme. Seule condition : appeler le 15 au préalable. 
« L'État français n'est plus en capacité de faire soigner nos concitoyens dans de bonnes conditions en raison des politiques menées depuis des années. Il faut se contenter de ce que l'on peut avoir », estime Jacques Coquelin, maire DVD de Valognes.
Simultanément, un autre centre similaire , dit de premiers soins , a été mis en placepar l'ARS à l'hôpital d'Aunay-sur-Odon, une commune de 3 000 habitants dans leCalvados . Le service d'urgence, qui accueillait 7 000 patients par an, avait également fermé ses portes.

Premier bilan

Au terme de quatre mois d'expérimentation, l'ARS dresse un premier bilan : 1 600 patients reçus à Valognes, soit 20 à 30 par jour ; 1 300 patients à Aunay-sur-Odon. Entre accueil et sortie , la durée de prise en charge varie entre une heure et une heure et demie . Et seulement 1 % des entrants a été redirigé vers les véritables urgences. « L'expérimentation sur les deux sites est confirmée et une réflexion est envisagée pour l'élargir à l'ensemble du territoire normand », indique l'ARS.
Les hôpitaux situés à moins de 30 minutes d'un service d'urgence et confrontés à des problèmes de recrutement de praticiens ou de fréquentation (10 000 passages par an aux urgences) sont potentiellement concernés. Mais pas question, selon l'ARS, de contraindre qui que ce soit.

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