mercredi 2 novembre 2016

Avi Bari, le premier clandestin devenu officier de l’armée israélienne.....


Arrivé illégalement de Guinée en Israël en 2005, Avi Bari a surmonté tous les obstacles qui se dressaient sur son parcours jusqu’à devenir officier de Tsahal, il a racontee son périple au site senegalais galsen221.com, un voyage qui le mènera au Maroc, dans le désert du Sinaï égyptien, à Tel Aviv et enfin sous les drapeaux de Tsahal, après un bref passage par la case prison.....

le site sénégalaise a rencontré  le Sous-lieutenant Avi Bari, un jeune homme de 21 ans, posé et serein, qui a raconté en français l’histoire hors du commun qui l’a mené à revêtir l’uniforme vert olive de Tsahal.
Né en février 1990 à Labé en Guinée Conakry de parents musulmans, orphelin très jeune et adopté à l’âge de 11 ans par son oncle, rien ne présageait du destin qui lui était réservé. Et pourtant, à l’âge de 15 ans, armé de sa seule volonté de “vivre une vie meilleure”, il décide de parcourir les 5500 kilomètres qui séparent sa Guinée natale d’Israël, son pays d’adoption. C’est le début d’un long périple.
La traversée du désert : à la poursuite de la bonne étoile
C’est en 2005 qu’Avi décide de quitter la Guinée, en groupe. “En Afrique, il n’y a pas de travail. J’ai décidé de changer de vie et d’aller dans un autre pays”, déclare-t-il le plus simplement du monde pour justifier sa décision. Après une courte escale au Maroc, il rejoint la capitale égyptienne du Caire où il passe quelques jours avant de gagner le désert du Sinaï en voiture. Il attend alors avec le reste du groupe le moment opportun pour franchir illégalement la frontière israélienne. 

On ressent de l’amertume lorsqu’il évoque son passage dans le désert ocre et rocheux. “Je me souviens très bien du désert. On était dans une tente, deux garçons de 15 ans montaient la garde. Il était interdit de se lever la journée. On nous faisait parvenir des tomates, du thon, du riz, de l’eau mais qu’il fallait filtrer car elle était remplie de vers de terre. Je n’oublierai jamais cet épisode.”
“L’attente a été très longue”, continue-t-il. “A un moment, j’ai commencé à paniquer, à croire qu’on m’avait vendu.” Mais le jour tant attendu du passage de la frontière finit par arriver. 

“Les passeurs nous ont entassés comme des sardines dans une voiture. Une fois arrivés à la frontière israélienne, nous sommes descendus et nous nous sommes mis à courir. Des taxis israéliens nous attendaient de l’autre côté, qui nous ont conduit directement à Tel Aviv.”
Premières impressions et premiers pas en Israël
Dès son arrivée dans la ville blanche, il noue contact avec d’autres immigrés clandestins qui le renseignent sur ce pays qui lui est inconnu et l’aident à entreprendre les démarches pour acquérir le statut de réfugié politique – statut qui lui sera refusé en raison de l’absence de conflit armé en Guinée.
“Au début, j’étais un peu en état de choc. J’avais 700 dollars en poche, je ne parlais pas la langue et c’était la première fois que je voyais autant de personnes blanches de peau dans un pays”, se souvient-il. Il parvient toutefois à intégrer l’école de Beit Shanti qui se spécialise dans l’éducation des immigrés clandestins mineurs et des enfants israéliens en difficulté.
Pendant 18 mois à l’issue desquels il obtient l’équivalent du baccalauréat israélien, il étudie l’agriculture en français et cherche en parallèle à obtenir un visa de travail. Il essuie un nouveau refus parce qu’il est mineur à l’époque, et que le travail des enfants est illégal en Israël.
Entre temps, il se lie d’amitié avec Abraham, l’un des professeurs bénévoles de l’école, qui deviendra un personnage clé dans son parcours. En effet, c’est Abraham, un francophone d’origine algérienne, qui l’aidera à sortir de la prison dans laquelle il séjourne pendant un mois à l’issue de ses études, en lui trouvant une famille d’accueil à Tel Aviv en mars 2007.
La vie à l’israélienne et l’armée comme catalyseur de l’intégration
C’est encore lui qui l’aidera à faire toutes les démarches pour acquérir la nationalité israélienne. En 2008, il est adopté officiellement par une seconde famille israélienne du nord du pays et remplit enfin toutes les conditions nécessaires à l’obtention de la nationalité israélienne.
Il légalise sa situation à la fin de la même année. “Avec ma famille, on fait les fêtes juives et le kiddouche le vendredi soir. Aujourd’hui, je pense en hébreu, je mange israélien, je suis habitué au rythme de vie et aux fêtes. Je me sens à 90% israélien. Cela a pris du temps”, témoigne-t-il.
Pour comprendre comment le déclic s’est opéré, il faut remonter à ses débuts au sein de Tsahal en octobre 2009. Dès le départ, l’armée perçoit en Avi un jeune homme au potentiel élevé. Il se voit proposer d’occuper un rôle d’officier chargé de gérer les problématiques de ressources humaines, mais il préfère celui de chauffeur de camion. Cependant, après avoir été déclaré inapte à la conduite pour raisons de santé, il décide finalement de saisir l’offre de l’armée.
“C’est à l’armée que j’ai commencé à me sentir israélien. 

J’y ai appris la culture et l’histoire d’Israël. On nous a organisé des excursions, à Massada et dans d’autres endroits, et cela m’a fait aimer le pays. A l’armée, je me suis fait des amis pour la vie”, explique-t-il. “Pendant ma période de classes, j’ai juré que je protégerai ce pays. Je ferais tout pour défendre Israël, ma vie est ici”, nous confie-t-il. La conversion ne fait pas partie de ses projets, il se définit comme athée.
La question de la discrimination et du racisme
Lorsque l’on aborde la question du racisme, Avi assure qu’il n’en a été victime qu’à une seule reprise. « On m’a souvent dit qu’il fallait être Juif pour réussir en Israël, mais personnellement je ne l’ai pas ressenti. La première fois que l’on m’a traité de kouchi (nègre en hébreu), c’était pendant ma formation d’officier. Cela m’a touché parce que je me sens ici comme tout le monde, membre d’une grande famille.
Je me suis plaint à mes commandants qui ont immédiatement réglé le problème. Cela m’a fait chaud au cœur. »

Des préjugés, il en existe dans l’autre sens également. Il admet que jusqu’à son immersion dans la société israélienne, il croyait « qu’être Juif, c’était être un inventeur, comme Einstein. J’ai compris par la suite que le Judaïsme était une religion ».


Aujourd’hui, il endosse et assume le rôle de vecteur entre deux peuples. Il raconte sa nouvelle vie à sa famille restée en Guinée, et à qui il souhaite rendre visite dès la fin de son service militaire. Et l’avenir ? « Je veux faire de la diplomatie, travailler à la relation entre la Guinée et Israël. 


Il n’existe pas de relations diplomatiques entre les deux pays. Je veux être le premier à faire cela ». Le premier, une fois de plus.

2 commentaires:

  1. long parcours quand même pour avoir la nationalité !

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  2. C'est vrai qu'en France, çà va plus vite. Il suffit d'être là......

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